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Moyen Orient et Monde - Yémen

Saleh appelle à la mobilisation à la frontière saoudienne

Riyad de nouveau sur la sellette après un bain de sang à Sanaa qui a fait 140 morts.

Le raid de la coalition arabe antihouthis contre une cérémonie funéraire à Sanaa aurait fait au moins 140 tués. Khaled Abdullah/Reuters

L'ex-président du Yémen Ali Abdallah Saleh, allié aux rebelles chiites houthis, a appelé hier à la mobilisation à la frontière avec l'Arabie saoudite pour « venger » les victimes des attaques de la coalition militaire arabe, dirigée par Riyad et qui soutient les forces loyalistes.
« J'appelle les forces armées et les comités populaires (milices rebelles) à se rendre sur le front de guerre à la frontière pour venger nos victimes », a déclaré M. Saleh dans une allocution télévisée, au lendemain de la mort de 140 personnes dans des frappes aériennes de la coalition sur la capitale Sanaa, contrôlée par les rebelles. Parlant sur un ton particulièrement belliqueux à l'égard du régime saoudien, son ancien allié qu'il qualifie aujourd'hui de « réactionnaire » et « rétrograde », l'ancien chef d'État a exhorté ses compatriotes à « affronter cette flagrante agression tyrannique par tous les moyens ».
M. Saleh, qui reste influent dans son pays quatre ans après son départ du pouvoir sous la pression de la rue, a appelé le Conseil de sécurité de l'Onu à « prendre des décisions contraignantes pour mettre fin à cette agression barbare des al-Saoud (la famille régnante en Arabie) et de leurs alliés ». En outre, des milliers de personnes ont manifesté hier à Sanaa contre l'Arabie saoudite et la famille Saoud. « Après ce massacre, nous sommes plus déterminés à affronter les agresseurs, a martelé un haut responsable des rebelles, Mohammad Ali al-Houthi. Ouvrez les fronts avec l'ennemi saoudien ! »

Enquête
Samedi, plus de 140 personnes ont été tuées et 525 autres blessées dans des raids aériens, attribués à la coalition arabe, contre une cérémonie funéraire à Sanaa.
Les blessés admis dans des hôpitaux de la capitale ont raconté hier leur calvaire vécu durant les raids. « Le plafond de la salle où j'étais s'est effondré sous l'effet d'une frappe. Un deuxième missile a suivi et j'ai perdu conscience », a déclaré hier Radhouane al-Fizaï. Ce jeune garde du corps de 24 ans, blessé et admis à l'hôpital al-Joumhouri, a raconté qu'à son réveil, il a constaté les dégâts avec les cadavres qui jonchaient le sol. « Certains étaient totalement carbonisés. » Parmi les victimes figurent des personnalités politiques, des responsables militaires et de nombreux civils.
La coalition militaire arabe au Yémen, conduite par l'Arabie saoudite, a nié dans un premier temps toute implication dans les raids, avant de publier un communiqué dans la nuit annonçant une enquête « immédiate » à laquelle « la partie américaine » pourrait être associée.
Selon l'experte April Alley de l'International Crisis Group, « l'attaque semble avoir tué un certain nombre de personnalités politiques et d'officiers militaires du Nord qui œuvraient à un règlement politique ». Pour cette spécialiste, l'attaque « a presque certainement anéanti tout espoir de cessez-le-feu », évoqué vendredi par le médiateur de l'Onu pour le Yémen, et elle « aura des conséquences à plus long terme » sur les possibilités d'un « plan de paix viable ».
Mais la guerre continue, les rebelles ayant fait état de nouveaux raids aériens hier autour de Sanaa, alors que les forces progouvernementales ont annoncé l'interception d'un missile balistique. Ce missile avait été tiré dans l'après-midi en direction de Marib, une grande ville à l'est de Sanaa, où se déroulaient les obsèques d'un haut gradé de l'armée tué vendredi, a indiqué à l'AFP une source militaire. L'objectif de la coalition arabe est de rétablir l'autorité du gouvernement reconnu par la communauté internationale sur l'ensemble du Yémen, en partie contrôlé par les houthis, rebelles issus de l'importante minorité zaïdite concentrée dans le nord du pays et qui se sont emparés de Sanaa il y a deux ans.

Condamnations
Côté réactions, le bain de sang a été dénoncé par Washington, Paris, Londres, Téhéran, Damas et les Nations unies. L'Iran, qui soutient les houthis, a vivement réagi, le ministère des Affaires étrangères « condamnant fermement les frappes » saoudiennes qu'il a qualifiées de « crime épouvantable contre l'humanité ».
Le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon a « condamné » l'attaque « absolument inacceptable », qui « serait » le résultat de « frappes aériennes par la coalition ». Il a exigé « une enquête rapide et impartiale ».

(Source : AFP)

L'ex-président du Yémen Ali Abdallah Saleh, allié aux rebelles chiites houthis, a appelé hier à la mobilisation à la frontière avec l'Arabie saoudite pour « venger » les victimes des attaques de la coalition militaire arabe, dirigée par Riyad et qui soutient les forces loyalistes.« J'appelle les forces armées et les comités populaires (milices rebelles) à se rendre sur le front...
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les réactions des pays occidentaux et de l'onu sont hypocrites

Talaat Dominique

19 h 40, le 10 octobre 2016

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  • les réactions des pays occidentaux et de l'onu sont hypocrites

    Talaat Dominique

    19 h 40, le 10 octobre 2016

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