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Liban - Exécutif

Un Conseil des ministres se tiendra demain en dépit de l’attentisme aouniste

À l'ordre du jour, des clauses permettant l'expédition des affaires courantes des citoyens et des administrations.

Après le report, jeudi dernier, du passage à la retraite du commandant en chef de l'armée, le général Jean Kahwagi, et la nomination, le lendemain, du général Hatem Mallak chef d'état-major de l'armée, le Conseil des ministres tiendra demain jeudi une séance, la première depuis plus de trois semaines. La paralysie du Conseil des ministres était due au boycott des ministres du bloc du Changement et de la Réforme (Gebran Bassil, Élias Bou Saab et Arthur Nazarian), en raison de leur opposition à la reconduction du mandat du général Kahwagi. La formation de Michel Aoun a même été jusqu'à remettre en question « la conformité du Conseil des ministres au pacte national », en l'absence de « la composante chrétienne ».

Après avoir longuement attendu l'issue d'une série de contacts politiques menés en vue de convaincre le bloc ministériel aouniste de ne plus boycotter les séances gouvernementales, le Premier ministre, Tammam Salam, a convoqué le cabinet à une réunion qui se tiendra demain pour poursuivre la discussion de l'ordre du jour, suspendu depuis la dernière séance gouvernementale tenue le 8 septembre.

Des sources proches de M. Salam ont indiqué hier à L'Orient-Le Jour que « l'ordre du jour de la séance comprend des clauses permettant d'expédier les affaires courantes des administrations publiques et des citoyens ». « Le Premier ministre n'aurait pas convoqué la séance s'il n'était pas sûr que l'atmosphère politique du pays était propice », ajoute-t-on de mêmes sources.

 

(Lire aussi : Avec l'échec de l'option Aoun, un plan B s'impose)

 

« Les interrogations » de Aoun
De son côté, le Courant patriotique libre semble ne pas avoir pris de décision concernant la réunion ministérielle de demain. De sources sûres au sein du CPL, on apprend que le bloc parlementaire du député Michel Aoun ne veut pas s'exprimer sur sa participation au prochain Conseil, la formation n'ayant pas encore définit sa position.

D'autres sources proches du courant aouniste vont, pour leur part, jusqu'à lier la participation de leur formation à la séance de jeudi aux contacts menés par le chef du courant du Futur, le député et ancien Premier ministre Saad Hariri. Selon ces sources, « après les contacts de M. Hariri, et les prises de position de Nabih Berry portant notamment sur la nécessité de voter un package deal avant l'élection du futur chef de l'État, nombreuses sont les interrogations du général Aoun concernant l'appui du Hezbollah à sa candidature à la présidence de la République ». « Le député du Kesrouan prendra une position ferme à l'égard du Hezbollah s'il participe à la séance gouvernementale », ajoutent ces mêmes sources.

 

(Lire aussi : Pour Bkerké, pas de marche arrière sur les principes)

 

Le Hezbollah « au pied du mur »
En ce qui concerne le Hezbollah, qui avait boycotté la dernière séance gouvernementale « en guise de solidarité avec le CPL », il n'est pas tout à fait sûr qu'il prendra la même position demain. Des sources bien informées indiquent à ce sujet à L'OLJ que le parti chiite prendra sa décision finale en fonction de la position aouniste et de celle du président de la Chambre.

Dans les mêmes milieux, on estime que « le Hezbollah est aujourd'hui au pied du mur entre ses deux alliés (MM. Aoun et Berry) ». « Si le parti de Hassan Nasrallah boycotte la séance gouvernementale en invoquant la solidarité avec le courant aouniste, il risque de perdre un allié important comme le président de la Chambre », indique-t-on, avant de poursuivre : « De même, s'il participe au Conseil des ministres, le Hezbollah créera une tension avec Rabieh. » « Ce tableau explique largement la recherche d'une solution médiane axée sur l'absence des ministres du Hezbollah, du CPL et des Marada » (sachant que le ministre de la Culture, Rony Arayji a affirmé à plusieurs reprises sa participation à la prochaine séance gouvernementale), ont estimé les sources précitées.

Joint par L'OLJ, le ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas, a confirmé la tenue d'une séance du Conseil des ministres demain. « La convocation à cette réunion du cabinet après une longue absence s'inscrit dans le cadre de la stratégie prudente de Tammam Salam qui ne veut défier personne », souligne-t-il.
Commentant un éventuel boycott aouniste, M. Derbas a affirmé ne pas être informé « d'un compromis à même de satisfaire le parti présidé par Gebran Bassil ». « Nous n'avons même pas pu savoir les raisons de ce boycottage «, indique-t-il, avant de rappeler que « le nouveau commandant en chef de l'armée n'a pas été désigné faute de quorum (au Conseil des ministres) à cause du boycott (des ministres CPL), sachant que même leurs alliés ne les ont pas soutenus dans leur demande de nommer un successeur au général Kahwagi ». « Il ne faut pas "sanctionner" le gouvernement dans son ensemble à cause d'une telle position », a encore dit Rachid Derbas.

 

Un débat autour du gouvernement
Interrogé à son tour par L'OLJ, le ministre du Tourisme, Michel Pharaon, a réitéré son refus de voir le gouvernement prendre des décisions tributaires d'un décret qui devrait être signé par le président de la République. « Je participerai à la séance, mais je me retirerai si les ministres discutent d'un dossier exigeant la présence du chef de l'État », affirme-t-il. M. Pharaon ne manque pas de rappeler « certains principes définis par le Premier ministre lui-même, et que toutes les composantes gouvernementales ont acceptés, ce qui impose leur respect ».

« Je veux la meilleure solution permettant le maintien du gouvernement, à l'ombre de la vacance présidentielle, et je demande un débat autour du gouvernement à l'ombre d'un boycott », déclare le ministre du Tourisme, estimant que « les circonstances actuelles permettent d'ajourner les séances gouvernementales, tout comme elles l'ont été l'année dernière, sous l'effet de l'absence aouniste ».

La séance du Conseil des ministres prévue demain était également au centre des discussions entre Tammam Salam et le ministre des Télécoms, Boutros Harb. À l'issue de l'entretien, M. Harb a estimé que « le blocage du Conseil des ministres est une atteinte aux intérêts du peuple et à ses droits ». « Soit le gouvernement se met au travail, soit il devrait s'en aller », a lancé le ministre des Télécoms.

 

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