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Au centre-ville de Beyrouth, des jeunes qui respirent la musique

Témoignages

Des étudiants de différents horizons, rassemblés au sein de la chorale de la cathédrale Saint-Georges des maronites, chantent la vie.

02/12/2016

« Notre chorale est une mosaïque de musicologues et de jeunes non spécialisés en musicologie, mais tous passionnés par la musique », lance Christabelle, 20 ans. La psychologue en devenir confie aimer l'effet de la musique sur elle. « Elle me confère une paix intérieure et m'aide à m'exprimer quand je ne trouve pas les mots qui conviennent. » Alexy, lui, a intégré la chorale de la cathédrale Saint-Georges de Beyrouth il y a 7 ans. Le jeune étudiant à l'UL trouve beaucoup de similitudes entre la musique et sa spécialisation en architecture. « La conception et la manière d'interpréter sont les mêmes dans les deux domaines, c'est le langage avec lequel on communique qui diffère », estime-t-il avant d'ajouter : « Lorsqu'une personne est sensible à l'art, cela se manifeste dans tous les aspects de sa vie. »
Pour Joe, étudiant en électromécanique à l'USJ, la musique résonne avec la physique. « À chaque instrument musical et à chaque voix, sa fréquence et ses caractéristiques. » Scientifique et rationnel, Joe ne se contente pas de ressentir la musique. « Je la pense aussi », confie-t-il. Également évoluant dans un domaine scientifique, Léa, étudiante en médecine à l'USJ, affirme avoir besoin d'une activité qui mobilise l'hémisphère gauche de son cerveau. « Je l'ai trouvée dans la musique », affirme-t-elle avant de souligner l'une des vertus de cette activité : « La musique nous rapproche et ouvre notre esprit à tout ce qui est différent. »

Au-delà de la musique, des valeurs communes
Bien qu'ils ne soient pas tous musicologues, la musique occupe une place importante dans la vie de ces jeunes choristes. Et si la plupart des étudiants interviewés rencontrent des difficultés à gérer leur temps, « surtout en période d'examens », ils affirment tous que « quand la musique se transforme en un rituel quotidien, il devient impossible de l'abandonner ». Alors ils apprennent à organiser leur agenda.
« Lorsqu'on fait partie d'une chorale, on apprend à travailler au sein d'un groupe, à connaître les capacités des autres membres et à agir d'une manière harmonieuse avec eux », précise Alexy. Et de confier : « Ma participation à la chorale m'a appris qu'il y a des moments dans la vie où il faut s'imposer et d'autres où il faut accepter les propositions des autres pour arriver à une entente et cela pour le bien commun. »
Soulignant les multiples avantages de faire partie d'une chorale, Joe indique : « Le sentiment d'appartenance que nous avons nous apprend à rejeter l'égoïsme, à nous discipliner et à nous entraider pour la réussite d'un travail commun. Des valeurs qui ne nous sont inculquées ni à l'école ni à l'université où règne une compétition entre les élèves qui cherchent à briller à travers leurs notes. Ici, c'est le groupe entier qui brille et non pas uniquement ceux qui ont les meilleures voix. » Jeffry acquiesce. L'étudiant en génie chimique précise : « Notre engagement envers la chorale fait naître en nous le plaisir, la passion et la patience d'aider les autres en partageant avec eux notre savoir musical. »
Pour Léa, être membre d'une chorale lui a permis d'apprendre « à respecter les règles, à être précise et attentive, à suivre le chef de chœur et à communiquer avec lui ». Des acquis qui lui « seront utiles à l'avenir dans sa carrière de médecin ».
Loin de sa formation « rigide et réaliste » en droit, Jérôme estime que « la vie n'a pas de goût sans musique ». Le jeune étudiant trouve dans la chorale un support moral qui développe chez lui des qualités de leadership.
« Les valeurs que les jeunes choristes partagent créent une sorte d'harmonie au sein du groupe. Cela les aide à planifier et à réaliser différents événements », précise Charbel, le chef de chœur de la cathédrale Saint-Georges de Beyrouth. Le jeune musicologue incite les membres de sa chorale « à s'investir dans la beauté du travail commun qu'ils façonnent, pour la gloire de Dieu et pour sauver le monde ».

Noël en musique
Afin de pousser son équipe vers de nouveaux défis, Charbel a proposé aux chefs de chœur des églises Notre-Dame des Dons à Sodeco et Notre-Dame à Hadath d'organiser un projet commun à l'occasion de Noël. « Une collaboration entre une quarantaine de choristes et une dizaine d'instrumentistes appartenant aux trois chorales aboutira à un récital formé de trois tableaux : le premier maronite oriental, le deuxième polyphonique occidental et le troisième populaire », explique-t-il.
Ce concert sera présenté à trois reprises : le dimanche 11 décembre à 20h en la cathédrale Saint-Georges des maronites au centre-ville de Beyrouth, le dimanche 16 décembre à 20h à l'église Notre-Dame des Dons à Achrafieh et le dimanche 25 décembre à 20h30 à l'église Notre-Dame de Hadath. « Un tel événement donne du goût à la saison des fêtes. Inviter nos proches et nos amis à y assister avec nous est un cadeau de Noël qu'on peut leur offrir », estime le jeune musicologue.
« Nombreux sont les jeunes qui perçoivent la chorale comme une activité démodée sans attrait pour eux », regrette Alexy. L'architecte en devenir poursuit : « Je les invite à assister à nos concerts afin de changer les préjugés qu'ils ont sur les chorales traditionnelles et de voir des jeunes qui mènent une vie académique, professionnelle et sociale comme eux, mais qui sont engagés dans une activité artistique enrichissante et épanouissante. »

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