En octobre, le taux de chômage des 19 pays ayant adopté la monnaie unique est tombé à 9,8 %, selon des données publiées hier par Eurostat. Daniel Roland/AFP
Le taux de chômage de la zone euro est tombé sous le seuil symbolique des 10 %, une nouvelle qui tombe à point dans une Europe en proie au doute, même si son niveau reste supérieur à celui d'avant la crise de 2007-2008.
En octobre, le taux de chômage des 19 pays ayant adopté la monnaie unique est tombé à 9,8 %, selon des données publiées hier par l'Office européen des statistiques, Eurostat. « C'est un signal encourageant. Il faut maintenant accélérer sur le front des investissements, des politiques budgétaires intelligentes et des réformes qui valorisent le capital humain. La reprise est là : il faut la renforcer et faire en sorte qu'elle bénéficie à tous, pour réduire les inégalités qui se sont creusées ces dernières années », a déclaré à l'AFP le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.
La dernière fois que le taux de chômage dans la zone euro était inférieur à 10 % remonte à avril 2011, où il s'était établi à 9,9 %. Le taux de chômage de 9,8 % en octobre est le plus faible enregistré dans la zone euro depuis juillet 2009.
Au pire de la crise de la dette, le chômage avait atteint le taux record de 12,1 % en avril, mai et juin 2013. Depuis, la situation économique s'est lentement améliorée, mais le chômage reste bien plus élevé que le taux moyen d'avant la crise financière de 2007-2008, où il était de 7,5 %.
Incertitudes
« L'amélioration du marché du travail et par ricochet la consommation des ménages est un des points-clés pour la croissance de la zone ces prochains mois », a souligné Howard Archer, analyste d'IHS. « Cependant, l'inquiétude monte en raison d'incertitudes politiques qui pourraient peser sur l'emploi et l'investissement dans cette zone », remarque-t-il, pointant les élections aux Pays-Bas (mars), en France (avril et mai) et en Allemagne (septembre).
Parmi les 19 États membres de la zone euro, de fortes disparités subsistent : en Allemagne, première économie des 19 ayant choisi la monnaie unique, le taux de chômage s'est établi à 4,1 %. La Grèce et l'Espagne, fortement touchées par la crise, affichent les taux les plus élevés : 23,4 % (en août 2016, dernier chiffre disponible) pour la première et 19,2 % en octobre pour la seconde. La France fait un tout petit peu mieux que la moyenne en octobre : 9,7 %.
Le gros point noir reste le chômage des moins de 25 ans – à 20,7 % en octobre, comme en septembre –, ce qu'avait encore regretté le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, dans son discours sur l'état de l'Union en septembre dernier au parlement européen.
(Source : AFP)


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