X

Campus

« Une ville amie des personnes à besoins spécifiques » à l’Usek

Le département des sciences sociales de l'Université Saint-Esprit de Kaslik a présenté au grand public un projet ambitieux intitulé « Une ville amie des personnes à besoins spécifiques » mené par un groupe d'étudiants motivés et engagés, le « Lebanese Youth In Community Action ».

Carole AWIT | OLJ
23/12/2016

Ils sont 40 étudiants de l'Usek, toutes facultés confondues, à avoir pris part à ce projet initié par le département des sciences sociales de la faculté de philosophie et des sciences humaines, dont le Dr Mirna Mzawak, chef du département, est la coordinatrice. Grâce au soutien et à la collaboration de l'ONG Youth for Peace, de l'ambassade des États-Unis au Liban, de la municipalité de Ballouné et de l'association Anta Akhi, ces jeunes ont pu s'engager socialement et œuvrer pour présenter au grand public, lors d'une soirée de lancement qui a eu lieu le 2 décembre à l'Usek, le prototype d'une « ville amie des personnes à besoins spécifiques ».
Avant de s'engager dans ce projet, les membres du groupe ont suivi, sur leur campus, le cours de formation générale intitulé « Engagement civique et citoyen » proposé par le département des sciences sociales et adressé à tous les étudiants de l'Usek. Dans le cadre de ce cours, les étudiants devaient s'engager dans une activité bénévole, et nombreux sont ceux qui se sont intéressés au projet du Dr Mzawak, souhaitant ainsi se montrer utiles pour les personnes à besoins spécifiques. Ces 40 jeunes ont ensuite pu bénéficier d'une autre formation à Ballouné, proposée par l'ONG libanaise Youth for Peace et l'ambassade des États-Unis au Liban, dont l'objectif était de leur apprendre à construire un projet social cohérent pour pouvoir, dans leur cas, montrer aux municipalités libanaises comment elles peuvent faire de leurs villes ou villages des lieux d'accueil favorables aux personnes à besoins
spécifiques.

Expérience humaine
Mariam Mhanna, en 3e année de médecine, et Reine-Marie Zeghondi, qui suit des études d'advertising et de publicité à la faculté des beaux-arts de l'Usek, se sont lancées dans cette aventure humaine et sociale qu'elles jugent, à l'unanimité, fort enrichissante. Les jeunes femmes ont pu prendre part aux activités menées à Ballouné qui ont débuté par une formation de 4 journées qui les a initiées à construire et développer un projet social. De plus, un travail sur le terrain a été effectué par les étudiants de l'Usek, qui consiste à créer des aménagements et un jardin accessible aux personnes à besoins spécifiques, pour permettre à ces derniers de se déplacer plus facilement dans la ville. Les jeunes ont également visité l'association Anta Akhi, où ils sont allés à la rencontre des personnes à besoins spécifiques pour créer un lien social avec elles et prendre connaissance de leurs problèmes et de leurs souhaits. « Je crois que les étudiants de l'Usek ont appris, tout comme moi, à avoir un contact plus spontané avec ces personnes. Nous avons pris conscience que ces êtres humains cherchent avant tout à s'intégrer à la société », confie Reine-Marie. « Pour pouvoir aider les personnes à besoins spécifiques, il faut peut-être commencer par les écouter, ajoute Mariam. Ces rencontres nous ont permis de réaliser qu'en plus d'avoir besoin de facilités pour se déplacer, ces gens ont besoin de se sentir acceptés et non plus marginalisés comme c'est souvent le cas. » À l'issue de ces activités, le groupe a pu rédiger une charte de la « ville amie des personnes à besoins spécifiques » qui énonce, entre autres, que chaque municipalité devrait s'assurer de l'intégration de ceux qui souffrent d'un handicap, quelle que soit sa nature, interagir avec leurs capacités et s'adapter à leurs difficultés.

La méthode Boal
Mariam apprécie en particulier l'atelier de théâtre de 45 heures qu'elle a pu suivre, dans le cadre de ce projet, avec Nagy Souraty. « Nous avons commencé par recueillir des anecdotes sur le quotidien des personnes à besoins spécifiques et nous avons joué ces scènes en adoptant la méthode théâtrale d'Augusto Boal », explique-t-elle. L'objectif était de mettre en lumière les situations quotidiennes au cours desquelles ces personnes sont victimes du regard des autres et des réactions souvent agressives de la société. Ghida Bou Khalil, une étudiante en sociologie de l'Usek, se déplaçant elle-même en fauteuil roulant, a pris part à cet atelier et a témoigné, devant ses camarades, des situations lors desquelles elle a vécu une discrimination. « Cela nous a donné l'opportunité de nous intéresser à notre camarade, de l'écouter nous raconter son quotidien et nous avons appris à agir avec elle de façon normale », poursuit Reine-Marie qui a également trouvé cette formation théâtrale très utile. D'ailleurs, en plus de projeter des extraits vidéo ayant pour thème le handicap, les étudiants ont joué trois saynètes lors du lancement officiel de leur projet le 2 décembre.
Si les jeunes bénévoles ont pu présenter au public cette initiative intitulée « Une ville amie des personnes à besoins spécifiques », ils se sont également vu décerner, par leur université, l'ambassade des États-Unis au Liban et l'ONG Youth for Peace, un certificat récompensant leurs efforts. Le groupe, qui tire un bilan positif de son expérience, souhaite que le travail sur ce projet se poursuive avec de nouveaux étudiants et dans d'autres municipalités libanaises.

À la une

Retour à la page "Campus"

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

22 octobre 1989-22 octobre 2018, Taëf entame sa 30e année

En toute liberté de Fady NOUN

La vérité et le dialogue des cultures

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué