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Une opération de démolition tourne mal en Israël : un policier et un villageois tués

Proche-Orient

Les versions de la police et des villageois diffèrent.

OLJ/AFP
18/01/2017

La pratique israélienne controversée de démolition de villages bédouins a très mal tourné mercredi dans une communauté emblématique du sud du pays où un policier et un Arabe ont été tués dans des circonstances différentes selon les versions de la police et des villageois.

Les policiers avaient été dépêchés massivement dans le village d'Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, pour sécuriser la démolition de plusieurs maisons de bédouins, dépourvues de permis selon les autorités.
Umm al-Hiran est l'un des villages les plus symboliques du vieux conflit pour la terre entre l'Etat hébreu et les dizaines de milliers de Bédouins d'Israël, descendants de langue arabe des nomades du désert, qui vivent pour la plupart dans le Néguev.

A l'arrivée des policiers, un villageois a lancé sa voiture contre eux, causant la mort d'Erez Levi, 34 ans, et blessant d'autres policiers, a dit un porte-parole de la police, Micky Rosenfeld. "Les policiers ont riposté et tué l'assaillant, a-t-il dit.

M. Rosenfeld a rapporté que celui-ci appartenait au Mouvement islamique, une mouvance promouvant l'islam chez les Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d'Israël en 1948.
"Nous cherchons à savoir si le terroriste a subi l'influence d'ISIS", le groupe jihadiste Etat islamique, a dit M. Rosenfeld.

Plusieurs villageois et l'assistant du député arabe Ayman Odeh présent sur place pour les soutenir ont contesté la réalité de l'attaque et le portrait fait du conducteur, Yacoub Moussa Abou al-Qiyan, 47 ans, père de famille très nombreuse et propriétaire de l'un des bâtiments voués à la démolition.
"La version israélienne est un mensonge. Il (le conducteur) était un enseignant respecté. Ils (les policiers) sont arrivés et ont commencé à tirer sans discrimination des balles en caoutchouc, visant les gens, allant jusqu'à blesser le député Ayman Odeh qui essayait de leur parler", a déclaré à l'AFP Raed Abou al-Qiyan, responsable d'un comité local.
Yacoub Moussa Abou al-Qiyan descendait doucement la route en voiture quand les policiers lui ont tiré dessus et il a perdu le contrôle de son véhicule, ont dit plusieurs villageois.

 

(Lire aussi : Israël : grève contre les démolitions dans le secteur arabe)

 

Surenchère politique
A leur arrivée, les policiers "ont agressé le député et les autres gens, des manifestants, avec des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes tirés directement dans le visage", a dit l'assistant parlementaire Anan Maalouf à la radio israélienne. "Il n'y a jamais eu d'attaque à la voiture bélier", a-t-il assuré.
Des engins ont ensuite démoli les cinq bâtisses, sous la protection étroite de policiers armés de fusils, tenant à distance les femmes en sanglots tandis que la plupart des hommes s'étaient réunis autour de la mosquée.

Umm al-Hiran abrite plusieurs centaines de Bédouins dans de modestes maisons de plain-pied.
Les habitants vivent là depuis 60 ans: ils avaient été chassés de leurs terres ancestrales à la création d'Israël en 1948, et le gouverneur militaire israélien les avait autorisés à s'établir ici dans les années 50, dit Adalah, ONG de défense de la minorité arabe.

Mais l'Etat n'a jamais reconnu le village, pas plus que des dizaines d'autres communautés de Bédouins. Le gouvernement a approuvé en novembre 2013 la construction de deux localités, Kesif et Hiran, à la place du village. La Cour suprême a ensuite approuvé l'évacuation d'Umm al-Hiran. Les nouvelles localités sont destinées aux juifs, dit Adalah.

Les autorités offrent aux habitants d'Umm al-Hiran de déménager dans un village voisin, reconnu quant à lui. Elles justifient leur politique par les constructions anarchiques, l'absence de titres de propriété et le souci d'améliorer les conditions de vie des Bédouins. Les plus ou moins 300.000 Bédouins d'Israël vivent souvent dans une grande pauvreté, sans raccordement aux réseaux d'eau et d'électricité. Certains ont conservé une existence semi-nomade, d'autres l'ont abandonnée tout en restant attachés à leurs traditions.
Ils se plaignent des démolitions répétées, de relocalisations forcées et de spoliation de leurs terres.

Les démolitions d'Umm al-Hiran surviennent dans un contexte exacerbé. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, forcé par une décision de justice de démolir la colonie juive d'Amona en territoire palestinien occupé, est confronté à la surenchère politique pratiquée sur sa droite à ce propos. Il a promis en décembre d'appliquer la loi avec la même vigueur contre les constructions illégales de juifs et d'Arabes.

 

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

CE PALESTINIEN SUR LA PHOTO EST ORIGINAIRE DE CETTE TERRE... LES POLICIERS D,OU VIENNENT-ILS ?

Gebran Eid

INFORMEZ NOUS DE CE QUI SE PASSE CHEZ NOUS AU LIBAN PLUTÔT SVP, IL Y EN A TELLEMENT. CE DÉTAIL N'INTERESSE PERSONNE AU LIBAN.

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