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Moyen Orient et Monde - Focus

« Ne vous repliez pas », lance Baghdadi aux jihadistes de Mossoul

Le chef de l'EI appelle pour la première fois, explicitement, à des attaques en Turquie.

Photo d’archives de juillet 2014 d’Abou Bakr al-Baghdadi, chef de l’État islamique, lors de la proclamation du « califat » à Mossoul. Capture d’écran/al-Furqan Media/AFP

Le chef du groupe État islamique, Abou Bakr al-Baghdadi, est sorti hier d'un an de silence pour exhorter ses troupes à lutter jusqu'au martyre pour défendre Mossoul face à l'offensive de plus en plus pressante des forces irakiennes.

« Ne vous repliez pas », lance une voix présentée comme étant celle de Baghdadi dans un message audio diffusé tard dans la nuit de mercredi à jeudi par al-Furqan, un média affilié à l'EI, alors que le dernier message du « calife » remonte à décembre 2015. Il promet « la victoire » alors que les jihadistes sont en grande difficulté dans ce bastion vers lequel convergent depuis le 17 octobre, et avec le soutien des frappes de la coalition internationale, plusieurs dizaines de milliers de soldats et de policiers des forces de sécurité fédérales irakiennes ainsi que des combattants de la région autonome du Kurdistan. « Tenir ses positions dans l'honneur est mille fois plus aisé que de se replier dans la honte », assène-t-il. Baghdadi lance cet appel à la discipline à « tous les habitants de Ninive », la province où se trouve Mossoul, la plus grande ville jamais conquise par l'EI. S'adressant aux sunnites d'Irak de manière plus générale, il affirme que les dirigeants irakiens les ont trahis et que les chiites en profitent pour prendre leurs territoires.

Il rend dans la foulée hommage aux différentes branches de l'EI dans le monde, comme celle de Syrte dont il vante la ténacité, et appelle les combattants de l'EI ne pouvant aller en Irak ou en Syrie à se rendre en Libye. Il appelle également à des attaques contre l'Arabie saoudite, ses forces de sécurité, ses responsables gouvernementaux.

Abou Bakr al-Baghdadi rend aussi hommage à deux personnalités du groupe tuées cette année, Abou Mohammad al-Adnani, porte-parole et chef militaire du groupe, et Abou Mohammad al-Fourqan, l'un des principaux responsables de la machine bien huilée de propagande de l'EI. La mort de ce dernier n'ayant été confirmée que le 11 octobre par l'EI, il semblerait donc que le message ait été enregistré après cette date, soit au cours des trois dernières semaines.

 

(Lire aussi : Les maîtres des guerres de Syrie et d'Irak)

 

Dissensions internes
Toutefois, durant les 31 minutes du message de Baghdadi, pas une seule fois n'est mentionné le nom de Mossoul, où il naît en 1971, et « capitale » de son califat depuis juin 2014. Il se contente de désigner la région par la « wilaya de Ninive ». Serait-ce intentionnel, dans un effort conscient de ne pas tout ramener à Mossoul ?
Plus encore, à deux reprises, il exhorte les émirs de l'EI à l'obéissance et leur demande de ne « pas se battre entre eux ». Cette insistance laisse entrevoir des dissensions internes, d'autant plus que des informations circulent ces dernières semaines sur la fuite de nombreux cadres de l'EI de Mossoul vers la Syrie, à mesure que la coalition irakienne et internationale s'approche de la ville. Un complot aurait également été déjoué quelques jours seulement avant le début de l'offensive, le 17 octobre ; plusieurs dizaines de cadres de l'EI, dont l'un des adjoints de Baghdadi, auraient été arrêtés sur ordre des instances jihadistes pour connivence avec l'ennemi et exécutés par noyade.

Pour le colonel américain John Dorrian, porte-parole de la coalition internationale, présent hier à Bagdad, plusieurs éléments du message audio indiquent que le chef de l'EI est en train de perdre le contrôle de ses troupes à Mossoul.

