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Liban - La Situation

On avance à pas de tortue : le principe du système électoral mixte acquis

Le chef des FL a poursuivi hier sa campagne en faveur de la privatisation de la production de l’électricité.

La montagne accouchera-t-elle d'une souris ? Non, si l'on en croit les déclarations volontaristes des chefs de file au sujet de l'adoption d'une nouvelle loi électorale. Oui, si l'on se réfère à l'avis de nombreuses sources partisanes et aux spécialistes du dossier qui restent sceptiques quand à une éclaircie à ce niveau.

Les positions affichées ces derniers jours par le Premier ministre, Saad Hariri, qui a été jusqu'à lier le succès ou l'échec de l'actuel gouvernement à sa capacité à adopter une nouvelle loi, ou encore les propos du président du Parlement, Nabih Berry, insinuant le non-retour à la loi de 1960, restent de l'ordre du « wishful thinking », ni plus ni moins. Pour l'heure, seul un accord de principe sur le mode de scrutin à adopter – la formule mixte (la proportionnelle cumulée au système majoritaire) – serait acquis.

On le sait déjà : en matière de loi électorale, le diable se cache dans les détails, ceux de la taille des circonscriptions, de leur nombre, des sièges à pourvoir dans chacune d'elles et de la dose de proportionnelle ou de majoritaire à injecter. Autant d'inconnues qui laissent les experts dubitatifs, sachant que pour l'heure, aucune information crédible n'a circulé sur la teneur de cette mixité, encore moins sur les liftings et les ajustements – encore et toujours – qu'on envisagerait d'apporter à l'un ou l'autre des textes en cours d'examen.

Cela pour dire que les déclarations d'intention que l'on a pris l'habitude de multiplier dans les hautes sphères politiques pour préserver l'illusion de la République ne se traduisent toujours pas en actes. Il n'était donc pas surprenant d'entendre hier dans les milieux haririens des doutes exprimés à ce sujet, que ce soit par la bouche du député Ammar Houry ou par celle de l'ancien député Moustapha Allouche, membre du directoire du courant du Futur, qui affirmait qu'une seule partie récalcitrante pourrait torpiller l'ensemble de l'entente. Un seul grand principe semble émerger à ce jour, assure M. Houry à L'Orient-Le Jour, celui du refus de la loi de 1960 ainsi qu'une prédilection pour la mixité du scrutin. Une avancée qui pourrait encore être mille fois remise en question, estiment les experts de la société civile.

De source politique un peu plus optimiste (citée par l'agence al-Markaziya), on évoque la possibilité de l'examen en Conseil des ministres la semaine prochaine des textes de loi les plus prisés, une fois la loi du budget adoptée. Aujourd'hui, le gouvernement poursuivra l'examen des clauses du texte soumis – il en reste 8 sur un total de 90. Si la pierre d'achoppement que constituait l'échelle des salaires a été levée ou plutôt jetée dans la cour des commissions mixtes au Parlement, les conditions placées par les FL qui réclament la privatisation de la production de l'électricité restent de rigueur. À défaut, leurs ministres s'abstiendront de voter, assure-t-on dans ces milieux.

 

(Lire aussi : Hariri et Berry relancent les débats dans une atmosphère positive)

 

Règles « strictes »
Selon la logique défendue par cette formation politique, le fait de confier la production au secteur privé devrait alléger le volume de dépenses de l'État et assurer une meilleure efficacité du service et un prix acceptable pour le consommateur. Cette thèse a été cependant démontée par l'ancien ministre et économiste Charbel Nahas qui, dans un entretien à la LBCI, a démontré le contraire en citant un rapport de 2008 de la Banque mondiale selon lequel cette mesure mènera inéluctablement à une augmentation des coûts de production.

Tout en prenant soin de ne pas s'enliser dans la polémique, le chef de l'État s'est contenté de répondre indirectement à la campagne menée par les FL, à l'occasion d'une rencontre avec des membres du syndicat des entrepreneurs. À ce propos, Michel Aoun a affirmé que « la privatisation obéit à des règles strictes et variables selon le secteur en cause. Elle doit en définitive servir les intérêts des seuls Libanais ». Un dossier qui risque d'exacerber les sensibilités dans la mesure où c'est le ministre FL de la Santé, Ghassan Hasbani, qui s'est fait le chantre de la campagne de privatisation, se substituant ainsi en expert en lieu et place du ministre concerné, César Abou Khalil, qui relève du CPL.

En attendant donc l'annonce de la première grande réalisation du nouveau mandat – le vote de la loi du budget, ignorée pendant douze années consécutives –, une autre « réussite » est à prévoir mercredi prochain en Conseil des ministres : la liste des nominations sécuritaires concoctée en douce et ayant vraisemblablement reçu l'aval de l'ensemble des parties (lire ci-contre). Une autre annonce est promise, cette fois-ci par le CPL : celle d'un document d'entente avec le mouvement Amal dont les termes n'ont pas encore été dévoilés.
À l'instar de l'accord préalablement conclu avec le Hezbollah (février 2006) puis celui de Meerab avec les FL (janvier 2016), le CPL tend une nouvelle fois la main, en direction du mouvement Amal cette fois-ci, pour aboutir à un rapprochement avec « l'allié de son allié » (le Hezbollah), pour reprendre un terme employé par notre consœur Hoda Chédid. En concertations secrètes depuis plusieurs mois, les deux parties doivent incessamment rendre publique la teneur de ce nouveau document qui porte davantage sur « la gestion de l'État et l'exercice du pouvoir que sur les grandes questions stratégiques sur lesquelles les deux parties sont en phase », a précisé le député aouniste Alain Aoun, qui prévoit d'ores et déjà les effets positifs de cette entente lors des prochaines élections.

 

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La montagne accouchera-t-elle d'une souris ? Non, si l'on en croit les déclarations volontaristes des chefs de file au sujet de l'adoption d'une nouvelle loi électorale. Oui, si l'on se réfère à l'avis de nombreuses sources partisanes et aux spécialistes du dossier qui restent sceptiques quand à une éclaircie à ce niveau.
Les positions affichées ces derniers jours par le Premier ministre, Saad Hariri, qui a été jusqu'à lier le succès ou l'échec de l'actuel gouvernement à sa capacité à adopter une nouvelle loi, ou encore les propos du président du Parlement, Nabih Berry, insinuant le non-retour à la loi de 1960, restent de l'ordre du « wishful thinking », ni plus ni moins. Pour l'heure, seul un accord de principe sur le mode de scrutin à adopter – la formule mixte (la proportionnelle cumulée au système...
commentaires (4)

Récompense Octroyer par ses seuls soins ... et non par les autres !!

Bery tus

15 h 55, le 03 mars 2017

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Commentaires (4)

  • Récompense Octroyer par ses seuls soins ... et non par les autres !!

    Bery tus

    15 h 55, le 03 mars 2017

  • geagix a le droit de parler et d'être écouté , il a gagné son ticket bonus en votant pour le Phare Aoun avant tous les autre . Le prix de sa récompense .

    FRIK-A-FRAK

    12 h 16, le 03 mars 2017

  • LE SEUL QUI FAIT DE LA POLITIQUE POSITIVE NATIONALE ... TOUS LES AUTRES... FRATA !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 25, le 03 mars 2017

  • haha les relations entre le CPL et les FL seront encore meilleurs qu'avant vous fatiguer pas !!!

    Bery tus

    02 h 17, le 03 mars 2017

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