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Économie - Liban - Compte rendu

Le gouvernement appelle à soutenir l’industrie pharmaceutique locale

L'exécutif veut autoriser les pharmaciens à privilégier les génériques fabriqués au Liban et envisage de durcir sa réglementation douanière avec les pays qui limitent les importations de médicaments libanais.

Le ministre de la Santé et vice-président du Conseil des ministres, Ghassan Hasbani, veut notamment « privilégier les producteurs locaux dans tous les achats de médicaments par appel d’offres ». Photo ANI

Le ministre de la Santé et vice-président du Conseil des ministres, Ghassan Hasbani, et le ministre de l'Industrie, Hussein Hajj Hassan, ont donné hier, au Grand Sérail, le coup d'envoi d'une campagne de soutien à l'industrie pharmaceutique locale, parrainée par le Premier ministre, Saad Hariri. Devant un parterre essentiellement composé de représentants du secteur, les deux ministres ont évoqué les moyens qu'ils prévoient de mettre en œuvre pour venir en aide à la filière, qui éprouve des difficultés à trouver des débouchés aussi bien sur le marché local qu'à l'étranger.

« Nous allons autoriser les pharmaciens à substituer des médicaments génériques fabriqués au Liban à ceux qui sont importés, et ce à travers l'ordonnance unifiée », a ainsi annoncé M. Hasbani, qui représentait le Premier ministre, absent pour l'occasion. Entrée en vigueur le 10 août 2016, l'ordonnance unifiée permet aux pharmaciens de substituer un médicament générique au princeps – l'original distribué sous son nom commercial – sous réserve que ce dernier soit approuvé par le ministère de la Santé et qu'il ait obtenu l'accord du patient ainsi que du médecin. « Jusqu'à présent, cette ordonnance ne permettait pas au pharmacien de remplacer un générique fabriqué à l'étranger par un autre produit localement, qui peut être moins cher », a précisé L'Orient-Le Jour la présidente du syndicat des industries pharmaceutiques libanaises, Carol Abi Karam, qui participait également à l'évènement. M. Hasbani n'a toutefois pas communiqué de détails sur la mise en œuvre de cette décision.

 

(Pour mémoire : Médicaments : l'industrie locale face au manque de débouchés)

 

Priorité dans les appels d'offres
Parmi les autres mesures annoncées, le ministre de la Santé s'est en outre engagé à « privilégier les producteurs locaux dans tous les achats de médicaments par appel d'offres » et à encourager « toutes les parties prenantes dans le secteur de la santé à favoriser la production locale ». S'agissant des exportations, il a préconisé « de renforcer la qualité des produits libanais », conformément aux standards internationaux, et d'appliquer le « principe de réciprocité » en matière de réglementation douanière vis-à-vis des pays qui limitent les importations de médicaments libanais sur leur territoire.

Une piste également privilégiée par M. Hajj Hassan, qui a souligné, dans son discours, « les difficultés rencontrées par les fabricants locaux pour obtenir l'autorisation d'exporter leurs produits dans certains pays », y compris ceux avec lesquels le Liban a signé des accords de libre-échange. « Ce n'est pas une question de spécificité ou de qualité: (...) nos laboratoires sont encadrés par des experts de sociétés à la renommée internationale », a martelé le ministre de l'Industrie, pointant notamment du doigt les « mesures protectionnistes » appliquées par certains pays. « Nous exportons peu parce que les pays de la région protègent leur industries locales : il y a par exemple près de 150 médicaments saoudiens enregistrés au Liban pour seulement 3 médicaments libanais sous licences enregistrés en Arabie saoudite », a confirmé de son côté à L'Orient-Le Jour Mme Abi Karam. Selon les douanes, le Liban a importé 11 886 tonnes de produits pharmaceutiques en 2016 pour un peu plus de 1,2 milliard de dollars, des chiffres respectivement en hausse de 6,7 et 7,9 % par rapport à 2015. En revanche, le pays n'a exporté que 1 142 tonnes de médicaments en 2016 pour près de 54 millions de dollars (respectivement +53 % et -2,7 %).

M. Hajj Hassan a également appelé à soutenir l'industrie pharmaceutique locale dans une plus large mesure, notamment « en créant des zones industrielles » ou en « subventionnant le coût de l'énergie ». Il a enfin invité les distributeurs de médicaments à privilégier la production nationale.

 

(Pour mémoire : Les dépenses pharmaceutiques vont-elles continuer à augmenter ?)

 

 

Selon Mme Abi Karam, l'industrie pharmaceutique qui « emploie plus de 1 800 personnes dans 11 usines » espère que cette campagne de soutien – qui prévoit notamment la diffusion d'un spot télévisé pour sensibiliser l'opinion publique – aura des répercussions positives. « Nous prévoyons d'employer 1 500 personnes de plus sur trois ans si nous parvenons à améliorer la situation de la filière », ajoute-t-elle, reconnaissant qu'il reste encore du chemin à faire. « Notre part sur le marché local, qui a généré 1,3 milliard de dollars en 2016, dépasse à peine 7 %, à environ 100 millions de dollars », a-t-elle encore expliqué. Des chiffres « officiels » repris dans son discours pendant la cérémonie, mais qui diffèrent de ceux publiés plus tôt cette semaine par un autre syndicat, celui des importateurs de médicaments, qui a estimé le marché libanais à un peu plus de 1,1 milliard de dollars en 2016. « Les compléments alimentaires ne sont pas inclus dans ce total », précise le président du syndicat, Armand Pharès, citant une des raisons qui expliquent cette différence.

 

 

 

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