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À La Une - Conflit

Des dizaines de milliers de civils syriens fuient les combats dans la province d'Alep

"Cela va être difficile (pour les autorités de Manbij) d'accueillir cette nouvelle vague de déplacés en raison de leurs difficultés à subvenir aux besoins de la population".

Des militaires russes distribuant de l'aide médicale à des déplacés syriens, le 1er mars 2017, aux abords de la ville d'Alep. Photo AFP / George OURFALIAN

Des dizaines de milliers de civils, avec leur maigres bagages, fuyaient les violents combats accompagnant l'avancée de l'armée syrienne soutenue par l'allié russe face aux jihadistes du groupe Etat islamique (EI) dans la province d'Alep.

Dans cette région meurtrie par des guerres à répétition, où les différents groupes armés sont présents avec leurs parrains étrangers, l'armée turque et ses alliés rebelles syriens cherchent de leur côté à avancer face à l'alliance kurdo-arabe des Forces démocratiques syriennes (FDS).

Alors que le conflit, qui entre le 15 mars dans sa septième année, est de plus en plus complexe, régime et opposition syriens ont convenu à Genève d'un agenda incluant la gouvernance et la lutte antiterroriste pour les prochains pourparlers que l'Onu espère organiser en mars.

Depuis une semaine, "plus de 30.000 civils, en majorité des femmes et des enfants, ont fui l'avancée de l'armée" dans l'est de la province septentrionale d'Alep, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

En voiture, en motos, dans des fourgonnettes ou des pick-up, avec à la main les quelques affaires qu'ils ont pu prendre, de nombreux civils, en majorité des femmes et des enfants, se dirigeaient samedi vers la région de Manbij aux mains des FDS, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Le visage fatigué, se tenant dans des longues files, ils attendent d'être autorisés par le Conseil militaire de Manbij (CMM) d'entrer dans la ville pour trouver refuge. Les combattants des FDS vérifient qu'aucun jihadiste ne s'infiltre parmi eux.
"Le nombre de déplacés a atteint plus de 40.000 et ne cesse de croître à cause des combats entre le régime et Daech", un acronyme en arabe de l'EI, a affirmé à l'AFP Ibrahim al-Qouftane, co-président de l'administration civile de Manbij, dans l'est de la province d'Alep. "La situation de ces gens est très difficile", a-t-il ajouté.

 

(Lire aussi : Les pourparlers de Genève s'achèvent sans « miracle », mais avec un « agenda clair » en 4 points)

 

Combats très violents
Les jihadistes de l'EI occupent une grande partie du sud-est de la province d'Alep.
En janvier, les troupes du régime de Bachar el-Assad soutenues par les aviations syrienne et russe ont lancé une offensive pour chasser totalement ces jihadistes de la province.
Elles ont depuis repris 90 localités et villages et ont fait la jonction avec les FDS, au sud de Manbij, située elle aussi dans l'est de la province d'Alep.

L'offensive se poursuivait samedi et les combats sont d'une très grande violence, selon l'OSDH.
L'objectif de l'armée est d'atteindre la localité d'al-Khafsa, à une vingtaine de km plus au nord, où se trouve une station de pompage d'eau alimentant la capitale provinciale d'Alep et qui est mise hors service par l'EI depuis un mois et demi.

Selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, la situation risque de se détériorer à Manbij. "La ville accueille déjà des dizaines de milliers de déplacés, qui ont fui les affrontements précédents dans la région, et qui vivent dans des conditions précaires".
"Cela va être difficile (pour les autorités locales) d'accueillir cette nouvelle vague de déplacés en raison de leurs difficultés à subvenir aux besoins de la population", a-t-il ajouté.

 

(Lire aussi : Syrie : les enjeux de la bataille de Manbij)


Déminage à Palmyre
A l'ouest de Manbij, d'autres protagonistes se font la guerre depuis mercredi: des rebelles syriens aidés de soldats turques livrent des combats aux FDS sans qu'aucun des belligérants ne fassent de réels progrès, selon l'OSDH.

Les soldats turcs et leurs alliés voudraient s'emparer de Manbij, un point central pour affaiblir les forces kurdes, avant de faire mouvement vers Raqqa, principal fief de l'EI en Syrie, afin de participer à la bataille et s'assurer ainsi une large zone sous son autorité dans le nord syrien.

La Turquie cherche par son implication dans le conflit à assurer la sécurité à sa frontière avec la Syrie.
Sur un autre front, dans la ville antique de Palmyre (centre), reprise jeudi par l'armée après avoir chassé une nouvelle fois l'EI, les opération de déminage avaient lieu par des sapeurs syriens, entraînés par des spécialistes russes. Des bruits d'explosions étaient entendus par intermittence.

Les combats depuis mi-janvier pour la reprise de cette ville ont fait 115 morts dans le camp des loyalistes et 283 dans le camp des jihadistes, selon l'Observatoire.

 

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