Après la fin de la guerre civile en Angola en 2002, Luanda est devenue une miniversion africaine de Dubaï où l'argent du pétrole coulait à flots et des gratte-ciel sortaient de terre. Aujourd'hui, nombre de bureaux neufs restent vacants, alors que le pays encaisse la chute, depuis deux ans, des cours de l'or noir.
En juin, à la suite de la baisse vertigineuse du kwanza, la monnaie locale, la capitale angolaise a été détrônée à la tête du classement des villes les plus chères du monde pour les expatriés, selon l'étude du cabinet américain Mercer.
En Angola, deuxième producteur d'or noir d'Afrique, plus d'un tiers de la population vit dans la pauvreté alors que la croissance du PIB a atteint des taux exceptionnels de 20 % en 2007, pour retomber à moins de 2 % en 2016.
Le président Jose Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 1979, s'est engagé à diversifier l'économie, complètement dépendante du pétrole, la protéger contre les fluctuations du cours de l'or noir et partager les richesses. Mais sur le terrain, les résultats se font attendre.
« L'objectif de l'Angola doit être la diversification, l'industrialisation et l'agriculture », explique Jorge Pinto, un ingénieur représentant l'Association des industries angolaises. « Nous sommes un pays qui importe 95 % de ses produits et notre capacité à importer s'est réduite compte tenu de la baisse des cours du pétrole. L'inflation dépasse les 30 %. L'huile, le riz et le poulet sont des produits essentiels, mais les familles n'ont pas les moyens de les acheter », constate-t-il. « La demande d'immobilier est aussi tellement faible que les entreprises de construction n'ont d'autre choix que de mettre à l'arrêt leurs chantiers. »
Le dollar s'échange officiellement à 170 kwachas, mais au marché noir à 600 kwachas. Une telle différence est de mauvais augure pour l'avenir, selon les analystes qui soupçonnent le gouvernement de se voiler la face sur la situation économique.
Le président Dos Santos a récemment pris de court les observateurs en renonçant à négocier un prêt auprès du Fonds monétaire international (FMI).
« On s'interroge sur la capacité du gouvernement à évaluer la nécessité de réforme », commente Soren Kirk Jensen, spécialiste de l'Angola au centre de réflexion londonien de Chatham House. « La dernière décennie a été une occasion manquée. Il est aujourd'hui beaucoup plus difficile de diversifier l'économie que lorsque le pays avait beaucoup de devises étrangères. On parle de magasins qui manquent de produits importés », explique-t-il.
Ben Sheppard/AFP


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