Autre élément qu'il est nécessaire de souligner : dans ce nouveau message, Baghdadi incite ses partisans pour la première fois, et de manière explicite, à attaquer la Turquie voisine, qui dispose de troupes stationnées dans le nord de la Syrie et en Irak, sur une base près de Mossoul, et veut jouer un rôle dans l'offensive sur la ville. « Comme la Turquie est entrée dans la zone de vos opérations, attaquez-la » et « vengez-vous », lance-t-il, dénonçant dans la foulée les « ennemis de l'islam », les « apostats » et les « hypocrites ». Il n'hésite pas non plus à affirmer que les Frères musulmans sont devenus le fer de lance des croisés pour combattre l'EI
.
C'est la première fois que le « calife » autoproclamé appelle officiellement ses partisans à attaquer la Turquie, point de passage crucial de combattants et où de nombreux attentats ont été attribués au groupe. Jusque-là, aucune de ces attaques – dont la responsabilité n'a pas été attribuée avec certitude au PKK kurde – n'avait été revendiquée. Très soucieux de son image, et donc de sa propagande, l'EI ne rate pourtant aucune occasion de se placer sur le devant de la scène après un attentat dont il est responsable, et ne met – généralement – que quelques heures pour le faire. Le silence du groupe pourrait être expliqué par, entre autres, le désir d'exploiter le conflit entre Ankara et les indépendantistes kurdes, qui seraient injustement désignés comme responsables, ainsi que par le fait d'avoir une niche conséquente de partisans turcs radicaux, qu'il ne voudrait pas s'aliéner. Il s'agirait aussi, selon certains observateurs comme le directeur de la CIA John Brennan, de mettre à mal le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui participe intensivement depuis juillet 2015 à la lutte contre le groupe.

 

 

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Le chef du groupe État islamique, Abou Bakr al-Baghdadi, est sorti hier d'un an de silence pour exhorter ses troupes à lutter jusqu'au martyre pour défendre Mossoul face à l'offensive de plus en plus pressante des forces irakiennes.« Ne vous repliez pas », lance une voix présentée comme étant celle de Baghdadi dans un message audio diffusé tard dans la nuit de mercredi à jeudi par...

commentaires (3)

Espérons que le chef du groupe État islamique, Abou Bakr al-Baghdadi soit un jour emprisonné et son royaume enfin démantelé.

Sabbagha Antoine

08 h 29, le 04 novembre 2016

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Commentaires (3)

  • Espérons que le chef du groupe État islamique, Abou Bakr al-Baghdadi soit un jour emprisonné et son royaume enfin démantelé.

    Sabbagha Antoine

    08 h 29, le 04 novembre 2016

  • JE REPETE QUE L,ANALYSE LAISSE PREVOIR UNE REDUCTION ET NON UNE ERADICATION A CE STADE AVEC UN REPLI SIGNIFICATIF DE L,E.I. SUR LA SYRIE... IL SERVIRA COMME CARTE DE MARCHANDAGE PAR LES UNS COMME PAR LES AUTRES ! QUELLES SORTES DE MARCHANDAGES ? CHANGEMENT DE REGIME PAR REFORMES EN SYRIE COMME EN IRAQ POUR LES UNS... DEMEMBREMENT DES DEUX PAYS POUR LES AUTRES... QUI SONT LES UNS ET QUI SONT LES AUTRES ? LES NOUVELLES DONNES NOUS LE DIRONT !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    07 h 53, le 04 novembre 2016

  • C'est l'histoire de Marcio dans les andes au Chili qui se retrouve coincé au bord d'un précipice. Il appelle à l'aide désespérément en demandant s'il y avait quelqu'un pour l'aider et subitement une voix venant d'on ne sait où lui dit : laisse toi tomber dans le vide mes anges viendront te sauver en plein vol. Marcio demande à cette voix qui parle ? C'est Dieu lui répond la voix. Alors Marcio se remet à appeler de plus belle en demandant : y a t il quelqu'un d'autre.????? .... Restez donc sur place les bactéries wahabites baghdadi vous demande de crever comme des vers de terre. Lui, vous sauvera. ..lol...

    FRIK-A-FRAK

    05 h 58, le 04 novembre 2016

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