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Technologies - Innovation

L’effort soutenu de la « French Tech » commence à porter ses fruits

Après avoir utilisé la vitrine du dernier Salon de l'électronique grand public (CES) de Las Vegas pour vanter ses objets connectés, la « French Tech » poursuit un effort mené depuis plusieurs années et qui semble commencer à payer.

Une présence en force au dernier Salon de l’électronique grand public de Las Vegas. Photo AFP

Jérôme Pasquet est à la tête de la start-up 10-vins, qui présente une version connectée de sa sommelière électronique, une machine à doses individuelles qui sert des verres de vin dans les conditions idéales de dégustation. Les contacts noués durant les deux dernières années ont ouvert «des opportunités sur des marchés qu'on n'attendait pas», poussant l'entreprise à s'orienter vers les professionnels de l'hôtellerie en plus du grand public, mais aussi à se lancer à Londres et Singapour, détaille-t-il. Le CES 2016 avait aussi permis une rencontre avec LVMH, qui les avait accueillis dans son incubateur, le groupe coopératif InVivo, entré le mois dernier au capital de l'entreprise, et «un grand manufacturier industriel» qui négocie un partenariat de fabrication pour une version «plus compacte» de la machine.
Le premier modèle s'est écoulé à 500 exemplaires, et 10-vins espère doubler cette année son chiffre d'affaires pour atteindre le million d'euros. 10-vins n'est toutefois qu'une des 260 entreprises françaises emblématiques de la «French Tech».
On y trouve quelques grands groupes comme Valeo et ses technologies de conduite autonome, ou L'Oréal, dont la filiale Kerastase a conçu une brosse à cheveux connectée en partenariat avec le spécialiste des objets connectés liés à la santé Withings, fraîchement racheté par Nokia.
On pourrait citer aussi, entre autres, un bracelet surveillant le taux de glycémie des diabétiques ou celui de lactate des sportifs (PKvitality, Paris), une canne qui alerte les proches d'une personne âgée en cas de chute (Nov'in, Saint-Étienne), ou encore une chaussure de sport à «l'amorti actif » (Digitsole, Nancy).
«La chaussure détecte la posture et modifie automatiquement l'amorti », grâce à des stimulations électriques qui modifient la dureté d'un polymère dans la semelle, explique le patron-fondateur, Karim Oumnia, qui a conçu aussi d'autres prototypes allant des bottes de randonnée chauffantes aux escarpins à talon télescopique et aux chaussures pour enfants, et espère commercialiser ses premières paires cette année.
Karim Oumnia en était à son troisième CES: «Ça nous a permis de signer des contrats de partenariat avec de gros fabricants, mais aussi avec des distributeurs, et l'étiquette French Tech nous a permis de participer au forum de Davos.»

Diversité de l'offre
L'agence publique Business France, qui coache plusieurs start-up, insiste sur des produits commercialisables dans les six mois et permettant de «bien montrer la diversité de l'offre française en termes d'objets connectés, explique Éric Morand, chargé des services innovants. On aide les start-up à optimiser leur présence, mais c'est aussi une vitrine pour attirer des investissements étrangers en France.»
D'après CB Insights, les financements de la French Tech ont atteint un sommet depuis quatre ans à 1,5 milliard de dollars sur les neuf premiers mois de 2016 (+71% comparé à l'ensemble de 2015) et au troisième trimestre, «la France a attiré plus de financements que les start-up technologiques allemandes et s'est approchée des niveaux des start-up britanniques».
«Paris commence à sérieusement faire concurrence à Londres et Berlin en termes de nombre de transactions financées par du capital-risque et de volume de transactions», relevait aussi la société de capital-risque Atomico début novembre.
Les «licornes» françaises restent néanmoins rares (le service de covoiturage BlaBlaCar, l'expert du ciblage publicitaire sur Internet Criteo ou encore la biotech DBV), et les investisseurs très nationaux: d'après CB Insights, la banque publique Bpifrance a la part du lion dans les transactions du troisième trimestre, suivie par le fonds Kima Ventures de Xavier Niel.
Le spécialiste des technologies du son Devialet vient quand même de boucler un tour de table remarqué de 100 millions d'euros avec beaucoup d'investisseurs asiatiques et américains.
«On a été contacté depuis 18 mois par des fonds d'investissement de pays qui n'avaient pas du tout la France sur leur radar tech», notamment hongkongais ou russes, assure aussi Éric Morand, qui n'exclut pas non plus une recherche de «bonnes affaires» des fonds anglo-saxons rafraîchis par les valorisations élevées aux États-Unis.

(Source : AFP)

Jérôme Pasquet est à la tête de la start-up 10-vins, qui présente une version connectée de sa sommelière électronique, une machine à doses individuelles qui sert des verres de vin dans les conditions idéales de dégustation. Les contacts noués durant les deux dernières années ont ouvert «des opportunités sur des marchés qu'on n'attendait pas», poussant l'entreprise à s'orienter vers les professionnels de l'hôtellerie en plus du grand public, mais aussi à se lancer à Londres et Singapour, détaille-t-il. Le CES 2016 avait aussi permis une rencontre avec LVMH, qui les avait accueillis dans son incubateur, le groupe coopératif InVivo, entré le mois dernier au capital de l'entreprise, et «un grand manufacturier industriel» qui négocie un partenariat de fabrication pour une version «plus compacte» de la machine.Le...
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