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Économie

Salamé dénonce le coût de la paralysie institutionnelle pour l’économie

Liban - Compte-rendu
OLJ
21/07/2016

Le gouverneur de la Banque centrale (BDL), Riad Salamé, a dénoncé hier, dans une interview accordée à Reuters, l'impact de la paralysie politique sur l'économie libanaise et l'adoption de lois nécessaires au redressement des finances publiques.
« Le Liban a besoin de s'activer (sur les réformes), a déclaré le gouverneur. Le temps que nous perdons a un coût », a-t-il ajouté dans cet entretien où ont notamment été évoqués les décrets sur l'exploitation des hydrocarbures offshore ou le projet de loi sur les partenariats public-privé.
Un constat encore dressé la semaine dernière par Fitch, pour justifier sa dégradation de la note souveraine du Liban « à B - ».
Prévoyant que la croissance du PIB se situerait entre 1,5 et 2 % cette année, le gouverneur a tenu à assurer que la BDL allait continuer à « stabiliser » l'économie libanaise, « aussi longtemps qu'il faudra » au gouvernement pour devenir plus efficace, adopter un budget et s'attaquer à ses déficits structurels.
« L'autre scénario (...) serait bien plus onéreux que les coûts assumés par la Banque centrale pour préserver la confiance des marchés », a-t-il plaidé. Il a ensuite réitéré que la stabilité du taux de change de la livre libanaise, les taux d'intérêt de la dette souveraine du Liban – « très inférieurs à ceux de pays ayant une notation similaire » – et la poursuite de la croissance des dépôts bancaires – qu'il prévoit à 5 % pour 2016 – démontraient cette confiance.

Les sanctions contre le Hezbollah
« Bien sûr, nous aurions été bien plus heureux s'il n'y avait pas (...) ces lois qui créent de la tension sur notre marché », a-t-il par ailleurs déploré dans une référence à peine voilée au « Hezbollah International Financing Prevention Act » adopté en décembre dernier par le Congrès américain pour sanctionner les soutiens financiers du parti chiite.
Si cette tension « n'a pas été bonne pour le Liban, nous avons globalement préservé les objectifs que nous avions en tête », a-t-il néanmoins assuré, après avoir rappelé la nécessité pour le secteur bancaire – qualifié de « pierre angulaire de la stabilité du pays » et d'être « le seul qui finance le Liban » – d'appliquer ces sanctions. Pour rappel, la BDL puis la Commission d'enquête spéciale ont émis en mai plusieurs circulaires pour encadrer l'application de ces sanctions, provoquant l'ire du Hezbollah.
Dernier handicap pointé par le gouverneur, la guerre en Syrie. « La présence syrienne (...) en termes de nombre de déplacés, a créé des coûts pour le Liban, a-t-il rappelé. (...) Elle a aussi entraîné moins de consommation et d'investissements (...). Les citoyens du Golfe ne viennent plus faire leurs achats à Beyrouth ou investir dans l'immobilier au Liban à cause de la guerre en Syrie », a-t-il affirmé, contredisant en partie plusieurs études internationales sur le soutien apporté par les réfugiés à la consommation.
(L'OLJ avec Reuters)

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