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Campus

Passionnées par la littérature, des étudiantes en lettres de l’UL lancent leur revue

Libre cours
16/09/2016

C'est dans les bureaux de l'Agence universitaire de la francophonie qu'elle a capté mon regard. Sa magnifique couverture, magnétique, dans les couleurs des Coquelicots de Claude Monet, est d'un grand attrait. Initiée par sept étudiantes amoureuses des mots et assoiffées d'art et de culture, Plume Verte, la nouvelle revue littéraire de la faculté des lettres et des sciences humaines, section 2 de l'Université libanaise (FLSH2), est une bouffée d'air frais dans un domaine de plus en plus boudé par la jeunesse libanaise.
Lorsque « les étudiantes ont exprimé leur désir de réaliser une publication venant du département et essentiellement nourrie par leurs efforts à elles », le Dr Lily Dagher, chef du département de langue et littérature françaises, accueille leur proposition très positivement ; et c'est sans hésitation qu'elle décide de les soutenir. Santa el-Haber, Layal Dagher, Jana Mrad, Lynn el-Hélou, Joumana Kanaan, Marianne Constantine et Marie-Laure Bejjani – qui ne sont pas à leur première collaboration, ayant travaillé ensemble au sein du même jury sur les ouvrages en lice pour le prix Goncourt/Choix de l'Orient 2015 – se lancent alors, avec grand enthousiasme, dans ce nouveau projet et s'attellent à la tâche de transformer leur idée en réalité malgré leurs emplois du temps chargés et en dépit des difficultés de financement qui se profilent. Se multiplient alors des réunions de rédaction, conviviales mais productives, et toutes animées « d'un déferlement d'idées fructueux et enrichissant », selon Layal, jeune mastérante à la FLSH2. Le comité directeur fixe ainsi les rubriques, choisit les thèmes à traiter, décide du format de la revue, recherche des financements et encourage les autres étudiants à prendre la plume pour animer les pages de la nouvelle revue... Et pour l'aider à relever le défi qu'il s'est fixé, il se fait épauler par deux généreux volontaires : le Dr Rita Abdelnour, enseignante à la FLSH2 et conseillère de la revue, et Garabed Khachadour, jeune étudiant à la faculté des beaux-arts qui s'est occupé de la conception visuelle de la publication.

Créativité et amour de la littérature
Quelques mois plus tard, Plume Verte voit le jour grâce à la motivation sans faille des étudiantes, au support de leurs enseignants et au soutien de l'Institut français du Liban. Ses textes, dont la plupart sont signés par les étudiants, sont d'une grande variété. Au sommaire : articles d'actualité, portraits, sujets sociaux, mais également un hommage à l'homme de lettres Fouad Éphrem Boustany, de la poésie et des rubriques telles que « voyage » et « musique »... L'éditorial, lui, porte la signature du Dr Lily Dagher. Il invite les jeunes étudiants à « se détacher des sentiers battus et de toutes les vieilles idées reçues » et à libérer « leur plume des goûts et des couleurs du déjà-vu ».
Commentant cette expérience, la dynamique chef de département confie apprécier « la créativité des étudiantes, leur innovation et leur amour de la littérature ». Un amour qui devient « un peu rare parmi la jeunesse aujourd'hui », comme elle l'estime, mais qui remonte à loin chez les jeunes rédactrices. Joumana Kanaan se rappelle : « Enfant, j'aimais beaucoup lire et écrire. Je rêvais de me plonger dans l'univers littéraire. » Aujourd'hui, en 3e année de littérature française, la jeune étudiante voit dans la littérature « un passeport »– « indispensable à la paix, au bonheur et à la vie » – qui lui « permet de voyager vers l'autre et de dissoudre la notion de "frontière" ». «  Plume Verte est pour moi un hymne à la paix, une voix d'espoir qui s'élève dans un monde chaotique ravagé par la violence, accablé par les conflits et les guerres incessantes », affirme-t-elle.

Un rendez-vous annuel
Plume Verte n'est pas un accident fortuit, mais le fruit d'une volonté et d'une grande détermination. « Nous avons l'intention d'en faire une publication annuelle », assurent les jeunes rédactrices. Pour elles, cette revue est la concrétisation d'un rêve. « Celui de donner libre cours à notre pensée et de faire savourer aux autres la beauté de l'art », affirme Layal qui, à travers son article « Ceci n'est pas le Liban », lance un cri d'alarme pour sauver le pays du Cèdre des « méandres de la régression » où il s'enlise.
Santa el-Haber, qui dit être motivée par son désir « d'animer la vie culturelle au sein du département de langue et de littérature françaises », considère cette expérience comme une « échappatoire » qui lui a donné « l'opportunité de dévoiler ses sentiments à travers l'écriture poétique et d'inverstir ses connaissances en langue française à travers l'écriture d'articles ». La jeune étudiante de 21 ans estime par ailleurs que « la création de la revue a permis d'ouvrir un portail de communication entre les enseignants et les étudiants participants ». « Elle a également développé notre esprit critique et élargi nos connaissances », ajoute Layal.
Exigeantes et ambitieuses, les jeunes étudiantes se disent déterminées à développer leur revue. Leurs souhaits pour le prochain numéro ? « La participation d'un plus grand nombre de rédacteurs » et une « plus grande diversification des rubriques ».
Le Dr Dagher conclut en évoquant l'apport de cette activité pour les étudiantes. « Elles aiment les mots. Elles aiment la littérature. Cela leur permet de vivre un peu la spécialité qu'elles font. » Et d'ajouter : « C'est vivant pour elles. »

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