Le compteur d’eau intelligent fournit des données précises sur la consommation de l’usager.
En moins de dix ans, Veolia, Suez et Saur, les leaders du marché français, ont déployé plusieurs millions de compteurs dits intelligents (qui transmettent automatiquement les données de consommation aux fournisseurs d'eau) en France, sans parler des capteurs installés directement sur les réseaux.
Veolia et Suez ont également développé, via des filiales dédiées, leur propre réseau de transmission des données collectées. Aujourd'hui, les deux géants passent à la vitesse supérieure et veulent profiter de leurs relations historiques avec les collectivités pour valoriser encore plus ces investissements.
Veolia a décidé de regrouper ses solutions sous une gamme unique baptisée Urban X, a annoncé le groupe. On est loin du secteur de l'eau. « Il s'agit d'un écosystème d'outils qui communiquent entre eux » pour améliorer la gestion des villes, explique Moira Cambrezy, chef de produit « Smart City » du groupe.
Outre les technologies d'optimisation des réseaux d'eau, Veolia a mis au point une application qui regroupe des services pour les particuliers, comme la disponibilité des parkings, l'agenda des événements culturels, ou les promotions des commerçants. Lancée il y a six mois, elle dépasse les 7 000 utilisateurs en France.
Le groupe propose aussi aux collectivités un tableau de bord numérique qui agrège en une seule interface des données de plusieurs services urbains.
« Au début nous voulions rester dans nos métiers, mais cela ne marche pas, les applications monotâche ne durent pas », justifie Thierry Witkowicz, vice-président développement des smart cities de Veolia, qui s'est aussi associé à des géants du numérique comme IBM ou le chinois Huawei.
Son concurrent Suez n'est pas en reste. Il a lancé dernièrement ON Connect, la nouvelle génération de son réseau de transmission de données.
Détecter les start-up
« C'est la deuxième étape de la mise en relation entre objets connectés et les services que nous pouvons proposer aux citoyens et aux collectivités », explique Bertrand Camus, directeur général Eau France de Suez.
Au-delà des classiques détections de fuite d'eau et suivi des consommations, cette technologie est « interopérable avec d'autres prestataires des villes », dit-il.
Suez pourrait collecter et traiter des données pour la mesure de la qualité de l'air, le remplissage des bennes de déchets, le niveau de bruit dans la ville ou la circulation.
Le numéro trois français de l'eau, Saur, avance aussi ses pions, mais plus modestement. « On réfléchit à élargir le panel de services », proposés à partir des compteurs intelligents, assure Rolland Morichon, directeur général Eau France, même si le groupe préfère pour l'instant se concentrer sur les innovations qui améliorent la performance du service d'eau.
Ces démarches impliquent un effort important pour détecter les start-up innovantes, et intégrer leurs technologies.
L'enjeu est aussi de rentabiliser les investissements liés à ces solutions, alors que le marché mondial de la ville intelligente pourrait atteindre 147 milliards de dollars en 2020, et celui de la gestion intelligente de l'eau 18 milliards de dollars, selon le cabinet MarketsandMarkets.
« Il y a quelques années en France, tout le monde partait tête baissée sur la télérelève (compteurs intelligents, NDLR) et aujourd'hui, avec leurs moyens restreints, les collectivités regardent ce que cela peut vraiment leur rapporter », nuance pourtant le dirigeant de Saur.
De fait, la révolution de la ville intelligente devrait être plus rapide en Amérique du Nord et en Asie, selon MarketsandMarkets.
(Source : AFP)


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