Bonjour, enfants du millénaire, net generation, digital natives. Vous avez reçu un héritage qui ne sert à rien, une histoire inutilisable, une monnaie qui n'a plus cours. Rien de ce qu'ont inventé vos prédécesseurs ne peut vous satisfaire, vous qui avez déjà, ne serait-ce qu'en perspective, plusieurs longueurs d'avance sur ce qui existe. Tout va si vite pour vous qu'à peine acquise n'importe quelle technologie de pointe, elle vous semble déjà obsolète. Le monde que vous avez sur les bras tourne à vide sans savoir où il va. Les systèmes politiques que vous a laissés le XXe siècle ont fait leur temps et les voilà désormais cloués au sol, incapables de se réinventer et de répondre aux attentes d'une époque qui les dépasse. L'économie ne sait pas faire autre chose que pousser à la consommation tandis que les ressources s'épuisent et que les déchets s'accumulent. Les religions sont plus que jamais rongées par le cancer sectaire. Les sociétés sont gangrenées par le racisme et le rejet de l'étranger. Quant à vous, nous vous avons façonnés avec nos regrets sans vous donner, n'en ayant pas qui soient à la hauteur de cette tâche, d'outils éthiques et spirituels pour bâtir ou rebâtir une terre viable.
Et vous voilà devant nos yeux, génération triste, gelée, dépassée par les événements, se laissant vivre sans enthousiasme.
De quoi a donc besoin ce monde, ne serait-ce que pour tendre vers un peu plus de santé mentale ? De consciences, m'a dit un ami. Il faut des consciences, mais où se trouvent-elles ? Quel dirigeant de quel pays peut-il aujourd'hui représenter une conscience pour son peuple et par extension pour le reste du monde ? Le pape François, peut-être, et une poignée d'autres qui n'ont pas accès aux grands canaux médiatiques. Mais combien les écoutent ? Qui d'autre, d'ailleurs, pour appeler les jeunes à « quitter leurs divans », le confort douillet des petites vies protégées, la drogue visuelle des jeux vidéo et des écrans, à cesser de se comporter comme des retraités précoces, à s'en aller marquer de leur empreinte le monde dans lequel ils vivent, à aimer, aimer, aimer et tourner le dos au poison de la tristesse ? Car la joie est constructive, la joie est mouvement, la joie est foi en l'avenir. Quitter les divans. Aller arpenter la terre, la marquer de ses pas, faire une différence. Comprendre que nous sommes tous solidaires tant que nous sommes, et que la moindre action de l'un a un impact sur la vie d'un autre.
Le Liban d'aujourd'hui est l'exemple criant d'un passage mal négocié du millénaire. Le système féodal qui nous a servi de recette depuis l'Empire ottoman ne fonctionne plus. Les pays étrangers, sponsors de telle ou telle faction qui s'en prévaut pour servir ses propres intérêts, sont eux-mêmes en crise et en état d'obsolescence. Tout est figé. Personne n'ose aller vers des élections, qu'elles soient parlementaires ou présidentielle, et cela risque de durer longtemps tant qu'on n'aura pas trouvé de formule constitutionnelle adaptée au monde contemporain. Les gens qui siègent aujourd'hui au sommet des États datent du siècle dernier et n'ont aucune idée de ce que devrait être la gouvernance à l'ère numérique. Cette panne est intéressante. Elle ouvre la porte à la créativité. Il est grand temps de quitter les divans.


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve
Grand Dieu! à aucun moment Fifi n'a pointé du doigt un parti spécifique qu'on prend l'habitude d'accuser à tort et à travers ... On est bien d'accord que le mal est bien plus profond Quoique ça n'était pas loin de le faire.
14 h 14, le 04 août 2016