Le Conseil de sécurité réuni à New York, le 2 mars 2026. REUTERS/Jeenah Moon
Les États-Unis ont affirmé devant le Conseil de sécurité de l’ONU que le régime de Bachar el-Assad avait « permis ou fermé les yeux » sur les activités du Hezbollah et des réseaux de trafic de captagon, permettant au parti pro-iranien de « semer la destruction en Syrie et dans la région ». Dans une déclaration prononcée à New York par la représentante adjointe américaine auprès des Nations unies, Tammy Bruce, Washington a estimé que les nouvelles autorités syriennes ont au contraire, « perturbé les plans du Hezbollah, saisi des cargaisons de drogue et coopéré avec la Jordanie et le Liban pour lutter contre la criminalité transfrontalière ».
L’administration américaine a réitéré son soutien à la coopération internationale en matière de justice transitionnelle en Syrie, appelant Damas à travailler avec les mécanismes des Nations unies chargés des crimes commis sous le régime Assad, notamment sur la question des disparitions forcées.
« Nous savons que des centaines de milliers de familles syriennes, ainsi que plusieurs familles américaines, attendent toujours des réponses concernant leurs proches disparus. Pour aller de l’avant et entamer véritablement la reconstruction de la Syrie, les Syriens ont besoin de tourner la page, a déclaré Tammy Bruce. Des institutions comme l’Institution indépendante sur les personnes disparues disposent d’une expertise précieuse, et nous encourageons une coopération étroite entre le gouvernement syrien et les partenaires internationaux afin d’apporter des réponses aux familles ».
Washington a par ailleurs salué les efforts de la Syrie dans la lutte contre les réseaux terroristes et a indiqué travailler avec Damas au sein de la coalition internationale contre l’organisation État islamique. « Les récentes arrestations par la Syrie de membres du régime Assad, accusés d’avoir commis des atrocités contre des civils syriens, représentent un pas important contre l’impunité et en faveur de la responsabilité, a souligné Tammy Bruce, affirmant que « les États-Unis expriment leur solidarité avec les millions de survivants des violences du régime Assad ».
Il y a dix jours le ministère syrien de l’Intérieur avait annoncé le démantèlement d’une cellule liée au Hezbollah, dont les membres s’étaient « infiltrés en territoire syrien après avoir suivi des entraînements spécialisés intensifs au Liban », et qui s’apprêtait à mettre en œuvre « un agenda de sabotage comprenant des assassinats ciblés de hauts responsables gouvernementaux ». Le Hezbollah a joué un rôle crucial pendant la guerre civile en Syrie, se battant aux côtés de l’armée du président déchu Bachar el-Assad pendant une décennie. Sous le pouvoir d’Assad, la Syrie faisait partie de l’alliance dite de « l’axe de la résistance », mise en place par l’Iran contre Israël. Elle a facilité les transferts d’armes et d’argent de l’Iran au Hezbollah. Les nouvelles autorités syriennes, qui ont renversé le régime Assad fin 2024, ont rejeté l’influence iranienne et sont hostiles au parti chiite libanais.
Damas avait annoncé le mois dernier avoir déjoué un complot contre une personnalité religieuse, à proximité d'une église, « visant la sécurité de la capitale » syrienne. Le Hezbollah avait alors rejeté ces accusations, réaffirmant « ne pas avoir de présence sur le sol syrien ». En février, la Syrie avait également annoncé avoir démantelé une cellule responsable d'attaques visant le quartier de Mazzé à Damas, soutenant que les armes provenaient du Hezbollah, qui avait là encore démenti toute implication.

