Une offensive judiciaire a été lancée hier par le ministère de la Justice américain pour « conspiration internationale » visant à blanchir...
Des appartements de luxe, un jet privé et même les droits du film Le Loup de Wall Street : les autorités américaines veulent saisir un milliard de dollars d'actifs liés à un vaste scandale impliquant le fonds souverain malaisien.
L'offensive judiciaire lancée hier par le ministère de la Justice américain (DoJ) cible une « conspiration internationale » visant à blanchir des centaines de millions de dollars détournés du 1Malaysia Development Berhad (1MDB), un fonds créé en 2009 et dont le Premier ministre malaisien Najib Razak est le président consultatif.
Selon la plainte des autorités américaines, ces fonds auraient été illicitement utilisés aux États-Unis par des proches du pouvoir malaisien, voire par des responsables gouvernementaux eux-mêmes pour mener grand train.
La liste de leurs acquisitions comprend plusieurs propriétés de luxe à Beverly Hills, en Californie, ou à New York, un jet privé Bombardier et des toiles de Vincent Van Gogh et Claude Monet, d'après la plainte consultée par l'AFP.
Dans le collimateur des autorités figure notamment Riza Aziz, le gendre du Premier ministre malaisien, qui aurait illicitement perçu 238 millions de dollars et en aurait utilisé une partie pour produire plusieurs films hollywoodiens avec son propre studio baptisé Red Granite.
Ironiquement, son catalogue inclut Le Loup de Wall Street (2013), le film de Martin Scorsese inspiré de la vie d'un courtier qui a construit sa fortune en détournant l'argent de ses clients avant d'être rattrapé par le FBI. L'offensive judiciaire américaine va cibler tous les droits « de propriété intellectuelle » liés à la participation de Red Granite dans ce film, détaille le ministère de la Justice dans sa plainte.
Ramifications politiques
Le milliard de dollars ciblé par les autorités américaines ne représente toutefois qu'une portion de ce qui aurait été détourné de 1MDB, qui affichait en 2014 une dette abyssale de 11 milliards, creusée à coup d'acquisitions opaques réalisées à l'étranger. Selon un rapport parlementaire publié début avril en Malaisie, le fonds a effectué au moins 4,2 milliards de transferts douteux à l'étranger.
Le scandale a conduit à l'ouverture d'enquêtes dans plusieurs pays et a fini par atteindre le Premier ministre malaisien après des révélations du Wall Street Journal en 2015. Le quotidien américain avait révélé que 681 millions de dollars avaient été versés sur ses comptes personnels en 2013. En réponse, M. Razak avait affirmé que cet argent était un cadeau de la famille royale saoudienne, en partie remboursé.
Les enquêteurs aux États-Unis s'intéressent ainsi au rôle de Goldman Sachs qui pourrait avoir omis d'avertir les autorités au sujet de transactions suspectes réalisées avec le fonds malaisien.
Le scandale a aussi des ramifications en Suisse où l'autorité de surveillance des marchés a ordonné fin mai la dissolution de la banque BSI pour avoir exécuté de « nombreuses transactions » pour le compte du fonds malaisien et dans « des buts opaques ».
Le fonds s'est déclaré en défaut de paiement fin avril après avoir échoué à rembourser 50 millions de dollars d'intérêts.
(Source : AFP)


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