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Moyen Orient et Monde

Iran, EI : quand Israël flirte avec l’Arabie saoudite...

Décryptage

Plusieurs déclarations israéliennes la semaine dernière ont appelé à une collaboration entre les monarchies du Golfe et l'État hébreu face à la « menace » de l'Iran et de l'État islamique.

20/02/2017

Sommes-nous à l'esquisse d'une aube de rapprochement israélo-arabe ? La semaine dernière a témoigné d'une série de déclarations israéliennes courtisant les monarchies du Golfe et faisant miroiter, plus ou moins directement, une alliance entre les deux parties face à la menace du terrorisme et de l'Iran, tous deux ennemis communs.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a en effet longuement insisté mercredi dernier, lors de sa rencontre avec le nouveau président américain Donald Trump, sur la menace iranienne, engageant ainsi son flirt avec les pays arabes. « C'est dangereux pour l'Amérique, dangereux pour Israël, dangereux pour les Arabes », a déclaré M. Netanyahu lors de sa conférence de presse conjointe avec le président Trump. Et dans une interview à Fox News le lendemain, M. Netanyahu a affirmé qu'il était le porte-voix des pays du Moyen-Orient, menacés par « un Iran malveillant », une situation qui contribuerait à rapprocher Israël de ses voisins arabes. Et toujours lors de sa visite aux États-Unis, le Premier ministre israélien a appelé à « une paix globale au Moyen-Orient entre Israël et les pays arabes », estimant sur la chaîne de télévision MSNBC qu'il y a aujourd'hui « une occasion sans précédent, car nombre de pays arabes ne considèrent plus Israël comme un ennemi, mais comme un allié face à l'Iran et à Daech (acronyme arabe de l'État islamique), les forces jumelles de l'islam qui nous menacent tous ». Partant sur la même lancée, le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a accusé l'Iran de vouloir « enchaîner le rôle de l'Arabie saoudite dans la région », estimant que Téhéran est « un facteur de déstabilisation » au Moyen-Orient.

Hier encore, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a fustigé le comportement iranien dans la région, affirmant lors de la Conférence sur la sécurité à Munich que « l'Iran est la première source du terrorisme ». Cette attaque survient après la minitournée du président iranien Hassan Rohani à Oman et au Koweït.

Cerise sur le gâteau, le discours belliqueux du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, il y a quelques jours, semble illustrer la crainte de son parti d'un rapprochement entre ses deux ennemis jurés. Plusieurs observateurs ont d'ailleurs remarqué le ton particulièrement offensif et guerrier du leader chiite, notamment depuis l'élection de Michel Aoun à la présidence libanaise, alors que ce dernier a entamé une politique de rapprochement en direction des monarchies du Golfe. Les menaces de Hassan Nasrallah cachent mal l'appréhension du Hezbollah, qui aurait probablement senti un éventuel rapprochement entre l'État hébreu et l'Arabie saoudite.

(Lire aussi : Entre Israël et Palestiniens, les alternatives à la solution à deux Etats)

 

L'ennemi de mon ennemi...

Ce flirt diplomatique entre Israël et les pays du Golfe n'en est pas à ses premiers balbutiements. Déjà, en juillet 2016, plusieurs médias ont rapporté la visite du général saoudien Anwar Ashki à la tête d'une délégation d'universitaires et d'hommes d'affaires saoudiens à Jérusalem. Actuellement à la retraite, le général dirige le Middle East Center for Strategic and Legal Studies, à Djeddah. Les commentateurs, à cette époque, n'avaient pas exclu que l'initiative du général Ashki, proche de la famille royale saoudienne, ait l'approbation du roi Salmane. Lors de sa visite, le général saoudien a rencontré le directeur général du ministère des Affaires étrangères, Dore Gold, une connaissance de longue date semble-t-il, puisque les deux responsables s'étaient rencontrés à plusieurs reprises auparavant, à Washington. Il semblerait d'ailleurs que la menace iranienne ait toujours été au menu des discussions entre les deux hommes.
Partant ainsi du dicton qui dit que l'ennemi de mon ennemi est mon ami, Israéliens et Saoudiens sembleraient vouloir amorcer des contacts fondés sur une approche sécuritaire commune face à un ennemi commun : l'Iran.

C'est probablement l'accord nucléaire avec Téhéran signé en juillet 2015 qui a brisé le tabou entre les deux ennemis d'hier. C'est aussi la fameuse doctrine Obama qui préconisait un équilibre de dissuasion dans le Golfe entre Téhéran et Riyad. Ce qui aurait permis à l'Iran de consolider et d'encourager sa politique expansionniste dans la région, notamment en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen, encerclant de facto l'Arabie saoudite et empiétant sur son précarré.

La menace tentaculaire iranienne, surtout ses missiles balistiques et le renforcement de la puissance militaire du Hezbollah à sa frontière nord, est en outre le premier danger dont pâtit Israël. Une conjoncture qui accompagne un discours idéologiquement haineux contre l'État hébreu.

