D'évidence, entre les primaires de la droite (spectacle de déchirement) et de la gauche (spectacle de décomposition), la France manque aujourd'hui de modernité politique et la majorité silencieuse grince des dents. Dominique de Villepin vient de déclarer qu'il ne votera pas à la primaire de la droite. Il a raison de fustiger la primaire comme un facteur de division. L'homme du fameux discours de 2003 aux Nations unies, peut-être l'un des derniers actes régaliens souverainistes de la France, publie chez Grasset Mémoire de paix pour temps de guerre. Un livre intéressant qui fait un constat lucide sur les ambivalences et menaces du monde d'aujourd'hui. Oui, la primaire à la française n'a rien à voir avec le système institutionnel de la Ve République, instauré par le général de Gaulle.
C'est une pure importation des USA, qui en souffrent aujourd'hui plus que jamais. D'apparence, c'est un phénomène démocratique qui devrait susciter le débat. Or, elle produit de l'émiettement et de la division. C'est davantage un produit de communication politique de la société du spectacle, procédant davantage du boxing politique que de l'émulation des idées. Belle machine de marketing politique, c'est une sorte de ring où les candidats se surpassent en mesures sans envergure politique pour plaire et marquer des points. Elle ajoute aujourd'hui, au désenchantement politique doctrinaire de la gauche et de la droite en France, un choc des personnalités qui les met en spectacle où, pour l'emporter, il faut « mordre les autres candidats aux mollets », selon l'expression souvent utilisée par la journaliste Anna Cabana dans les talk-shows. La primaire de la gauche en 2011 aurait dû être une expérience pleine d'enseignements. Elle avait affaibli tout le monde, brouillant les idées et opposant les uns des autres des candidats à la candidature suprême avant de laisser la place au plus futé parmi eux pour faire un semblant de synthèse et de passer entre les gouttes.
La phrase célèbre de Martine Aubry, finaliste de la primaire de la gauche en 2011 face au président actuel, l'avait bien prédit quand elle a lancé à son attention : « Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup. » Le loup, en l'occurrence, n'était pas méchant, mais a multiplié les promesses à tout-va et dans tous les sens. Promesses, bien entendu, qui ont été par la suite intenables sauf à faire le grand écart. La suite on la connaît... Aujourd'hui, se produit exactement le même scénario à droite. Sur le fond, la primaire à la française démystifie l'élection présidentielle. Elle désacralise cet événement majeur de la vie politique française qu'est (était) l'élection présidentielle. Elle alimente la bipolarité française qui oscille entre le besoin avoué (et moderne) d'avoir un président « normal » (normalisation de la fonction) et le besoin inavoué, qui reste dominant dans l'inconscient politique français, de considérer le président comme un monarque quasi absolu vers qui tous les regards se tournent et de qui on attend, comme dans une monarchie de droit divin, les miracles... Or, comment concilier dans la France d'aujourd'hui croyances et connaissances, et réconcilier miracles et laïcité ? De Gaulle est mort. Le gaullisme aussi.
La France d'aujourd'hui manque, à droite comme à gauche, d'une lucidité politique similaire à celle qu'a su imposé à la France de 1958 l'homme de l'Appel du 18 juin. La France à l'époque était minée par les compromissions et les combines des partis politiques de la IVe République. De Gaulle a su changer le système. Aujourd'hui, le quinquennat introduit par le président Chirac a tué cette Ve République voulue par de Gaulle en 1958 comme une nouvelle modernité politique qui a su bien fonctionner pendant des décennies. De Gaulle voulait être un président monarque élu au suffrage universel, avec une vision politique claire, qui peut dégager des majorités présidentielles fortes. Une modernité politique qui tranchait avec l'instabilité politique de la IVe République des combines des partis.
Aujourd'hui, c'est tout l'inverse. Des partis politiques faibles et affaiblis, l'absence d'une vraie synthèse politique novatrice, des combats de coqs, des machines à sondage incapables de dégager des majorités présidentielles fortes capables de réformer, de transformer et de gouverner la France, et non pas seulement de la (mal) gérer au gré des sondages... Un nombrilisme politique dévastateur qui fait que le président de la République qui, au moment de son élection était le centre de tout (Assemblée, Sénat, régions, etc.), termine son mandat décentré après avoir perdu progressivement tous les leviers du pouvoir, avec une majorité et une popularité qui s'effritent au gré du non-respect des engagements les plus contradictoires. Un président qui se trouve, à la fin de son mandat, seul, à l'Élysée, une proie que les concurrents de son camp considèrent comme facile à dévorer. La Ve République gaulliste n'est plus. La IVe est revenue au galop ! À quand le changement ?
Maître Carol SABA
Avocat au barreau de Paris


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Villepin un grand homme qui a payé de sa personne sa carrière politique pour s'être opposé aux comploteurs us en Irak. On ne veut pas de Juppé. C'est du hollandouille mélangé à du hyllarie corrompu pue au fric bensaoud mal acquis. Sarko ou Fillon si ce n'est pas Marine feront l'affaire des résistants aux comploteurs en déroute depuis l'élection de Trump qui fera rire jaune et très fort.
11 h 32, le 19 novembre 2016