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Liban

Berry : « Le plus dur est à venir »

Présidentielle

Pendant que le président de la Chambre réaffirmait à Genève que l'élection d'un président « n'est pas suffisante », à Beyrouth les réunions en prévision de cette échéance se multipliaient. Le PSP s'oriente vers un vote en faveur de Michel Aoun.

26/10/2016

S'exprimant lors d'un dîner donné en son honneur par l'ambassadrice du Liban à l'Onu à Genève, Najla Assaker, lundi soir, en présence des députés Yassine Jaber, Bassem el-Chab et Gilberte Zouein, le président de la Chambre, Nabih Berry, a affirmé que l'élection d'un chef de l'État est « indispensable » mais « reste insuffisante ». Pour souligner la difficulté de la période qui suivra la réouverture du palais de Baabda devant le successeur de Michel Sleiman, il a employé le mot Jihad qui veut dire « guerre sainte » mais qui, dans ce contexte précis, signifie « un dur labeur ». Ce dur labeur s'exprime selon M. Berry, par les échéances auxquelles il faudra s'attaquer une fois le Liban doté d'un président, dans la mesure où elles requièrent toutes un consensus.

« Il y a d'abord la loi électorale qui devra être fondée sur la proportionnelle et juste pour les femmes. On va devoir déterminer un quota pour les femmes au Parlement. Ce texte doit nous permettre de franchir un pas en avant et d'atténuer le confessionnalisme tout en préservant les communautés religieuses, parce que le confessionnalisme est une chose et les confessions une tout autre », a expliqué M. Berry avant d'aborder les risques d'un débordement de la guerre en Syrie ainsi que la nécessité d'une redynamisation des institutions « que nous avions nous-mêmes paralysées ».

Pas un mot cependant sur le gouvernement dont la mise en place représente pourtant la principale échéance postélectorale et, surtout, un premier test pour les nouvelles alliances qui ont émergé à la faveur des tractations pour le déblocage de la présidentielle. Selon des sources fiables, les contacts ont déjà commencé en coulisses au sujet de la composition de la nouvelle équipe gouvernementale, parallèlement à ceux qui sont entrepris afin d'assurer le succès de la réunion parlementaire du 31 octobre.

 

(Lire aussi : Les alliances politiques traditionnelles sérieusement ébranlées)

 

On sait que celle-ci ne sera pas reportée, mais la majorité requise pour élire un président fait toujours l'objet d'un débat qui devrait être réglé avec le retour de M. Berry, vendredi de Genève. Les avis restent diamétralement opposés sur ce point entre le bloc du Changement et de la Réforme, et celui de Nabih Berry. Au terme de la réunion hebdomadaire de Rabieh, le député Ibrahim Kanaan a sans ambages souligné que « le premier tour de vote a eu lieu il y a deux ans », lorsque, avant la fin du mandat Sleiman, le Parlement avait tenu une réunion, en avril 2014, sans réussir à élire un président au premier tour. Un second tour n'a pas pu se tenir, des députés ayant quitté la salle et provoquant un défaut de quorum. Selon M. Kanaan, Michel Aoun a donc besoin de 65 voix (la majorité absolue) pour accéder au palais de Baabda, au moment où Nabih Berry avance le chiffre de 86, soit la majorité des deux tiers, requise au premier tour.

Au sein du bloc Berry, on se refusait hier à tout commentaire sur ce point, en faisant état d'une décision prise « à haut niveau de ne pas aborder des questions politiques ». Avec le retour du président de la Chambre, les concertations devraient cependant s'intensifier afin d'assurer un passage en douceur vers la réunion du 31 octobre. Dans les milieux aounistes, on propose même la tenue d'une séance du dialogue national afin de régler, une fois pour toutes, les sujets litigieux.

D'ici là, le chef du bloc du Changement et de la Réforme poursuivra sa tournée auprès des leaders politiques. Il est attendu sous peu à Clemenceau pour un entretien avec le chef du PSP, Walid Joumblatt. Le directoire de ce parti s'est réuni hier en fin d'après-midi pour discuter de la présidentielle. Il y a quelques jours, le bloc parlementaire de M. Joumblatt avait tenu une réunion similaire. Selon une source du PSP interrogée par L'Orient-Le Jour, « le parti n'a toujours pas pris de décision quant au vote, mais il est favorable à tout compromis de nature à débloquer la présidentielle ».

Cela signifie en pratique que les députés joumblattistes, ou du moins la majorité d'entre eux, voteront pour Michel Aoun. Tard en soirée, M. Joumblatt devait d'ailleurs écrire sur son compte Twitter: « Quelles que soient les objections, ce sont le sacrifice et les compromis pour l'avenir qui restent les plus importants. »
Selon la source du PSP, le bloc de M. Joumblatt tiendra une seconde réunion dans les jours à venir et son chef est supposé s'entretenir avec le président de la Chambre à son retour de Genève avant d'annoncer sa décision définitive. De même source, on laisse entendre dans le même temps que tout le bloc ne votera pas forcément pour le fondateur du CPL.

