Le président de la Chambre se serait vraisemblablement partagé, avec le Hezbollah, les rôles et les missions. Objectif : ne pas gaspiller inutilement leur énergie respective.
Il semblerait que l'heure de l'élection d'un nouveau président de la République, après plus de deux ans de vacance présidentielle forcée, approche à grands pas. De source informée, le service du protocole du palais de Baabda serait déjà en train de préparer l'arrivée de son nouveau locataire, le député Michel Aoun. Les cercles aounistes affirment à cet égard que la séance parlementaire électorale servira de tremplin vers une nouvelle page politique au Liban, raison pour laquelle M. Aoun aurait une préférence pour la tenue de la séance de prestation de serment immédiatement après la séance électorale.
Ce dernier estime en effet que la vacance a assez duré et que le temps n'est pas aux formalités protocolaires ronflantes. C'est pourquoi il envisage aussi d'écourter le temps imparti aux visites de félicitations postélection afin de plancher le plus rapidement possible sur les consultations ministérielles et la formation d'un nouveau gouvernement.
Sur ce point d'ailleurs, le président de la Chambre, Nabih Berry – actuellement en visite en Suisse – préfère ne pas trop se prononcer, laissant ainsi le champ libre à son allié, le Hezbollah. Le partage des rôles aurait été organisé de la sorte. D'une part au Hezbollah donc les tractations et les tiraillements politiques en vue de grappiller la part maximale au sein du gouvernement, et à Nabih Berry, d'autre part, le soin de surveiller comme le lait sur le feu la – très improbable – naissance de la future loi électorale qui régira les prochaines législatives.
(Lire aussi : Les alliances politiques traditionnelles sérieusement ébranlées)
C'est en tout cas ce qu'a pu laisser transparaître le discours prononcé en Suisse par le président de la Chambre lors d'un dîner organisé en son honneur à l'ambassade du Liban. Il a en effet plaidé pour une loi électorale « moderne » qui garantirait un semblant de parité hommes-femmes par le biais de la mise en place d'un quota féminin. Il a aussi envisagé une loi moins « confessionnelle » mais qui toutefois « préserverait les communautés religieuses ». À aucun moment dans son discours n'a-t-il abordé le dossier gouvernemental. Le Hezbollah devra donc se charger – en temps voulu – de faire connaître ses desiderata et ses conditions lors de la préparation de la déclaration ministérielle. Une façon comme une autre, selon les observateurs, de mettre des bâtons dans les roues du futur et potentiel nouveau cabinet présidé par Saad Hariri.
Une chose est toutefois certaine, les deux dossiers de la loi électorale et de la composition du cabinet ministériel sont aussi épineux l'un que l'autre. Ne serait-ce que pour la loi électorale, onze années sont passées sans que les parties qui composent – et se partagent – le pouvoir n'aient réussi à tomber d'accord sur une nouvelle loi électorale. Les juristes rappellent cependant dans ce contexte que l'absence d'une nouvelle loi ne signifie en rien le report des élections car le Liban a une loi électorale qui est toujours en vigueur – même si toutes les parties s'accordent à dire qu'elle est mauvaise, elle ne semble pas assez mauvaise pour les pousser à tomber d'accord sur une autre – à savoir la loi de 1960. Ils ajoutent que le fait pour les électeurs chrétiens de voter pour un candidat musulman et vice versa est l'un des ingrédients de la coexistence nationale et n'est pas en soi une mauvaise chose. Il faut noter que sur le plan politique, tant les forces du 14 Mars que celles du 8 Mars sont opposées à la prorogation pour une année supplémentaire du mandat du Parlement. Mais sur le plan législatif, l'échec de ces forces en présence à tomber d'accord sur un nouveau texte pendant 11 années consécutives met en doute leur capacité actuelle à enfin en adopter un en quelques mois.
Nabih Berry laisse donc la voie libre au Hezbollah pour ce qui est de la formation du gouvernement justement pour peser de tout son poids sur l'éventuelle nouvelle loi électorale sans gaspiller son énergie sur un autre dossier qui, lui, est moins important sur le plan politique.
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CHOU MAHDOUMIN ! LES ROLES ONT TOUJOURS UN STOP... ET LE FILM UNE FIN...
LA LIBRE EXPRESSION
14 h 04, le 27 octobre 2016