(Lire aussi : Bibi à Washington : plus ça change, moins ça change)

 

Pierre d'achoppement

En plus de l'accord nucléaire et de la doctrine Obama, la réorientation des intérêts américains vers l'Asie du Sud-Est face à la Chine, reléguant le Proche-Orient et ses problèmes au second plan, a laissé les alliés des États-Unis dans la région en plein désarroi. La perte de confiance entre Washington d'une part, Riyad et Tel-Aviv d'autre part a dû entraîner une prise de conscience qui aurait permis un rapprochement entre Israël et les monarchies du Golfe, lesquelles veulent prendre en main leur propre défense face à l'Iran. Une autre illustration de ce rapprochement aurait été la visite en novembre 2015 de Dore Gold à Abou Dhabi pour ouvrir une représentation diplomatique israélienne auprès de l'Irena (l'Agence de l'énergie renouvelable) dont le siège se trouve dans la capitale émiratie.

La seule pierre d'achoppement reste le conflit israélo-palestinien. Interrogé par une chaîne de télévision israélienne, le général Anwar Eshki avait été formel : Riyad et Tel-Aviv « pourraient travailler ensemble dès qu'Israël annoncera qu'il accepte l'initiative arabe (de paix présentée par l'Arabie saoudite en 2002 lors du sommet arabe à Beyrouth) ».

Prenant toutefois exemple de la Turquie, qui profite de ses relations avec Israël pour soutenir la cause palestinienne, Riyad pourrait lui aussi faire avancer un processus de paix israélo-palestinien moribond, en faisant miroiter une coopération arabe avec l'État hébreu face à l'Iran. D'une pierre, deux coups.

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL NE FAUT PAS OUBLIER QUE POUR LA COREE DU NORD TRUMP S,EST REFERE JUSQU,A L,EMPLOI DE L,ARME NUCLEAIRE... CHER A GWB QUI DISAIT D,ARRETER LE NUCLEAIRE PAR LE NUCLEAIRE... DONC, D,UNE PART DU MONDE A L,AUTRE CA SE RESSEMBLERAIT !

Talaat Dominique

mais ce n'est pas la première fois qu'israel est des relations avec les pays du golfe !
une entreprise israelienne c'est occupé du point de vue de la sécurité avec certains pays et il y a eut aussi des israeliens qui sont venus dans ces pays

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UNE CHOSE LE FLIRT OUVERT UNE AUTRE LA COOPERATION INVISIBLE !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

POUR ETRE FRANC, ALLIANCE IMPOSSIBLE... LES GOUVERNANTS Y PENSERAIENT MILLE FOIS AVANT DE S,Y HASARDER. LES PEUPLES ARABES N,Y ACCEPTERAIENT JAMAIS ! LE RISQUE DE REVOLUTIONS OUVERTES N,EST SEULEMENT PAS TRES GRAND MAIS CERTAIN... CEUX QUI Y PENSENT FONT DE MAUVAIS CALCULS...

F.

C'est une alliance contre l'Iran, point barre. Point de Palestine, l'enjeu n'est pas là. L'hégémonie de l'Iran fait peur à l'Arabie Saoudite. L'AS a une dent contre les chiites. Pourquoi parler de la Palestine, l'AS ne s'associe pas pour son bien, elle s'associe avec Israël contre l'Iran, ni plus ni moins.

George Khoury

les iraniens il y a a peine 2 ans parlaient de s'associer avec israel pour assurer la securite de la region...

Chady

Qu'attendent donc les peuples arabes pour se revolter ? Et Dieu sait combien chaque habitant arabe de la mauritanie jusqu'en iraq en passant par l'algerie, l'arabie saoudite, etc portent la cause palestinienne dans leur coeur et dont l'occupation constitue une humiliation quotidienne, une atteinte a leur fierté... Pauvres arabes

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

CEUX QUI SEMENT L,INSTABILITE DANS LA REGION VONT RECEVOIR UNE PLUIE DE FUSEES TELEGUIDEES ET PROBABLEMENT DES NUKES TAILLES A MESURE SUR LA TETE AVANT MEME DE POUVOIR REALISER D,OU CA VIENT...

Bery tus

L'Iran est dans la M... quoi !! Lol

RE-MARK-ABLE

Le centre du problème que cet article de ajoury veut nous faire avaler c'est une solution moribonde au problème palestinien , et la périphérie qu'on veut nous présenter COMME SOLUTION c'est CONTRER une soit disant menace iranienne .

Je veux bien un rapprochement famille saoudo-israélienne , mais qu'on nous explique sur quelle base ce rapprochement pourrait se faire DANS L'INTÉRÊT DES PALESTINIENS ?

Si c'est à cause de l'ennemi de mon ennemi etc...mais ne nous prenez pas pour des jeunes perdreaux , si on a réglé la périphérie et que le centre reste insoluble , on aura assisté qu'à une REDDITION EN BONNE ET DUE FORME.

CE QUE L'IRAN NPR A TOUJOURS REFUSÉ DE FAIRE , ni le hezb résistant non plus , et pourtant Dieu sait si on ne leur a pas offert un pont d'or pour se RENDRE.

LE SEUL CONSEIL QUE JE DONNE À CETTE ALLIANCE ENTRE UNE FAMILLE SAOUDO RÉPUGNANTE ET SES MAÎTRES SIONISTES C'EST DE DÉPLACER LES OGIVES NUCLÉAIRES DE DIMONA VERS L'ÉTRANGER. COMME ILS ONT FAIT POUR L'AMMONIAQUE.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

COOPERATION ARABO-ISRAELIENNE PAR LA FORCE DES CHOSES...

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