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Économie

Mobilisation syndicale pour une hausse des salaires

Compte-rendu

Des centaines de manifestants se sont réunis hier au centre-ville de Beyrouth pour réclamer la revalorisation des salaires dans les secteurs privé et public et dénoncer l'inaction politique générale.

K.O. | OLJ
28/09/2016

Environ 200 salariés des secteurs public et privé – selon les organisateurs – et une quinzaine d'organisations syndicales ont manifesté hier après-midi, place Riad el-Solh, pour réclamer une amélioration générale des conditions de vie.
Réunis à l'appel de l'Union nationale des syndicats des travailleurs (Fenasol) et du Rassemblement syndical élargi, qui regroupe de nombreuses organisations représentant les employés et fonctionnaires dans l'éducation ou les transports, les manifestants ont notamment demandé une revalorisation des salaires dans les secteurs privé et public.

Hausse du salaire minimum
Le Fenasol demande notamment l'application de la loi du 16 mai 1967 par laquelle le Parlement délègue au gouvernement le droit de fixer le salaire minimum, lui imposant, par exemple, de le réviser « tous les deux ans au moins », selon le syndicat. « Nous demandons à ce que le salaire minimum soit relevé à 1,2 million de livres (800 dollars, soit une hausse de 77,7 %, NDLR), surtout en raison du niveau de l'inflation et la cherté de la vie », a dit à L'Orient-Le Jour le président du Fenasol, Castro Abdallah. « Il est clair qu'une augmentation du salaire minimum est nécessaire, mais il est préférable que ce soit le comité de l'indice des prix (un organe consultatif syndicats et organisations patronales) qui le fixe, en fonction des capacités du pays et des besoins des citoyens », a pour sa part proposé Yasser Nehmé, président du Rassemblement syndical élargi.
La dernière hausse du salaire minimum a été entérinée en 2012 par l'ancien ministre du Travail, Charbel Nahas, qui l'avait augmenté de 37 %, à 675 000 livres (450 dollars), tandis que l'inflation a de son côté augmenté de 7 % en 4 ans, selon l'Administration centrale de la statistique.
Le 9 août, le ministre du Travail, Sejaan Azzi, avait réuni le comité de l'indice des prix – afin de discuter la possibilité de relever le salaire minimum à 1,2 million de livres avant d'y renoncer face à l'opposition du patronat. La composition du comité de l'indice des prix est contestée par les syndicats participants à la manifestation d'hier, car, selon M. Nehmé, celui-ci devrait « inclure davantage de représentants des salariés. » Si le principal syndicat du pays, la Confédération générale des travailleurs libanais (CGTL, non présente à la manifestation), a bien participé à la dernière réunion du comité de l'indice des prix, d'autres comme le Fenasol ou encore le Comité de coordination syndical n'y ont pas assisté.
Les manifestants ont demandé par ailleurs « l'annulation » de la décision du Conseil des ministres (n° 3791, datant de début juillet) de ramener le salaire minimum journalier de 30 000 livres par jour (20 dollars) à 26 000 livres (17 dollars). Pour rappel, le Fenasol avait déposé le 2 septembre un recours en annulation de cette décision devant le Conseil d'État, en collaboration avec le mouvement « Citoyens et citoyennes dans un État » et l'ONG Legal Agenda.
M. Abdallah a également insisté sur la nécessité d'adopter la nouvelle grille des salaires des agents du secteur public. « Le Conseil des ministres l'a déjà approuvée en 2013, mais elle n'a toujours pas été votée au Parlement, qui de par sa paralysie pénalise les fonctionnaires. Nous demandons à ce que la grille soit inscrite à l'agenda de la prochaine session ordinaire de la mi-octobre », a martelé M. Abdallah.
Les différents organismes syndicaux se sont aussi élevés contre « la dilapidation des fonds publics, la corruption, l'absence de transparence dans la gestion et l'attribution des appels d'offres comme celui des parkings de l'aéroport, ou encore celui des centres d'inspection mécanique », a énuméré M. Nehmé.
Plus généralement, les manifestants ont réclamé « un retour à une vie publique respectant les principes constitutionnels à travers l'élection d'un président de la République. » Le président du Comité de coordination syndical, Nehmé Mahfoud, a ainsi appelé les manifestants « à être au rendez-vous lors du prochain rassemblement, qui sera programmé à la seconde moitié du mois d'octobre, au moment où se tiendra la session ordinaire du Parlement ».

K.O.

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