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Liban - Éclairage

Pour Bkerké, pas de marche arrière sur les principes

« Fin de la complaisance, début d'une convivialité plus lucide, plus exigeante, voire plus musclée » : c'est ainsi que certains observateurs de la scène locale résument l'étape politique engagée par le patriarche Béchara Raï, avec sa déclaration en lame de rasoir, tranchante, presque chirurgicale. Une déclaration dans laquelle il considère engagée rien moins que « la dignité » du futur président dont il souhaite l'élection sans conditions préalables, telles que les textes constitutionnels la prévoient.

« Le patriarche est convaincu de ce qu'il dit et ne pense pas être allé trop loin », assure une source ecclésiastique proche du dossier. Bien sûr, on a souhaité de source politique que certains termes soient « adoucis » dans le communiqué mensuel de l'Assemblée des évêques maronites qui se réunit aujourd'hui. Et de pointer, sans le nommer, aux visites effectuées hier à Bkerké, avec mention spéciale au ministre de l'Agriculture, Akram Chehayeb, un homme qui a probablement parlé d'autre chose que de pomme au cours de son entretien avec le patriarche.

« Nous sommes à l'heure de vérité, un point de non-retour a été atteint, assène la source précitée. Si la coupe n'avait pas débordé, le patriarche n'aurait pas été aussi loin. » C'est en tout cas là « le climat » dans lequel s'écrivait hier le brouillon du communiqué mensuel des évêques maronites, qui est finalisé en séance.
Ce qui, selon un observateur politique, n'exempte pas Michel Aoun de toute responsabilité dans le fait que la situation en soit arrivée là. Et l'homme de rappeler que le patriarche n'a cessé d'appeler ce dernier à ne plus boycotter les sessions électorales présidentielles ; qu'il a dénoncé il n'y a pas longtemps, en termes généraux, l'« inféodation » des candidats à la présidentielle à des puissances régionales ; enfin qu'il n'a pas hésité, dans son dernier ouvrage d'entretiens, Au cœur du chaos, à dénoncer son « aventurisme ».
« Mais de là à enfreindre la Constitution et à se plier aux desiderata de Nabih Berry, il y a loin ! » conclut-il.

 

(Lire aussi : Avec l'échec de l'option Aoun, un plan B s'impose)

 

Dans les milieux politiques, on ne manque pas de souligner que la petite phrase du patriarche Raï profite à Saad Hariri, qui se trouve soudainement exonéré de la responsabilité du blocage du processus présidentiel que Nabih Berry et Hassan Nasrallah tentaient de lui faire endosser. La balle est désormais dans le camp de Nabih Berry, estime-t-on dans ces milieux. Une balle que, dans une déclaration au quotidien as-Safir, M. Berry a tenté de relancer hier dans le camp du chef du courant du Futur, en réaffirmant que la clé de la crise réside non pas à Moscou ni a fortiori à Téhéran et Damas, mais à Riyad.

« Ce que le "package deal" de Nabih Berry trahit, ce n'est pas seulement le "chiisme politique" qui veut faire du Liban un chaînon de l'axe syro-iranien, assure un familier du patriarcat, mais une dérive typique des régimes arabes théocratiques ou dictatoriaux. Et ce que le patriarche défend, c'est non seulement la démocratie, mais l'idée de démocratie dont la base est l'alternance au pouvoir et le scrutin populaire. »
Et la source citée d'enchaîner en affirmant en substance que les chrétiens du Liban ont, à deux reprises, à Taëf, puis à Doha, consciemment accepté de « perdre » quelque chose de leur part au pouvoir, au nom de la consolidation de la paix civile, mais que le temps est venu de mettre un terme à ce qui peut devenir un chantage, d'autant qu'on ignore ce que contient ce « package deal » et la durée de sa mise en application, alors que la situation sociale continue de se dégrader.

Cette dégradation commence même à inquiéter les milieux économiques, enchaîne la source citée, et la priorité pour la population ce ne sont plus les discussions byzantines sur l'équilibre du pouvoir, aussi précieux fut-il, mais une relance économique susceptible d'avoir des retombées sur son niveau de vie.
« L'impression que l'homme de la rue tire de ce qui se passe, c'est que ni le Hezbollah ni le mouvement Amal ne veulent vraiment d'une élection présidentielle ; qu'ils ne veulent pas d'un État libanais, à moins que ce soit le leur », n'a pas hésité à enchaîner la source en question, qui réfute l'accusation selon laquelle la petite phrase du patriarche « attise le sentiment confessionnel » lancé par M. Berry.

