Les députés du groupe parlementaire des Forces libanaises, entourant le chef du parti Samir Geagea, au palais de Baabda, le 10 juillet 2026. Photo X/@LBPresidency
Samir Geagea, chef des Forces libanaises (FL), l’un des principaux partis chrétiens, a été reçu vendredi par le président Joseph Aoun, et a apporté son soutien aux autorités libanaises, qui font face à l'opposition du Hezbollah et de ses alliés concernant l'accord-cadre conclu avec Israël pour un retrait progressif du Liban-Sud. Depuis la tribune au palais de Baabda, M. Geagea a appelé les Libanais à se ranger derrière l'État, affirmant que ce dernier est représenté par M. Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam à qui il revient de prendre les « décisions fondamentales », notamment en ce qui concerne l'occupation d'une partie du territoire libanais, et non à « un parti quelconque », en allusion à peine voilée au mouvement pro-iranien.
« Nous ne sommes pas des adeptes » du texte signé à Washington le 26 juin, mais « il ne nous reste aujourd'hui que cette option » de négociations directes avec Israël, a déclaré le leader maronite, en écho à des déclarations similaires faites ces derniers jours par Joseph Aoun. Il a donc souhaité au président de « poursuivre » sur cette voie, affirmant que M. Aoun « a l'intention d'aller jusqu'au bout, même si nous savons tous que ce n'est pas facile ». Il faut donc « se ranger derrière l'État, plutôt que de lui adresser des accusations » et se conformer aux décisions prises.
Pas de retrait israélien ni de reconstruction sans un « véritable Etat » libanais
« Israël doit se retirer du Sud », où une zone d'environ 620 km2 est occupée, « et le processus de reconstruction doit commencer, mais il faut impérativement qu’un véritable État existe pour y parvenir », a encore lancé M. Geagea, qui était accompagné pour sa visite d'une délégation de députés de son parti. Selon lui, cet État « existe et est représenté par le président de la République et le Premier ministre, et c’est lui qui décide des questions fondamentales, y compris celles liées à la présence israélienne, et non un quelconque parti. » « Ce qui émane des institutions doit constituer une référence pour tous », a insisté Samir Geagea, opposant notoire au Hezbollah.
Le chef des FL a en outre rejeté le « processus d'Islamabad », soit le protocole d'accord entre l'Iran et les États-Unis qui prévoit un cessez-le-feu au Liban, estimant qu'il est « lié aux intérêts américains et iraniens, et n’a aucun rapport avec les intérêts libanais ». C'est trois jours après la signature, à distance, de ce texte, le 17 juin, qu'une trêve, régulièrement mise à mal par des attaques israéliennes sur le Sud, est entrée en vigueur. L'accord entre Téhéran et Washington « est uniquement lié à une tentative de préserver l’influence iranienne au Liban, ce qui nous maintient dans la même spirale », a-t-il encore accusé.
Le président Aoun multiplie les entretiens avec les médias et les chefs de file et mouvements politiques afin de s’attirer leur soutien pour l’accord-cadre conclu avec Israël, qui est rejeté par le Hezbollah. Les visites de M. Geagea hors de son QG de Meerab, dans le Kesrouan, sont relativement rares depuis qu’il a été victime d’une tentative présumée d’assassinat en 2012. Samir Geagea s’était toutefois déjà rendu au palais présidentiel en juin 2025.

