L'ex-président ultraconservateur iranien Mahmoud Ahmadinejad (à d) devrait renoncer à être candidat à la présidentielle de mai 2017, après des propos publics du guide suprême Ali Khamenei (au centre) qui ne l'y encouragent pas. REUTERS/Raheb Homavandi/File Photo
L'ex-président ultraconservateur iranien Mahmoud Ahmadinejad devrait renoncer à être candidat à la présidentielle de mai 2017, après des propos publics du guide suprême Ali Khamenei qui ne l'y encouragent pas, a estimé lundi le camp conservateur.
"Un certain monsieur est venu me voir: pour son propre intérêt et pour l'intérêt du pays, je ne lui ai pas dit de ne pas participer (à la présidentielle), mais que ce n'était pas dans l'intérêt du pays", a déclaré l'ayatollah Ali Khamenei sans jamais nommer M. Ahmadinejad. "Cela provoquerait une bipolarisation nocive pour le pays", a-t-il affirmé selon son site officiel, ajoutant: "Aujourd'hui le pays a besoin d'unité, en particulier des forces croyantes et révolutionnaires". L'ayatollah Khamenei a le dernier mot dans les grandes affaires du pays, tant nationales qu'internationales et ses consignes sont respectées.
L'intéressé n'a pas fait d'annonce officielle quant à une éventuelle candidature mais, dans plusieurs discours prononcés ces derniers mois, il a laissé entendre qu'il souhaitait faire son retour en politique. Certains considèrent que Mahmoud Ahmadinejad pourrait être le meilleur espoir des conservateurs de revenir sur le devant de la scène lors de la présidentielle, malgré les relations tendues qu'il entretient avec certains d'entre eux.
Selon Mehdi Fazaeli, ancien patron de l'agence de presse Fars proche des conservateurs, "les propos du guide signifient son opposition à la présence de M. Ahmadinejad dans la course présidentielle. (...) Toutes les forces révolutionnaires doivent s'y plier".
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"Les forces révolutionnaires doivent écouter les directives du guide et se préparer à l'élection dans un nouveau climat", a également déclaré Mohammad Reza Mir-Tajedini, ancien vice-président de M. Ahmadinejad chargé des affaires parlementaires, selon l'agence Fars.
Avant même les déclarations de l'ayatollah Khamenei, plusieurs responsables conservateurs, dont l'ancien vice-président du Parlement, Mohammad Reza Bahonnar, avaient fait état d'une demande du guide à l'ex-président de ne pas se présenter à la présidentielle.
L'actuel président modéré Hassan Rohani, élu en 2013, devrait solliciter un dernier mandat de quatre ans auprès des électeurs. Aucune personnalité du camp conservateur ne s'est pour l'instant porté candidat, mais le maire de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf, pourrait à nouveau se lancer dans la course, après avoir été déjà candidat à deux reprises, en 2005 et 2013.
L'ayatollah Khamenei avait soutenu la réélection contestée du président Ahmadinejad en 2009 qui avait provoqué les plus grandes manifestations qui aient eu lieu en Iran depuis les lendemains de la révolution de 1979. A suivi une répression qui s'est soldée par des morts et par des centaines d'arrestations.
En tant que président durant huit ans, Mahmoud Ahmadinejad a fréquemment suscité le tollé de la communauté internationale par ses déclarations incendiaires contre les Etats-Unis et Israël et en campant sur ses positions dans le domaine du programme atomique de Téhéran.


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