Table ronde « Pluralité et transmission des savoirs » à Deddeh. De gauche à droite, les professeurs Jean-Claude Beaune, président du Conseil stratégique de l’ULF, et Mohammad Salhab, président de l’ULF.
À l'occasion de ses 20 ans, l'ULF a souhaité faire connaître au Liban l'œuvre de François Dagognet, grand philosophe, médecin, auteur prolixe et président d'honneur de l'université, décédé en octobre 2015.
Le colloque «Science, technique, société» qui lui a été consacré à Clemenceau le 1er septembre a réuni dix éminents spécialistes venant du Canada, de France et du Liban, qui ont abordé différents champs étudiés par Dagognet. Placée sous le patronage d'Emmanuel Bonne, ambassadeur de France au Liban, cette journée de conférences a suscité des échanges avec le public et fera l'objet d'une publication. En ouverture, les professeurs Mohammad Salhab, président de l'ULF, et Jean-Claude Beaune, président du Conseil stratégique de l'ULF et responsable scientifique du colloque, ont rappelé l'importance de cette figure universitaire d'exception. Arnaud Pescheux, chargé d'affaires a.i. près l'ambassade de France au Liban, a quant à lui salué «ce grand penseur» qui «revendiquait pour le philosophe un rôle qui n'est pas celui "d'un mineur qui doit forer le sol" mais celui "d'un voyageur qui se soucie de l'ensemble du paysage"» et qui « a beaucoup fait pour la pensée contemporaine ». « Son érudition était si éclectique qu'il est impossible de l'enfermer dans un champ disciplinaire, a-t-il ajouté. Philosophie, médecine, criminologie, neuropsychologie, chimie, rares sont les savoirs qui ont échappé à sa curiosité encyclopédique. S'il fallait dégager un fil directeur, peut-être pourrait-on considérer que l'attention aux objets se trouve au centre de sa pensée. » Dans son allocution, Arnaud Pescheux a également rappelé « la place particulière qu'occupe le français à l'ULF, un établissement membre de l'Agence universitaire de la francophonie, ainsi que la richesse de la coopération universitaire entre la France et le Liban ».
Table ronde à Deddeh
En prolongement, lors de la table ronde « Pluralité et transmission des savoirs », organisée le 2 septembre sur le campus de Deddeh de l'ULF, des discussions nourries ont eu lieu en présence notamment du doyen, des enseignants et étudiants de la faculté de génie, ainsi que du président de la municipalité de Deddeh. Ces discussions ont rappelé la nécessité, pour l'ingénieur, de s'interroger sur les innovations et les matières, aussi bien sous l'angle de l'étude du vivant que celui d'une réflexion autour des déchets. En 1993, François Dagognet déclarait en effet que « le monde des objets, qui est immense, est finalement plus révélateur de l'esprit que l'esprit lui-même. Pour savoir ce que nous sommes, ce n'est pas forcément en nous qu'il faut regarder (...) Il faut donc opérer une véritable révolution, en s'apercevant que c'est du côté des objets que se trouve l'esprit, bien plus que du côté du sujet. »



Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine