Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le ministre des Finances Bezalel Smotrich, le ministre de la Défense Israel Katz et le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir participent à un débat en séance plénière à la Knesset, le Parlement israélien, à Jérusalem, le 23 juillet 2025. Photo d'archives Ronen Zvulun/Reuters
Le Parlement israélien a annoncé la tenue des élections législatives pour le 27 octobre, un scrutin largement considéré comme un référendum sur le leadership du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
La Knesset, nom du Parlement israélien, doit achever son mandat le 17 juillet, permettant à la coalition au pouvoir d'aller jusqu'au bout de ses quatre ans, pour la première fois depuis plusieurs décennies.
Dans un communiqué, la conseillère juridique de Parlement, Sagit Afik, a indiqué que la législature actuelle était appelée à aller jusqu'au terme de son mandat, et que par conséquent « les élections étaient (...) fixées par la loi au 27 octobre, sans qu'il soit envisagé d'écourter le mandat de la Knesset ».
Ce scrutin sera le premier organisé depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023.
Benjamin Netanyahu, le Premier ministre ayant exercé le plus longtemps dans l'histoire d'Israël, a annoncé son intention de briguer un nouveau mandat.
Empêtré dans un procès pour corruption, le dirigeant de 76 ans a affirmé vouloir gagner cette élection, qui pourrait constituer le scrutin le plus déterminant de sa carrière politique.
Ces derniers jours, son gouvernement, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, s'est employé à faire adopter une série de projets de loi afin de consolider sa majorité et d'aborder les élections en position de force.
Les derniers sondages montrent toutefois qu'une majorité d'Israéliens souhaitent le départ de Benjamin Netanyahu. L'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot apparaît désormais comme son principal rival.
La colère suscitée par les défaillances sécuritaires ayant entouré les attaques du 7-Octobre reste vive et continue de peser sur la popularité de Benjamin Netanyahu.
Popularité de Netanyahu en baisse
L'opinion publique lui reproche aussi de ne pas avoir tenu ses promesses de « victoire totale » sur le Hamas et le Hezbollah et d'avoir été écarté des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, le protocole d'accord conclu ayant été jugé par beaucoup défavorable aux intérêts israéliens.
Un récent sondage de l'Université hébraïque de Jérusalem a révélé que plus de 92% des Israéliens estiment que l'Iran a remporté la guerre au Moyen-Orient, tandis que le soutien à Benjamin Netanyahu comme Premier ministre a chuté de 40,5% début mars à 29,4% en juin.
Le mois dernier, le dirigeant israélien a déclaré qu'il souhaitait « établir un large gouvernement national ».
En cherchant à tendre la main au-delà de son camp, il semble vouloir recentrer son discours électoral sur l'unité nationale plutôt que sur l'appartenance idéologique.
Le débat public est aussi profondément marqué par la question du service militaire obligatoire pour les hommes juifs ultra-orthodoxes.
Les principaux alliés de Benjamin Netanyahu issus des partis ultra-orthodoxes ont à plusieurs reprises menacé de faire tomber le gouvernement si les étudiants en yechiva (centre d'études des textes rabbiniques) n'étaient pas exemptés de l'obligation de servir dans l'armée.
À l'inverse, l'armée israélienne et une grande partie de l'opinion publique estiment qu'un enrôlement plus large est nécessaire, après des années de guerres alors que les réservistes enchaînent les périodes sous les drapeaux.
Parmi les autres sujets susceptibles de peser sur la campagne figurent les réformes judiciaires controversées lancées par Benjamin Netanyahu avant le déclenchement de la guerre à Gaza, son procès pour corruption en cours ainsi que les incertitudes concernant la gouvernance de la bande de Gaza, toujours soumise à une occupation et un blocus de l'armée israélienne, qui y a tué au moins 1 100 Palestiniens depuis l'entrée en vigueur du « cessez-le-feu » le 10 octobre 2025.


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