Pendant que de nouvelles adjudications sont faites, des montagnes de déchets se forment et se multiplient dans le Kesrouan et le Metn (ici à Jal el-Dib). Sako Békarian
Le grand vainqueur (deux fois) de l'appel d'offres pour la construction de la décharge de Costa Brava, Jihad el-Arab, est décidément partout : c'est lui qui vient de remporter l'appel d'offres pour le tri et le traitement des déchets de Beyrouth et du Mont-Liban (hors Jbeil). Avec une offre de l'ordre de 81 millions de dollars, il bat la seule autre société privée dont le dossier avait été retenu, Batco (Azhour), qui en était à 97 millions.
Selon une source très bien informée, les deux dossiers avaient été retenus (il y en avait trois à l'origine) jeudi lors de la réunion du conseil d'administration du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR). C'est le lendemain que les montants des offres a été révélé. Selon des informations de L'OLJ, « Al Jihad Group for Commerce and Contracting » a un partenaire bulgare, alors que Batco a pour partenaire une société italienne. Certaines sources proches du dossier se sont par ailleurs étonnées des prix avancés par les compagnies, qui tranchent nettement avec celui mis en avant par le consultant de l'appel d'offres, qui est de l'ordre de... 180 millions de dollars! Des vérifications seraient donc en cours sur l'ensemble du processus.
Rappelons que l'appel d'offres pour la construction de la décharge de Costa Brava avait déjà fait l'objet d'une révision, quand de grandes divergences de prix avaient été constatées avec les propositions du consultant de l'appel d'offres pour l'autre décharge, celle de Bourj Hammoud. Cette révision et le refus du commissaire du gouvernement au CDR de signer le contrat entre cette institution et le CDR en ce moment-là avaient conduit à un round de négociations qui avait abouti à l'annulation pure et simple de l'appel d'offres. Celui-ci avait été recommencé : il a été remporté par la même compagnie, al-Jihad, avec plus de 12 millions de dollars en moins...
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Pour ce qui est de l'appel d'offres sur le traitement qui vient d'être terminé, quel que soit son résultat, le problème reste entier, du fait que la capacité de tri et de traitement (compostage) du gouvernement doit être augmentée pour répondre aux besoins, sachant que les travaux d'amélioration des usines nécessitent entre trois et six mois. En effet, c'est le tri insuffisant des déchets, qui, actuellement, bloque les travaux à la décharge de Bourj Hammoud, dont le chantier est fermé par les manifestants du parti Kataëb et de la société civile. Ceux-ci dénoncent le fait que les déchets du Mont-Liban ont été stockés dans l'aire de stockage temporaire à proximité de la décharge, sans aucun tri, menaçant toute la région d'une catastrophe écologique et sanitaire.
En réponse à l'arrêt du chantier, et parce qu'ils ont leurs propres appréhensions concernant la manière dont le gouvernement met son plan (adopté en mars dernier) à exécution, la municipalité de Bourj Hammoud et le parti Tachnag ont bloqué l'accès à l'aire de stockage temporaire, d'où la nouvelle crise de collecte des déchets au Metn et dans le Kesrouan.
Les deux décharges côtières de Bourj Hammoud-Jdeidé et de Costa Brava, qui forment l'essentiel du plan gouvernemental, ont également été critiquées depuis le début pour le remblayage de la mer qu'elles impliquent, donc pour leur possible impact environnemental considérable.
(Lire aussi : Les Kataëb appellent à la création d’usines de tri et de traitement, contrôlées par les municipalités)
Les offres du ramassage dans deux semaines
Une source bien informée confirme que la clé du désamorçage de cette crise réside dans l'amélioration du tri et du traitement, ce qui passe par l'augmentation des capacités des usines de la Quarantaine et de Amroussieh. Selon cette source, cependant, les perspectives ne sont pas aussi sombres que lors de la première crise des déchets qui a éclaté en 2015.
La réunion tenue à la commission parlementaire des Finances, avec les partis en conflit, les municipalités et le CDR, aurait ainsi été plus positive que négative : même si les municipalités se sont déclarées incapables de gérer leurs déchets dans l'immédiat, le président du CDR, Nabil el-Jisr, leur aurait demandé, au cours de la réunion, d'instaurer un système de tri dans les domiciles en parallèle avec l'amélioration de la capacité des usines de tri et de compostage. L'objectif est de contribuer à réduire les quantités qui parviennent aux décharges et faciliter le tri secondaire dans les centres, étant donné que les ordures sont séparées à la base. Mais, toujours selon cette source, M. Jisr aurait bien affirmé qu'il n'y a actuellement pas de solution en dehors du plan gouvernemental de décharges : il n'y a aucune alternative, aurait-il insisté, bien que ce plan puisse être amélioré.
Les détracteurs du projet, eux, pensent qu'une décentralisation peut être mise en place dans les mêmes délais que le travail sur des usines existantes (de l'ordre de six mois) : qui prendra l'autre de vitesse ? Entre-temps, les déchets demeurent dans les rues...
À noter que l'appel d'offres pour le ramassage et le balayage (pour remplacer Sukleen) est toujours en cours et ne serait discuté au CDR que dans deux semaines au minimum.
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Repère
Selon une source très bien informée, les deux dossiers avaient été retenus (il y en avait trois à l'origine) jeudi lors de la réunion du conseil d'administration du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR). C'est le lendemain que les montants des offres a été révélé. Selon des informations de L'OLJ, « Al Jihad Group for Commerce and Contracting » a un...


Le dernier paragraphe de cet article nous ramène au point de départ de la crise...quelle honte pour nos RESPONSABLES ! Deux longues semaines...pourquoi se presser...les premières pluies arrivent bientôt... Le CDR a prouvé son incapacité totale, jusqu'à présent, à règler efficacement ce problème des ordures. Alors, de grâce, trouvez vite d'autres sociétés ou experts non politiques, indépendants et surtout pas corrompus...il y en a au Liban ! Et arrêtez de nous prendre pour des imbéciles !!! Irène Saïd
16 h 06, le 03 septembre 2016