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Liban

Futur gouvernement : des Libanais expriment leurs attentes

Opinion
16/11/2016

Les tractations politiques vont bon train pour la formation du nouveau gouvernement. Les différents partis se déchirent pour savoir qui aura quel portefeuille, notamment ceux dits régaliens ou de services. Le public, lui, se demande si quelque chose va bien finir par marcher dans le pays, après deux ans et demi de paralysie. Qu'espèrent les Libanais en termes de changement, sachant qu'aucune formation politique n'a, pour l'instant, proposé de plan concret pour régler les dossiers épineux ? L'Orient-Le Jour a interrogé six personnes d'horizons professionnels différents sur leurs attentes par rapport au futur gouvernement.

- Hayat Arslane, fondatrice du Comité pour la capacitation politique des femmes : « Je demande un gouvernement restreint et jeune dont la principale préoccupation sera la mise en place d'une nouvelle loi électorale proportionnelle. Pas besoin de se déchirer pour les ministères ; le mieux serait de ne pas dépasser 12 portefeuilles, répartis équitablement entre hommes et femmes. L'idéal serait de partir de la loi électorale proposée par Fouad Boutros et d'y apporter quelques changements. Le nouveau gouvernement restreint devra travailler 6 mois, pour garantir que les législatives auront lieu à temps (en juin prochain). Il faudra arriver à nommer au moins 35 % de femmes dans l'administration publique. Ces femmes devront être choisies pour leurs compétences et non pour leurs affiliations politiques. »

- Paul Abi Rached, écologiste, fondateur de Terre Liban et président du Mouvement écologique libanais : « Je pense qu'il faut d'abord décréter une situation d'urgence environnementale. Nous avons dépassé les lignes rouges en ce qui concerne l'état de l'eau, de la terre ou de l'air. Il faudra également redynamiser le rôle de la justice et des forces de sécurité pour ce qui est de la lutte contre les infractions environnementales. J'attends par ailleurs une nouvelle loi électorale qui permettra à de nouvelles personnes d'accéder au Parlement, et qui soient plus représentatives que la classe politique actuelle. Ceux qui sont aux commandes aujourd'hui sont des hommes d'affaires dont les intérêts vont à l'encontre de la préservation de l'environnement. Mais certains projets écologiques peuvent profiter à tout le monde au niveau financier, comme produire de l'électricité en utilisant l'énergie solaire. J'appelle à l'adoption d'une stratégie de développement durable. »

- Charif Majdalani, professeur d'université, écrivain : « Je ne m'attends à rien de la part du gouvernement, malheureusement. Je n'ai aucune confiance en la classe politique, je suis un peu pessimiste par rapport à la situation. La moindre action de la part des politiciens qui serait bénéfique pour le pays serait une incroyable surprise. »

- Sandra Khoury, journaliste : « Je ne m'attends à rien de spécial. Je n'ai plus aucun espoir en ce pays. Rien ne va changer puisque ce sont toujours les mêmes qui reviennent au pouvoir. Par contre, il y a une vraie crise des salaires, surtout dans le secteur des médias. Le gouvernement devrait se pencher sur les licenciements qui ont lieu dans ce secteur. Pour ce qui est de l'environnement, je n'ai plus trop d'espoir. Je ne vois pas de changement à l'horizon, mais j'espère que je me trompe. »

- Nancy Abi Younès, femme au foyer, diplômée en génie télécoms : « Pour moi, le plus important est qu'il y ait de la sécurité dans le pays. Il faut également une solution permanente aux problèmes environnementaux. Sur un autre plan, le gouvernement doit œuvrer pour la création d'emplois pour éviter l'émigration des jeunes. Nous devons arriver à dépasser le passage obligatoire par les pistons et trouver du travail plus facilement. Sur le plan social, il y a beaucoup de choses à faire. Les frais hospitaliers sont très élevés et un flou réel entoure les prises en charge de la Caisse nationale de Sécurité sociale et des assurances. Pourquoi pas aussi des allocations de maternité pour les femmes au foyer qui élèvent leurs enfants. Malheureusement, je pense que le changement est difficile à mettre en place parce qu'il faut d'abord un changement des mentalités. »

- Jacques Noun, étudiant en 4e année de droit : « Je ne pense plus beaucoup à la politique dernièrement. J'ai d'autres préoccupations, surtout par rapport à mes études. Je pense que si on veut s'occuper de politique, il faut y consacrer sa vie et je suis encore jeune. Mais j'attends tout de même du futur gouvernement qu'il mette fin à la crise des déchets. J'aimerais aussi qu'on se sente plus en sécurité au niveau de la santé publique, que le pays soit plus salubre, qu'on soit tranquille de ce côté-là. Je pense que si l'économie peut être relancée, cela pourrait aussi changer beaucoup de choses au niveau de la vie des gens. »

 

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