Walid Joumblatt a été reçu hier soir à la Maison du Centre par Saad Hariri, en présence de Marwan Hamadé et Ghattas Khoury. Photo Dalati et Nohra
Une configuration possible du prochain gouvernement de trente se présenterait comme suit : sur les quinze ministres de confession musulmane, six devraient relever du courant du Futur, dont le Premier ministre Saad Hariri. Celui-ci tendrait en outre à « céder » l'un de ses cinq portefeuilles au président de la République, en échange d'un ministre de confession chrétienne.
M. Hariri pourrait ainsi désigner Ghattas Khoury, et le président de la République le député Mohammad Safadi, apprend-on de source proche des négociations. Ce dont L'Orient-Le Jour a pu obtenir confirmation porte sur les noms des quatre ministres sunnites relevant du Premier ministre, qui a opté pour une représentativité sunnite par région, ce qui l'aurait « contraint à se limiter à un ministre par région », selon une source du courant du Futur, qui rapporte le vœu pieux de M. Hariri de nommer par exemple deux ministres pour Tripoli...
Ainsi, ces quatre ministères devraient être attribués respectivement au député Mouïn Meraabi pour le Akkar, l'ancien député Moustapha Allouche pour Tripoli (sachant que le nom du député Mohammad Kabbara avait été également envisagé), le député Jamal Jarrah pour la Békaa-Ouest, et le ministre sortant Nouhad Machnouk pour Beyrouth, qui garderait le portefeuille de l'Intérieur.
Des neuf ministères restants pour la confession musulmane, trois doivent relever de la communauté druze. Il est désormais acquis que deux ministères iront au camp joumblattiste (le député Marwan Hamadé – dont la désignation servirait à garder en éveil la mémoire du 14 Mars et de ses martyrs, en dépit du règne de la realpolitik – et l'ancien député Ayman Choucair) et un autre sera pris en charge par le député Talal Arslane. Il reste six ministères relevant de la communauté chiite, à répartir entre Amal et le Hezbollah.
Jusque-là, ce dernier avait mandaté le président de la Chambre pour les négociations sur la formation du cabinet et affirme se contenter d'une part ministérielle résiduelle. Toutefois, notre informateur rapporte un revirement de la position du parti chiite, qui aurait mis au point des demandes précises de trois portefeuilles, dont un au Parti syrien national social (qui répondrait de lui dans le prochain cabinet).
Ce qui laisse trois parts ministérielles à Amal : un portefeuille régalien, le ministère des Finances, auquel le ministre sortant Ali Hassan Khalil devrait être reconduit sur l'insistance de Nabih Berry, ainsi qu'un ministère de service et un ministère d'État, auxquels seraient désignés les députés Yassine Jaber et Ali Bazzi, apprend-on de source proche des négociations.
(Lire aussi : L'enjeu pour Hariri : éviter l'enlisement dans les marchandages)
Du côté des communautés chrétiennes, et de ses quinze portefeuilles (six aux maronites, quatre aux grecs-orthodoxes, deux aux grecs-catholiques, deux aux représentants de la communauté arménienne et un aux minorités), le schéma est moins clair, et les quotes-parts non encore définies.
Pour l'instant, les principales tractations se feraient sur les portefeuilles régaliens entre le président de la République et les Forces libanaises (FL). Le courant du Futur et Amal s'étant entendus à maintenir respectivement l'Intérieur et les Finances, Saad Hariri aurait confié au président Michel Aoun le soin de s'entendre avec les FL sur les deux portefeuilles régaliens restants, à savoir les Affaires étrangères et la Défense, attribués en principe à la confession chrétienne en vertu du principe de parité.
Des sources concordantes proches des négociations et favorables au compromis Aoun confirment à L'OLJ que la Défense irait au final aux FL et les AE au président de la République (c'est Élias Bou Saab qui serait pressenti à ce portefeuille, Gebran Bassil se réservant un ministère d'État aux Affaires présidentielles créé spécialement pour lui, qui lui permettrait de se retrouver en même temps au palais présidentiel et à la table du Conseil des ministres, en tant que bras droit du président). La question reste en tout cas de savoir quelle contrepartie le tandem chiite exigerait pour concéder, dans la première hypothèse, un portefeuille régalien aux FL.
Dans ce contexte, l'on s'interroge sur le nombre de portefeuilles que les FL pourraient obtenir en plus de la Défense : les plus optimistes projettent deux, voire trois ministères supplémentaires en leur faveur, tandis que les plus réalistes leur prévoient un seul ministère de plus. L'on notera que le chef des FL, Samir Geagea, entendrait choisir ses ministrables parmi ses partisans qui n'ont été ni ministres ni députés, avec l'intention d'inclure par ailleurs les noms « d'indépendants du 14 Mars ».
Une autre question se pose sur la double quote-part du président de la République et du bloc du Changement et de la Réforme. En sa qualité de président, le général Michel Aoun aurait réclamé dans un premier temps quatre ministères, et trois pour le bloc du Changement et de la Réforme, soit sept au total. Une double part jugée « irréaliste », en ce qu'elle « ne laisserait plus de place au sein du cabinet ni aux alliés du chef de l'État ni aux autres », confie une source proche des négociations, qui reconnaît néanmoins l'importance du bloc parlementaire du président qu'aucun de ses prédécesseurs ne détenait. Résultat : il semble, confie la même source, que la quote-part du président de la République compte au final deux ministères, et celle du Courant patriotique libre « trois ou quatre ».
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Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Il faut attendre fin 2017 pour constater que M. AOUN a placé les membres de sa famille aux postes clés. Je l'ai répété pendant toute l'année 2016. L'ineffable Gebran Bassil va superviser Hariri et rendre compte à Aoun et Aoun va rendre compte à Berry et Nasrallah.... Et pendant ce temps Hariri, passera son temps à tenter de faire fonctionner 30 ministres d'origines différentes et qui n'ont qu'un souci, protéger leur par de fromage. Et à la fin de la présidence de M. Aoun , tout le Liban sera sous contrôle du Hezbollah, donc de l'Iran.
16 h 07, le 10 novembre 2016