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Moyen Orient et Monde

Nucléaire iranien : dernière réunion à Vienne avant l’ère Trump

Sanctions

La République islamique a récemment accusé les États-Unis de violer l'accord conclu en juillet 2015.

OLJ
11/01/2017

L'Iran et les grandes puissances se sont réunis hier à Vienne pour faire le point sur l'accord nucléaire conclu en 2015, dans un contexte d'incertitudes liées à l'entrée en fonctions de Donald Trump. « Tout se déroule comme prévu », a assuré le représentant russe Vladimir Voronkov à la presse à l'issue de la réunion, soulignant que la mise en œuvre de l'accord était « conforme » aux engagements. « Le degré de confiance croît. C'est également important », a-t-il noté.
Organisée à la demande de Téhéran après le renouvellement de sanctions américaines en décembre, la rencontre a réuni durant près de trois heures les directeurs politiques des six pays impliqués dans l'accord, sous l'égide de la Commission européenne. La rencontre intervenait dans un contexte d'expectative alors que le nouveau président des États-Unis Donald Trump, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a durant sa campagne électorale menacé de « déchirer » ce texte considéré comme un des principaux succès diplomatiques de l'administration Obama. Côté iranien, l'accord a également perdu un soutien symbolique de poids en la personne de l'ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani, décédé dimanche à l'âge de 82 ans et dont les obsèques ont réuni une foule impressionnante hier à Téhéran.
Conclu à Vienne lors de négociations marathon en juillet 2015 entre l'Iran et le groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne), ce texte entré en vigueur en janvier 2016 vise à garantir la nature strictement pacifique du programme nucléaire iranien en échange d'une levée des sanctions internationales contre le pays. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), organe de l'ONU chargé d'en superviser l'application par Téhéran, a jusqu'à présent attesté que la République islamique remplissait ses engagements. La communauté internationale a de son côté levé la plus grande partie des sanctions frappant l'Iran, permettant notamment un retour du pays sur le marché gazier et pétrolier mondial.

Accord « affreux » selon Trump
Mais début décembre, le Congrès américain a renouvelé pour dix ans l'Iran Sanctions Act (ISA). Le président sortant Barack Obama, très impliqué dans la conclusion de l'accord, a autorisé cette prolongation mais s'est abstenu de signer la loi. L'Iran a jugé que cette prolongation constituait une « violation » de l'accord nucléaire et accuse les États-Unis d'empêcher une réelle normalisation de ses relations économiques, notamment bancaires, avec le reste du monde.
Les États-Unis ont suspendu les sanctions anti-iraniennes liées au nucléaire, mais en imposent d'autres liées au non-respect des droits de l'homme par Téhéran, à son soutien au « terrorisme » au Moyen-Orient et à son programme de missiles balistiques. Les sanctions américaines pénalisent le secteur bancaire iranien ainsi que les industries de l'énergie et de la défense. De ce fait, les retombées économiques de l'accord nucléaire ont été beaucoup moins prometteuses qu'espéré par l'Iran, où cette frustration pourrait compromettre une éventuelle réélection du président modéré Hassan Rohani en mai.
S'il a encore qualifié l'accord d'« affreux » dans un tweet fin décembre, M. Trump n'a pas précisé la marche qu'il entendait suivre concernant ce texte. Il a toutefois désigné comme futur patron de la CIA un farouche opposant à l'Iran, Mike Pompeo, qui a appelé à revenir sur un « accord désastreux ».
M. Obama a cependant douté que M. Trump puisse démanteler « un accord fantastique (...) qui empêche l'Iran d'obtenir une arme nucléaire ». Les autorités iraniennes ont, elles aussi, estimé qu'il ne pourrait pas revenir sur l'accord, notamment parce qu'il a été « entériné » par l'ONU. L'Union européenne a également insisté sur le caractère « multilatéral » de ce texte. M. Voronkov s'est également montré serein quant aux intentions de M. Trump, hier. « La campagne électorale est une chose, mais le stade où il entre en fonctions en est une autre », a-t-il confié avant la réunion à l'agence Tass, estimant que le nouveau président allait « avoir la possibilité de voir le document d'une autre façon ».

(Source : AFP)

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