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Économie - Entreprise

Starbucks et Airbnb prennent des mesures face au décret anti-immigration de Trump

La chaîne de cafés s'est engagée à recruter 10 000 réfugiés sur cinq ans, tandis que la plateforme de location propose un hébergement gratuit aux personnes affectées.

« Nous vivons dans une période sans précédent », a fustigé le PDG de Starbucks, Howard Schultz. Stephen Brashear/AFP

Hébergement gratuit et emplois aux immigrés interdits d'entrée aux États-Unis : Airbnb et Starbucks apportent la première réponse concrète des grandes entreprises américaines au controversé décret anti-immigration pris par le président Donald Trump, qualifié d'« injuste » par des grands patrons.

La chaîne de cafés Starbucks va recruter 10 000 réfugies dans les cinq prochaines années, s'est engagé par écrit dimanche son PDG Howard Schultz. Sont concernées des personnes ayant fui les guerres, les persécutions et les discriminations dans les 75 pays où est présent le groupe américain. Aux États-Unis, Starbucks va commencer par recruter les réfugiés ayant travaillé pour l'armée américaine, comme interprètes par exemple. M. Schultz indique également que Starbucks est en contact avec les employés affectés par le décret présidentiel ayant mis en place de sévères restrictions dans l'accès au territoire américain et des « vérifications extrêmes » à l'encontre des ressortissants de sept pays musulmans (Syrie, Libye, Soudan, Iran, Irak, Somalie et Yémen). « Nous vivons dans une période sans précédent, un moment au cours duquel (...) la promesse du rêve américain est remise en cause », fustige-t-il.

Airbnb propose de son côté un hébergement gratuit aux personnes affectées, réfugiés comme voyageurs bloqués dans les aéroports par ces restrictions. « Airbnb fournit un hébergement gratuit aux réfugiés et à toute personne interdite d'entrée aux États-Unis », précise sur son compte Twitter Brian Chesky, le PDG, promettant des annonces supplémentaires. Le groupe entend recourir à son programme de catastrophes naturelles, qui prévoit que des hôtes proposent un logement à des personnes déplacées. La plateforme de location de meublés en ligne, dont environ 80 % des offres d'hébergement sont hors des États-Unis, envisage aussi des mesures d'urgence spécifiques s'il n'y a pas d'hôtes à proximité du lieu où se trouve une personne frappée par le décret anti-immigration.

 

(Lire aussi : Le point sur les passagers privés de voyage aux Etats-Unis)

 

« Mettre en relation les gens »
« Ouvrir les frontières nous rapproche. Les fermer divise encore un peu plus les États-Unis. Trouvons des moyens pour mettre en relation les gens et non les séparer », enjoint Brian Chesky. Son message a été reçu positivement par les membres du groupe. « J'ai un logement disponible à Philadelphie (nord-est des États-Unis), comment puis-je participer et contribuer ? » demande par exemple Andrew Tran.
Dans le même ordre d'idées, Starbucks s'est engagée à rembourser les frais versés par les employés faisant partie du programme DACA, mis en place par le précédent président américain Barack Obama en 2012, qui a permis à plus de 750 000 clandestins arrivés mineurs sur le territoire américain d'obtenir des permis de séjour et de travail.

Lyft, le service de réservation de voitures sans chauffeur, dont un des actionnaires est General Motors, a promis de donner 1 million de dollars à l'organisation de défense des droits civiques American Civil Liberties Union (ACLU), qui a attaqué devant la justice américaine ces restrictions à l'immigration. Son concurrent Uber, très critiqué la veille sur les réseaux sociaux pour sa réaction initiale jugée molle, s'est engagé à aider les chauffeurs affectés, tandis qu'Elon Musk, PDG de Tesla, a demandé aux abonnés de son compte Twitter de lui faire des suggestions sur les amendements possibles au décret migratoire.

Samedi, les patrons de géants de la Silicon Valley ont dénoncé cette mesure qui risque de leur priver d'un énorme réservoir de talents. « Apple n'existerait pas sans l'immigration », a fustigé samedi le PDG Tim Cook, dans un document interne obtenu par l'AFP. Steve Jobs, le charismatique fondateur de la marque à la pomme, était fils d'un immigré syrien. « Les mesures de (Donald) Trump affectent les employés de Netflix à travers le monde », a écrit sur Facebook Reed Hastings, le PDG de Netflix.

L'inquiétude a aussi gagné les dirigeants de multinationales basées sur la côte est. Jeffrey Immelt, le PDG de General Electric, dont de nombreux employés sont touchés, affirme que ceux-ci « sont importants pour notre succès. » La banque JPMorgan Chase a commencé à examiner avec ses salariés titulaires de visas ce qui pouvait être fait, indique le PDG Jamie Dimon, leur promettant un soutien « indéfectible. »

 

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