Si l'élection de Michel Aoun semble acquise, le nombre de voix qu'il obtiendra reste ainsi aléatoire. Certains vont même jusqu'à relever que les partis qui ont fini par se rallier à l'initiative du chef du courant du Futur, Saad Hariri, feront en sorte de lui donner le nombre de voix juste nécessaire à son élection, en le privant d'une majorité confortable à laquelle il aspire. L'un des objectifs de la tournée effectuée par le CPL auprès des différents leaderships politiques est justement d'inverser cette tendance. Hier, une délégation de ce courant, composée du ministre Élias Bou Saab et des députés Nabil Nicolas et Hekmat Dib, s'est rendue auprès des deux députés baaasistes, Assem Kanso et Qassem Hachem, favorables comme on le sait à la candidature du chef des Marada, Sleiman Frangié. Selon M. Nicolas, les deux parlementaires « prendront leur décision en temps opportun, après des concertations au niveau du parti ». Parallèlement, une délégation du PSNS – également favorable à Sleiman Frangié –, conduite par Ali Kanso, discutait de l'échéance présidentielle avec le numéro 2 du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, sans se prononcer au sujet de ses intentions de vote.

 

 

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Gebran Eid

" QUELLE ÉPOQUE TERRIBLE QUE CELLE OÙ DES IDIOTS DIRIGENT DES AVEUGLES "

LA TABLE RONDE

Berry peut être rusé comme un renard à l'affut , il peut être sanguinaire comme un requin , roué comme un caméléon , mais il ne pourra pas échapper au cours de l'histoire qui s'écrit sous nos yeux .

Celle qui débarrassera le Liban de cette engeance ou clique qui devra débarrasser le plancher des vaches .

Berry mon ami , tu as fait ton temps et tu vas devoir laisser la place en compagnie de tous tes semblables , les Joumblatt, Gemayel hariri etc...
Un Liban nouveau sous la houlette de l'alliance CPL/HEZB RESISTANT EST EN ROUTE .

Henrik Yowakim

Berry : « Le plus dur est à venir »

SUREMENT DURDUR POUR LES MOUS NAIFS DE GAGAS QUI RETROUVERONT LEUR CELLULE A YARZE ETET DE HARAKIRIS A PARIS AVEC DE NOUVOS TICKETS ALLER SIMPLE

MAIS SURTOUT POIUR LES COMMUNAUTEES SUNNITES ET CHRETIENNES VICTIMES DE CHEFS DE FILE CAMOUFLANT LEUR LACHETEE EN MODERATION ET LEUR OPPORTUNISME EN SACRIFICE

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE PLUS DUR VA VENIR DIT LE PARAVENT EXCLUSIF ET ETERNELLEMENT CHAMBRIOTE...
- CE QUE JE DISAIS HIER... VACANCE PRESIDENTIELLE AVEC UN SIMULACRE DE GOUVERNEMENT CA ALLAIT UN PEU QUAND MEME ! PRESIDENT AVEC VACANCE GOUVERNEMENTALE CA N,IRA PAS DU TOUT ! CE SERA LE CHAOS...
- ET LES DIVINS TABLENT MAINTENANT SUR CA POUR ETALER LEURS SALLETS AVEC LEURS CONDITIONS OU ULTIMATUMS...
- HARIRI ET HAKIM... QU,EN EST-IL ? QU,AVEZ-VOUS GARANTI ? DU TITI... TITI ?
- L,ATTITUDE DU TANDEM DIVIN D,ANTI PRESIDENT CHRETIEN VA DEVENIR ANTI P.M. SUNNITE ET LES JOURS HONNIS POINTERAIENT A L,HORIZON...

George Khoury

y'en a qui vont aller a ce vote la mort dans l'ame...mais c'est leur devoir et fallait y aller y'a 2ans et 6 mois

Bibette

Ils ont tous la collectionite: les immeubles, pour la femme de Berry et lui les annees de presidence du parlement! le comble c'est qu'ils se croient indispensables et en sont fiers! ma traduction de Ya tehtiiiry! c'est ma quotation:"Le comble de la misere d'un peuple c'est l'ignorance de ses gouverneurs"

yves kerlidou

le vide constitutionnel sur le nombre de vote pour la majorité présidentielle est significatif de l'état des responsables politiques

M.V.

Combien de mandats inutiles ...? combien d'auto - prorogations...? combien de nuisances ..? dans cette république bananière...

Yves Prevost

La nouvelle loi électorale"devra être fondée sur la proportionnelle". On se demande bien pourquoi cette obligation! Ce système est, pour le Liban, le pire qui soit car il ôte toute chance aux candidats indépendants et permet donc la perpétuation de la classe politique.

Gebran Eid

OÙ EST CE QU'ILS CHERCHENT TOUT CET ARGENT POUR TOUS CES VOYAGES À L'ÉTRANGER CES GENS LÀ ? TILDA ABOU RIZK EST FIÈRE DE NOUS BALANCER EN VISAGE CETTE PHOTO DE CE REQUINS SOURIANT. BAAAA

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