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Journée de la femme

Bird on a Wire prend de la plume pour ses 5 ans

Sous la marque « Bird on a Wire », la créatrice de mode Rayya Morcos, sélectionnée pour la première saison de Génération Orient*, poursuit son petit bonhomme de chemin avec de nouvelles collaborations et encore plus de succès. À l'occasion de la Journée de la femme, c'est elle que nous avons choisie pour incarner la nouvelle garde de la couture féminine libanaise.

Collection Replica automne-hiver 2017 de Rayya Morcos pour If.

Fille d'une artiste-peintre et d'un ingénieur, Rayya Morcos réplique dans sa vie et dans son inspiration une tendance à la rêverie soutenue par la rigueur qui fait aboutir les rêves. On se souvient qu'après une longue formation en architecture d'intérieur, elle avait décidé sur un coup de tête raisonné d'intégrer Esmod pour apprendre la couture de zéro. Rabih Kayrouz qui siège au jury de dernière année est sous le charme de cette artiste organisée, dont le travail respire autant la culture et la créativité que la méthode et la discipline. Il l'engage aussitôt à travailler avec lui et, à peine son diplôme en poche, la voilà plongée dans la réalité du métier, entre ateliers, haute couture, prêt-à-porter, commandes et production. Cinq ans plus tard, alors qu'elle a assumé à la perfection toutes ses responsabilités, le couturier voit dans ses yeux son envie de s'envoler. Elle est encore cet oiseau sur un fil, mais le vent se lève, elle n'a besoin que d'un petit coup de bec pour déployer ses ailes. C'est encore Kayrouz qui le lui donne en l'encourageant à créer une collection de tee-shirts carrés sous sa propre signature. Nous sommes en 2012. Ainsi naît la première réalisation de Bird on a Wire, un label qui va bientôt tracer son propre sillon à travers ciel.

Pluie de récompenses
Rappelons aussi que, face à cette nouvelle liberté, la créatrice ne veut pas se limiter à la création de vêtements. Il lui faut construire un univers, un art de vivre qui corresponde à sa vision de son époque. C'est ainsi que Bird on a Wire se double d'une boîte de design, voire d'art contemporain, multipliant les installations hallucinées où l'on voit des troupeaux de flamants roses géants envahir une galerie d'art ou des mannequins en lévitation jouer entre eux grâce à un mécanisme à pédales. Suivra une collection de bijoux en bois, métal, fibre de verre et acrylique qui fera sensation à Milan et vaudra à la créatrice une mention dans Vogue Italia. Ce sera ensuite Marseille et le prix de la Maison méditerranéenne de la mode, et puis le très convoité prix Woolmark qui vaut à lui seul un Nobel pour les couturiers émergents.

 

(Lire aussi : Rencontres avec elles)

 

L'énergie des collaborations
Mais Rayya Morcos n'est pas un oiseau solitaire. Il faut que l'énergie circule entre elle et les autres, et rien ne la réjouit autant qu'une collaboration réussie. Son logo, désormais enrichi d'un code QR qu'il suffit de scanner pour obtenir la description d'une pièce, et de petites boules dorées indiquant la taille, s'associe à d'autres brillants labels locaux : PsLab, Sarah's Bag, Nada Zeineh et diverses ONG. Elle crée aussi des uniformes et des costumes de scène, se lance dans une première collection masculine et enseigne la mode.

Une nouvelle collection pour If
Enfant de la guerre, Rayya Morcos a malgré tout grandi dans un environnement d'artistes et de créateurs. Elle dessine elle aussi. Des personnages féminins, de profil, affublés de triangles en guise de jupes. Ses premiers dessins sont exposés chez If. Elle n'a que cinq ans. Comme il n'y a pas de hasard, à l'heure où Bird on a Wire célèbre ses cinq ans d'existence, c'est précisément pour If et sa fondatrice Soha Farah que Morcos crée sa nouvelle collection : une collaboration sur une nouvelle marque baptisée Replica, lancée par If en février dernier lors de la Semaine de la mode new-yorkaise et qui a aussitôt rencontré un succès réjouissant. Prévue en boutique l'hiver prochain, cette collection s'inspire de la vie urbaine, d'une promenade dans une ville dont les images, les couleurs et les formes déteignent sur le vêtement. Les silhouettes sont presque en patchwork et semblent faites de tissus de récupération. Les couleurs, en aplats, sont concentrées : rouge vif, vert sapin, bleu nuit, craie, noir et blanc. La silhouette est sculptée en volumes généreux qui rétrécissent ou vice versa, avec des fronces et des ourlets non finis. L'ensemble suggère une élégante nonchalance, une flânerie fascinée. La collection imprime déjà une forte identité à Replica, travaillée au corps et développée sous les conseils judicieux du couturier Ronald Abdala.

 

(Pour mémoire : Génération Orient : #2 Rayya Morcos, créatrice de mode, 35 ans)

 

Les costumes de scène de Ali Chahrour
Pour son cinquième anniversaire, Bird on a Wire se fait plaisir avec une autre collaboration, artistique comme les aime la créatrice, avec le récipiendaire du deuxième prix de Génération Orient saison 1. Il s'agit du danseur et chorégraphe Ali Chahrour. En préparation de la prochaine représentation en trois volets de ce dernier, Rayya Morcos a créé les costumes de scène de sa réflexion sur la mort, notamment les tableaux May He Rise et Smell the Fragrance. « C'est toujours un plaisir et une inspiration de travailler avec Ali, dit-elle, nous nous entendons très bien, c'est un vrai professionnel. »
Qu'est-ce que Bird on a Wire aujourd'hui ? « Une boîte de design beyrouthine », réplique celle qui souligne ainsi la diversité de ses activités autant que son enracinement dans sa ville natale. Pour sa cinquième année d'existence, la « boîte de design » nous réserve d'autres surprises, notamment un projet qui va donner une cohérence définitive à cette créativité tous azimuts.

*Génération Orient est un incubateur de jeunes talents de 35 ans maximum – une initiative de « L'Orient-Le Jour », en partenariat avec la SGBL.


Fille d'une artiste-peintre et d'un ingénieur, Rayya Morcos réplique dans sa vie et dans son inspiration une tendance à la rêverie soutenue par la rigueur qui fait aboutir les rêves. On se souvient qu'après une longue formation en architecture d'intérieur, elle avait décidé sur un coup de tête raisonné d'intégrer Esmod pour apprendre la couture de zéro. Rabih Kayrouz qui siège...

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