X

Cinéma

Festival du cinéma européen : le top 5, à ne pas rater, de « L’Orient-Le Jour »

Focus

Ce rendez-vous incontournable du cinéma est à sa vingt-troisième année et témoigne d'une jeunesse et d'un renouveau ainsi que d'une diversité à tous les niveaux. Ce festival démarre ce soir au Metropolis Empire Sofil et se poursuit jusqu'au 6 février. Difficile de faire une sélection parmi les 39 films, mais « L'OLJ » l'a fait.

26/01/2017

« Perfect Strangers », de Paolo Genovese
À l'affiche de cette comédie douce-amère, il y a Marco Giallini, Kasia Smutniak, Valerio Mastandrea, Anna Foglietta, Edoardo Leo, Alba Rohrwacher et Giuseppe Battiston. Il ne s'agit certainement pas d'inconnus, mais d'une bande d'amis de longue date, sept plus exactement, qui se retrouvent autour d'une table. C'est au cours de ce dîner, après avoir inventé un jeu dangereux, qu'ils vont se rendre compte qu'ils sont inconnus les uns aux autres. En mettant leurs smartphones sur la table et en partageant les messages et appels qu'ils reçoivent pendant la soirée, le jardin secret de chacun sera dévoilé et plus rien ne peut alors arrêter cette roulette russe. Après la projection réservée à la presse, le metteur en scène italien s'est exprimé ainsi : « L'idée, c'était d'esquisser cette vie secrète dont tout le monde redoute de parler. Avant l'ère du numérique, nos secrets étaient enfouis bien au fond de nous-mêmes ; maintenant, ils sont dans nos portables, qui sont un peu devenus comme des boîtes noires propres à chacun. » À noter que le film a été coécrit par cinq personnes, notamment Rolando Ravello.
Récompenses : prix David de Donatello du meilleur film et meilleur scénario 2016. Meilleur scénario au Festival Tribeca 2016.

 

« Juste la fin du monde », de Xavier Dolan
Une pièce de théâtre écrite par Jean-Luc Lagarce en 1990 alors qu'il se savait atteint de sida. Quelques décennies plus tard, Xavier Dolan s'en empare et en fait un film soutenu par un casting aussi hybride que talentueux. Réunir en effet Gaspard Ulliel, Vincent Cassel, Nathalie Baye et Marion Cotillard sur la même affiche n'est pas une mince affaire. La sauce aurait pu virer à l'aigre. Cela n'a pas été le cas. Pas de jeu d'ego dans ce film, mais juste des performances authentiques et puissantes.
Louis, écrivain à succès, sent que sa fin est très proche. Il va traverser le monde en avion pour retrouver son pays natal et annoncer la terrible nouvelle à sa famille. Mais, à peine arrivé chez les siens qu'il n'a pas vus depuis douze ans, il sent que l'atmosphère est particulièrement électrique. Alors que sa mère tente nerveusement d'organiser une réunion familiale comme dans le passé, Antoine, son frère, se montre très agressif, tandis que Suzanne, sa sœur, semble dépassée par les événements. Seule Catherine, la discrète épouse d'Antoine, donne l'impression de comprendre Louis. Famille, je vous aime quand même ? Dolan n'en finira pas de nous émouvoir.
Récompenses : Grand Prix du jury et Prix du jury œcuménique au Festival de Cannes 2016.

 

« Paterson », de Jim Jarmusch
Dans ce film, on ne peut parler de sujet à proprement dit. C'est une chronique de la vie qui passe comme cet autobus que conduit l'acteur principal. C'est le quotidien d'un couple. Le cinéaste américain à la tignasse blanche croque, avec humour et poésie, les petits bonheurs et montre avec finesse combien le rituel d'une vie de couple et parfois la monotonie peuvent être beaux. Adam Driver et Golshifteh Farahani forment un tandem délicieux et harmonieux. On ne s'ennuie pas une seule seconde dans cette œuvre qu'on savoure à tout moment. À savoir que Paterson est d'abord le patronyme du personnage principal. C'est aussi le nom de la ville du New Jersey, à une trentaine de kilomètres à l'ouest de New York, où celui-ci est né et exerce la fonction de chauffeur de bus. Enfin, Paterson est le titre du plus célèbre recueil du poète américain William Carlos Williams (1883-1963), « grande œuvre » publiée sur plusieurs années au lendemain de la guerre, hymne à la ville où, lui aussi, il naquit et vécut, et que lit Adam Driver en s'essayant, lui-même, à la poésie à ses heures perdues.
Récompenses : le film faisait partie de la sélection officielle du Festival de Cannes en 2016. Prix du meilleur acteur au Los Angeles Film Critics Association.

« I, Daniel Blake », de Ken Loach
Il s'appelle Daniel Blake, Joe, ou porte encore un autre nom. « Moi, Ken Loach », semble dire le cinéaste anglais, octogénaire et militant comme à ses débuts, et qui n'a rien perdu de sa fougue ni de son combat. Dans cette comédie sociale où il dépeint encore une fois ce qu'il appelle la classe ouvrière, il entreprend donc ce combat inégal contre la société et le système qui piétine en passant cette classe modeste, lui vole ses droits en lui manquant de respect. Humain et humaniste, le cinéaste ne lâche pas sa caméra et s'en va-t-en guerre.
Son Daniel Blake est trop malade pour travailler. C'est l'avis formel des médecins, après une crise cardiaque qui a bien failli lui être fatale. Mais les « professionnels de santé » figés dans leurs paperasses ne l'entendent pas ainsi. Après une série de questionnaires totalement inadaptés, le verdict tombe : si Daniel Blake a ses deux bras et ses deux jambes, c'est qu'il est valide. On lui refuse, donc, toute indemnité... C'est là que la vraie lutte commence.

 

« The Maids of Wilko », hommage à Andrzej Wajda
Adapté du roman du Polonais Jaroslaw Iwaszkiewicz, paru en 1932 et dont Andrzej Wajda tira un film en 1978, Les Demoiselles de Wilko évoque les thèmes du souvenir et de la mémoire. Cette pièce, écrite juste après la Seconde Guerre mondiale, parle avec beauté du temps qui s'écoule. À la suite du décès d'un ami, Wiktor Ruben part pour la campagne pour se reposer. Il s'arrête dans cette petite ville de Wilko où, quinze ans auparavant, il a passé d'heureuses vacances. Il y retrouve cinq sœurs auxquelles il a été lié d'une façon ou d'une autre. Ces cinq jeunes filles ont pourtant tellement changé.
Mort le 9 octobre 2016, le cinéaste et scénariste polonais a marqué le cinéma de sa touche particulière. Il était donc évident que le Festival du cinéma européen lui rende un tel hommage avec cette fable du temps qui passe.

 

 

 

Lire aussi

Sundance et ses climats

Quand la vie est un jeu

 Durant quatre jours « Maskoon » hante Beyrouth 

À la une

Retour à la page "Cinéma"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Michele Aoun

Tres interessant. Merci!

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants