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Liban - L’éclairage

Le Hezbollah et les FL opposés à l’escalade envisagée par le CPL

Le président de la Chambre, Nabih Berry, avait prévu de demander lundi aux participants à la conférence nationale de dialogue de lui remettre chacun les noms de ses délégués à la commission ad hoc ayant pour mission de plancher sur le projet de création d'un sénat. Il envisageait aussi de recueillir leurs points de vue et leurs propositions relatives à la nouvelle loi électorale. Il n'a eu le temps ni pour l'un ni pour l'autre, le réquisitoire du chef du CPL, Gebran Bassil, contre ce qu'il considère comme « une atteinte au pacte national » ayant accaparé toute la séance qui a fini par être levée par un Nabih Berry excédé par l'attitude de ce dernier.
La crise ne fait donc que s'envenimer, d'autant que le CPL semble déterminé à l'escalade et prévoit de recourir à la rue. Son directoire a tenu lundi soir une réunion pour discuter des démarches à suivre. Ira-t-il cependant jusqu'au bout de sa menace ? Tout porte à le croire, bien que les Forces libanaises et le Hezbollah lui aient tous deux conseillé de garder son calme, de ne pas s'aventurer sur un terrain qui risque de coûter cher au pays et de donner sa chance aux médiations en cours.
De l'avis d'un diplomate arabe installé en Europe, l'incapacité des dirigeants du G20 qui s'étaient réunis dimanche et lundi en Chine à initier un règlement pour la Syrie va avoir pour effet de maintenir les blocages là où ils se situent, voire exacerber les crises, dans la mesure où les acteurs régionaux et locaux sont désormais persuadés que tous les dossiers resteront en suspens jusqu'après les élections américaines et la mise en place d'une nouvelle administration à Washington.
Ce que la vingt-deuxième séance de dialogue a surtout mis en relief mardi, c'est donc l'absence de toute possibilité d'entente autour des échéances constitutionnelles, notamment la présidentielle, le leader du CPL ayant fait en sorte que le débat reste axé sur les questions en rapport avec le pacte alors même qu'il était possible de dégager ce jour-là une entente de principe autour de la loi électorale, une majorité s'étant apparemment formée en faveur d'un mode de scrutin mixte. La suspension du dialogue national, ajourné sine die par le président de la Chambre, n'augure finalement rien de bon, dans la mesure où elle prive le pays d'une plateforme qui permettrait aux différentes parties d'exprimer leurs rancœurs et de maintenir leurs conflits au-dessous d'un plafond déterminé. Pour éviter que la crise ne s'exacerbe et n'affecte en particulier le gouvernement, des médiateurs se sont empressés de s'engager dans une mission de bons offices dont l'objectif ultime est d'éviter que la paralysie ne s'étende à l'équipe de Tammam Salam.
Le Hezbollah fait partie de ces médiateurs. La formation de Hassan Nasrallah avait déjà affirmé à maintes reprises son attachement au gouvernement et à une dynamisation de son action. Hier encore, elle a assuré que ses ministres seront présents au Conseil des ministres de demain. Tammam Salam a refusé d'ajourner la séance. Le Hezbollah conteste en outre la décision des ministres aounistes de boycotter les réunions du gouvernement pour protester contre la gestion du dossier des nominations sécuritaires. Il est farouchement opposé à un éventuel recours aouniste à la rue, en raison des risques qu'une telle démarche comporte. Des risques également relevés par les Forces libanaises qui, au même titre que le Hezbollah, n'arrêtent pas de conseiller au CPL de tempérer et d'attendre les résultats des médiations entreprises pour régler l'affaire des nominations sécuritaires. À son allié chrétien, la formation chiite a dû expliquer qu'une cinquième colonne pourrait profiter du mouvement populaire qu'il envisage d'organiser afin de porter un coup à la stabilité du pays et qu'il était préférable à l'heure actuelle de ne pas occuper l'armée et les services de sécurité par des problèmes internes, et détourner ainsi leur attention de leur mission principale qui est d'éviter que le brasier syrien ne s'étende au Liban et de barrer la voie aux terroristes et aux fauteurs de troubles.

Le président de la Chambre, Nabih Berry, avait prévu de demander lundi aux participants à la conférence nationale de dialogue de lui remettre chacun les noms de ses délégués à la commission ad hoc ayant pour mission de plancher sur le projet de création d'un sénat. Il envisageait aussi de recueillir leurs points de vue et leurs propositions relatives à la nouvelle loi électorale. Il...
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