« Le patriarche a parlé de dignité, précise cette source, et la dignité n'est pas propre à une communauté. Cette prise de position est venue après que le chef de l'Église maronite eut pris son mal en patience trois années durant ; après qu'il ait inlassablement appelé le CPL et le Hezbollah à cesser de boycotter les séances de vote présidentielle (sachant que de la part du Hezbollah, c'était un manquement grave, presque une atteinte, aux fondements du pacte, puisqu'une composante musulmane bloquait une échéance chrétienne) et adressé une mise en garde après l'autre à toute la classe politique. »
Et l'homme de conclure en appelant « à conforter sans hésitation le patriarche dans ses positions », et en souhaitant « qu'aucune nuance n'atténue la rigueur dont il a fait preuve dimanche ». « Il ne faut surtout pas qu'il fasse marche arrière, il y va de notre présence et de l'avenir de nos enfants », a-t-il dit, dans un sentiment d'urgence finale.

À contre-courant de cet appui inconditionnel, une source profondément engagée dans le dialogue interreligieux met en garde contre « une bataille livrée à reculons, le dos au mur » que Bkerké livrerait à la classe politique.
« Le Liban est aujourd'hui un peu comme l'homme malade qu'était l'Empire ottoman, à la veille de son démembrement ; est-ce que c'est ce que nous voulons ? » avertit cette source, qui croit qu'il existe « entre la mort lente et la soumission, une troisième voie, celle qui consiste à réveiller l'extraordinaire résilience du peuple libanais dans sa volonté de vivre ensemble et de faire échec aussi bien au terrorisme qu'au confessionnalisme ». « Cette responsabilité, a-t-il conclu, est également partagée par tous. »

 

 

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« Fin de la complaisance, début d'une convivialité plus lucide, plus exigeante, voire plus musclée » : c'est ainsi que certains observateurs de la scène locale résument l'étape politique engagée par le patriarche Béchara Raï, avec sa déclaration en lame de rasoir, tranchante, presque chirurgicale. Une déclaration dans laquelle il considère engagée rien moins que « la dignité » du futur président dont il souhaite l'élection sans conditions préalables, telles que les textes constitutionnels la prévoient.
« Le patriarche est convaincu de ce qu'il dit et ne pense pas être allé trop loin », assure une source ecclésiastique proche du dossier. Bien sûr, on a souhaité de source politique que certains termes soient « adoucis » dans le communiqué mensuel de l'Assemblée des évêques maronites qui se...
commentaires (6)

BAKHACHOU LON SALLET EL TINE... WIL TINE WA2A3 3AL ARD... ! ET ILS DISTRIBUAIENT DES PATISSERIES, AYANT MAL INTERPRETE LE REJET...

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

15 h 23, le 06 octobre 2016

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Commentaires (6)

  • BAKHACHOU LON SALLET EL TINE... WIL TINE WA2A3 3AL ARD... ! ET ILS DISTRIBUAIENT DES PATISSERIES, AYANT MAL INTERPRETE LE REJET...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    15 h 23, le 06 octobre 2016

  • bravo aux prêtres au moins la on vous reconnaît !!!

    Bery tus

    19 h 03, le 05 octobre 2016

  • C'est pas pour dire , mais parfois on recule pour mieux sauter .....

    FRIK-A-FRAK

    15 h 46, le 05 octobre 2016

  • Le sempiternel président du Parlement, Nabih Berri, ne veut plus faire la colombe de la paix, il commence une nouvelle carrière, celle du loup du Petit Chaperon rouge... La hache de guerre ou tomahawk remplace désormais le calumet de la paix. Attention les gars !

    Annie

    13 h 52, le 05 octobre 2016

  • Il était temps qu'une mouche les piquent. Dans ces conditions, j'aurais déjà mis la pression sur les chiites en mettant en marche la législation concernant le cas de Lhassa et autres propriétés occupées par Amal et le Hezbollah.

    Pierre Hadjigeorgiou

    11 h 04, le 05 octobre 2016

  • PAS DE LEST ! GARE AUX HESITATIONS !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 09, le 05 octobre 2016

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