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Boris Johnson dénonce les "guerres par procuration" de l'allié saoudien

Diplomatie

"Il y a des responsables politiques qui détournent et abusent de la religion et des différentes branches de la même religion dans le but de poursuivre leurs objectifs politiques", déclare le chef de la diplomatie britannique.

OLJ/AFP
08/12/2016

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a donné un nouvel exemple de son style imprévisible en dénonçant sur un ton peu diplomatique les "guerres par procuration" menées par Riyad, un allié, et Téhéran, rapportait jeudi The Guardian.

Dans cet enregistrement diffusé sur le site Internet du quotidien britannique, le chef de la diplomatie britannique se livre à quelques commentaires bien sentis lors d'une conférence organisée la semaine dernière à Rome sur le thème du dialogue méditerranéen.

"Il y a des responsables politiques qui détournent et abusent de la religion et des différentes branches de la même religion dans le but de poursuivre leurs objectifs politiques. C'est l'un des plus gros problèmes de toute la région", déclare Boris Johnson.
"La tragédie pour moi (...) c'est qu'il n'y a pas assez de leadership fort", "pas assez de responsables d'envergure" prêts à "aller au delà de leur (groupe) sunnite ou chiite", ajoute-t-il, avant de s'en prendre plus précisément à l'Arabie saoudite, un allié du Royaume-Uni dans la région, et à l'Iran.
"C'est pourquoi vous avez les Saoudiens, l'Iran, qui s'installent, jouent les marionnettistes et mènent des guerres par procuration", dit-il.

 

(Lire aussi : "Partenariat stratégique" entre Londres et les pays du Golfe face à "l'agressivité" de l'Iran)


S'il est généralement reconnu que l'Iran chiite et l'Arabie saoudite sunnite se livrent des guerres par procuration dans la région, en Syrie et au Yémen, l'entendre dire par un diplomate occidental est chose moins courante.
Interrogé à ce sujet, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères s'est attaché à minimiser la portée des propos de M. Johnson. "Nous sommes alliés avec l'Arabie saoudite et la soutenons dans ses efforts pour sécuriser ses frontières", a-t-il dit. "Prétendre le contraire serait faux et constituerait une mauvaise interprétation des faits".

La chef du gouvernement britannique n'a pas tardé à recadrer son incontrôlable ministre des Affaires étrangères. Ces propos reflètent "la position personnelle du ministre des Affaires étrangères. Ce n'est pas la position du gouvernement", a déclaré le porte-parole de Theresa May lors d'un point presse régulier.
Il a également souligné que Boris Johnson, qui sera en visite en Arabie saoudite dimanche, allait pouvoir "exposer la manière dont le Royaume-Uni voit sa relation avec l'Arabie saoudite et le travail que nous voulons accomplir avec eux et d'autres partenaires de la région pour mettre fin au conflit épouvantable au Yémen".

Mme May, qui vient de participer au sommet annuel du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Bahreïn, y a déclaré que son pays était prêt à contribuer au renforcement de la sécurité des pays arabes du Golfe face à "l'agressivité" de l'Iran notamment, y compris par des investissements dans la défense et la formation militaire.

La nomination de Boris Johnson au poste de ministre des Affaires étrangères avait fait suscité la surprise en juillet dernier, le caractère impétueux de l'ancien maire conservateur de Londres semblant aux yeux de certains commentateurs peu compatible avec les exigences de la diplomatie internationale. L'ancien maire conservateur de Londres a en effet accumulé les gaffes et boutades plus ou moins drôles au fil des années, allant jusqu'à décrire Hillary Clinton comme une femme au "regard bleu acier comme une infirmière sadique".

 

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