X

À La Une

L'Allemagne se dote d'un président "anti-Trump"

Politique

Connu pour son franc-parler à la tête de la diplomatie, Frank-Walter Steinmeier s'est distingué par ses saillies à l'encontre du président américain.

 

OLJ/AFP
12/02/2017

L'Allemagne a désigné dimanche comme chef d'Etat son ancien chef de la diplomatie Frank-Walter Steinmeier, déjà présenté par la presse comme un "anti-Trump" après avoir multiplié les critiques à l'égard du président américain. La fonction de président en Allemagne est surtout honorifique mais mais elle a valeur d'autorité morale du pays.

Le responsable social-démocrate de 61 ans a été élu par 75% des voix par une assemblée de quelque 1.240 grands électeurs, parlementaires des deux chambres pour la plupart ainsi que quelques représentants de la société civile.

Dans son premier discours de président, il s'est gardé de faire directement référence à la situation aux Etats-Unis. Mais il a appelé à "défendre" la "démocratie et la liberté" au moment où elles sont mises en cause.
"Lorsque les bases (de la démocratie) vacillent il nous faut plus que jamais les soutenir", a-t-il dit, soulignant que la "cohésion de la société" était primordiale "en ces temps tumultueux où le monde semble ne plus tourner rond".

Frank-Walter Steinmeier était assuré de la victoire en raison du soutien de son parti et des démocrates-chrétiens de la chancelière Angela Merkel, alliés au sein de la coalition gouvernementale. Celui qui fut ministre des Affaires étrangères un peu plus de sept ans au total, jusqu'à la fin du mois dernier, succède à la présidence à Joachim Gauck, un ancien pasteur dissident de la RDA communiste.

 

(Lire aussi : Allemagne : Schulz dénonce la politique "anti-américaine" de Trump)

 

Trump 'prédicateur de haine'
Connu pour son franc-parler, Frank-Walter Steinmeier s'est distingué l'an dernier par ses saillies à l'encontre de Donald Trump.

Durant la campagne électorale américaine, il l'a qualifié de "prédicateur de haine". "Je veux en tant que président être un contrepoids à la tendance sans limite à la simplification", a-t-il promis cette semaine à Munich, "c'est le meilleur antidote aux populistes". "Steinmeier veut être un président anti-Trump", résume le quotidien Berliner Morgenpost.

Très apprécié en Europe de l'Ouest, ce proche de l'ex-chancelier Gerhard Schröder l'est moins en Europe de l'Est où ses positions jugées parfois pro-Moscou ont suscité l'inquiétude. Il avait critiqué l'an dernier le renforcement de l'Otan à la frontière avec la Russie en parlant de "bruits de bottes" inutiles.

 

(Lire aussi : L’Allemagne, nouvelle cible des critiques de Donald Trump)

 

Merkel en danger
Sur le plan intérieur, l'élection de Frank-Walter Steinmeier constitue un nouveau signe de l'affaiblissement politique d'Angela Merkel à moins de sept mois des élections législatives, cette fois face aux sociaux-démocrates.

"Du point de vue des sociaux-démocrates, l'élection de Steinmeier est le prélude à quelque chose de beaucoup plus important: une victoire au scrutin de septembre contre Merkel" qui semblait il y a encore peu "impossible", juge Michael Bröning, politologue à la Fondation Friedrich Ebert, proche du SPD.

La chancelière conservatrice a dû se résigner en fin d'année dernière à soutenir son ancien rival, faute d'avoir pu faire émerger un candidat de son camp suffisamment fort et consensuel. Un camouflet politique pour elle.
Alors qu'elle a longtemps semblé indéboulonnable à la chancellerie, Angela Merkel se retrouve comme jamais en danger.

 

(Lire aussi : Martin Schulz lance la bataille contre Merkel)

 

A droite elle doit compter avec la concurrence du mouvement nationaliste AfD crédité de 10% 12% des suffrages, et avec une grogne dans sa propre famille politique. En cause: sa décision en 2015 d'ouvrir les portes du pays à des centaines de milliers de migrants.
Et à gauche, où Angela Merkel s'était attirée jusqu'ici beaucoup de soutien par sa politique centriste, les sociaux-démocrates effectuent une remontée spectaculaire dans les intentions de vote depuis qu'ils ont désigné un nouveau chef de file au verbe haut, l'ex-président du Parlement européen Martin Schulz.

Feu de paille ou pas? Le SPD a en tout cas bondi en deux semaines de jusqu'à dix points dans les sondages et se retrouve au coude à coude avec le parti de la chancelière.

Un sondage de l'institut Emnid publié dimanche par le quotidien Bild crédite le SPD de 32% contre 33% au parti de la chancelière, qui montre des signes de nervosité croissante. "Est-ce le début de la fin de l'ère Merkel?", s'interroge le journal, tandis que l'hebdomadaire Der Spiegel parle du "crépuscule de Merkel" en couverture.

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LES U,S. SE SONT DOTES D,UN PRESIDENT ANTI PSEUDOS
MOUMANA3ISTES ET L,ALLEMAGNE SE DOTE D,UN PRESIDENT ANTI TRUMP MAIS TOUT AUSSI ANTI PSEUDOS MOUMANA3ISTES ...

Fan Phare Rond

A part les usurpateurs d'Israël et la grande Bretagne du brexit , je voudrai savoir quel est le pays de qui trump-pète peut de targuer d'être l'ami?

Me dites pas les bensaouds , c'est pas des pays ça.

M.V.

Excellent..! Vladimir Poutine ..doit jubiler...!

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Entre les États-Unis et le Liban, des relations qui se compliquent

Commentaire de Anthony SAMRANI

MBS et le retour de flammes

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants