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Hezbollah

Le Hezbollah est un mouvement politique, paramilitaire et religieux chiite libanais soutenu par l’Iran. Fondé dès 1982 (sous d’autres appellations dans un premier temps) à la suite de l’invasion israélienne de la même année, il est depuis régulièrement engagé dans des confrontations avec Israël. Le dernier épisode de ce long conflit s’est ouvert le 8 octobre 2023, lorsque le Hezbollah a lancé un « front de soutien » à Gaza. Au cours de cette guerre, le parti a subi de très lourdes pertes, notamment l’assassinat d’un grand nombre de ses cadres militaires et politiques, dont son secrétaire général Hassan Nasrallah, tué le 27 septembre 2024 lors d’un bombardement israélien massif sur la banlieue sud de Beyrouth.

Depuis le cessez-le-feu du 27 novembre 2024 et la reprise de la guerre le 2 mars 2026, le Hezbollah — désormais dirigé par Naïm Qassem — fait face à une forte pression, internationale comme interne, pour remettre ses armes à l’État libanais.


1. Qu’est-ce que le Hezbollah et comment a-t-il été formé ?

Fondé dès 1982 -mais sous d'autres appellations- ce n'est qu'en 1985 que le nom de Hezbollah, mouvement politique, militaire et religieux chiite libanais, apparaît pour la première fois. L’organisation combine des composantes politiques et armées : sa branche militaire est le « Conseil du jihad », tandis que sa représentation politique opère au Parlement libanais via le « Bloc de la loyauté à la résistance ».

Le Hezbollah est désigné comme organisation terroriste par plusieurs pays — dont les États-Unis et le Royaume-Uni — tandis que d’autres maintiennent avec lui des relations politiques ou diplomatiques.


2. Quelles sont les relations entre le Hezbollah et l’Iran ?

Des années 1950 aux années 1970, la communauté chiite du Liban est politiquement marginalisée et économiquement défavorisée, concentrée notamment dans le Sud du pays et la Békaa. En vertu du Pacte national de 1943, la présidence revient aux chrétiens, la primature aux sunnites, laissant aux chiites le poste, bien moins influent, de président du Parlement.

Après l’invasion israélienne de 1982, l’Iran saisit l’occasion pour accroître son influence régionale. Téhéran déploie environ 1 000 membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) dans la Békaa, où ils entraînent et arment de nouvelles milices chiites, tout en y diffusant l’idéologie révolutionnaire de l’ayatollah Rouhollah Khomeiny. Parallèlement, des dizaines de clercs chiites libanais sont envoyés étudier à Qom, en Iran — dont Hassan Nasrallah, qui deviendra le troisième secrétaire général du Hezbollah.

Plutôt que de soutenir un groupe existant, l’Iran a joué un rôle fondateur dans la structuration organisationnelle et idéologique du Hezbollah. Dans les années 1990 et 2000, l’aide financière iranienne augmente fortement, atteignant plusieurs centaines de millions de dollars annuels. Ce financement permet de développer les capacités militaires du Hezbollah ainsi qu’un vaste réseau social, éducatif et médiatique. Le mouvement devient ainsi un acteur dominant dans les régions majoritairement chiites — Liban-Sud, Békaa, banlieue sud de Beyrouth — fonctionnant souvent comme un État dans l’État.


3. Quelle a été la position du Hezbollah après le 7 octobre 2023 ?

Le 8 octobre 2023, au lendemain de l’attaque sanglante du Hamas contre Israël, le Hezbollah ouvre ce qu’il présente comme un « front de soutien » aux Palestiniens. Durant plusieurs mois, les affrontements restent relativement contenus, même si plusieurs cadres militaires du mouvement sont éliminés.

Tout bascule les 17 et 18 septembre 2024, lorsque des milliers de bipeurs et de talkies-walkies explosent lors d’une opération israélienne coordonnée, tuant 42 personnes et blessant au moins 3 500 autres, dont de nombreux civils. Quelques jours plus tard, le 23 septembre, Israël lance des frappes massives contre le Liban-Sud. Ces attaques sont largement considérées comme le début d’une confrontation de deux mois entre Israël et le Hezbollah, au cours de laquelle Hassan Nasrallah, secrétaire général du parti, est assassiné le 27 septembre 2024.

Un cessez-le-feu est finalement conclu le 27 novembre 2024. Mais si l’accord met fin à l’escalade majeure, l’armée israélienne maintient toujours des positions en plusieurs points du Liban-Sud et poursuit ses frappes dans la région, ainsi que dans la Békaa et parfois jusque dans la banlieue-sud de Beyrouth. C’est dans ce quartier qu’est tué, le 23 novembre 2025, Haytham Ali Tabatabaï, commandant des forces d’élite al-Radwane et figure de proue de l’aile dure du Hezbollah.

Dans la nuit du 1er au 2 mars 2026, soit quelques heures après le lancement d'une offensive américano-israélienne contre l’Iran, le Hezbollah tire « une salve de missiles et un essaim de drones » en direction d’Israël en réaction à l’assassinat du guide suprême iranien, Ali Khamenei, le 1er mars à Téhéran. Le Liban replonge dans la guerre, qui provoque de nouvelles destructions dans la banlieue sud de Beyrouth, mais aussi et surtout au Liban-Sud où l'armée israélienne détruit totalement des dizaines de villages dans une large bande frontalière.


4. Qu’en est-il du désarmement du Hezbollah ?

La question du désarmement du Hezbollah est un enjeu majeur de la scène politique libanaise depuis plusieurs décennies. Deux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies y font référence : la résolution 1559 (2004), qui exige le désarmement de toutes les milices et organisations présentes au Liban, qu’elles soient libanaises ou étrangères, et la résolution 1701 (2006), qui réitère cet appel pour tous les groupes armés sur le territoire libanais.

La question du désarmement du Hezbollah revient en force avec l'accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024, négocié par les États-Unis et la France et accepté par le parti chiite, qui prévoit le retrait total de l’armée israélienne du sud du Liban dans un délai de 60 jours mais aussi le déploiement de l’armée libanaise pour prendre en charge la sécurité, le démantèlement de l’infrastructure militaire du Hezbollah et l’exclusivité de la détention d’armes par l’État libanais, conformément à la résolution 1701.

Le 5 septembre 2025, le gouvernement libanais endosse, sans l’adopter formellement, un plan présenté par l’armée prévoyant une approche graduelle pour le désarmement du parti-milice chiite. En janvier 2025, l’armée libanaise lance la première phase du plan de monopole des armes, visant à récupérer le contrôle des dépôts d’armes au sud du Litani. La deuxième phase est présentée le 16 février 2025 lors d’un Conseil des ministres, et ciblait la région située entre les fleuves Litani et Awali.

Après la reprise de la guerre, dans la nuit du 1er au 2 mars 2026, le gouvernement libanais interdit, le 3 mars, toutes les « actions militaires et sécuritaires » du Hezbollah.

Après un nouveau cessez-le-feu conclu le 16 avril 2026 (qui n'empêche pas la poursuite des bombardements israéliens essentiellement au Liban-Sud), des négociations libano-israéliennes sont lancées à Washington. A l'issue du quatrième round de négociations, un accord est annoncé le 3 juin 2026 qui prévoit un cessez-le-feu global, le déploiement de l’armée libanaise au sud du Litani, l’évacuation de toute présence armée non étatique dans cette région ainsi que la création de « zones pilotes » dans lesquelles les forces armées libanaises exerceront une autorité exclusive. Il est immédiatement rejeté par le Hezbollah.

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