Rechercher
Rechercher

Déchets ménagers

Six offres pour la décharge du Costa Brava dans l’appel d’offres renouvelé

Hier, vendredi, a expiré le délai pour la présentation des offres d'aménagement de la décharge dite du Costa Brava (à l'embouchure du fleuve Ghadir, littoral de Choueifate, au sud de Beyrouth). Cette décharge est l'une de deux décidées par le Conseil des ministres dans le cadre de son plan de gestion des déchets pour Beyrouth et le Mont-Liban, annoncé en mars dernier – l'autre décharge est à Bourj Hammoud.
Le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), l'organe étatique qui se charge des appels d'offres pour les travaux, a annoncé hier que six sociétés ont présenté des offres dans les délais : le groupe Mouawad-Eddé (Hydromar), la société Hanna Khoury et frères, la société Abdel Rahman Houriyé, le groupe Milad Abou Rjeili, la société al-Jihad (Jihad el-Arab) et la société Khoury (Dany Khoury). Suivant la procédure, les offres seront examinées par une commission technique au CDR pour décider lesquelles sont techniquement recevables, et l'ouverture des plis est prévue pour la semaine prochaine.

Au-delà de la procédure, il convient de rappeler que cet appel d'offres concernant le Costa Brava est le second effectué par le CDR pour cette décharge : le premier avait déjà été remporté par la société de Jihad el-Arab (qui avait alors présenté une offre à 72 millions de dollars) lors de l'ouverture des plis qui avait eu lieu le 12 mai dernier. Mais c'est après l'ouverture des plis de la décharge de Bourj Hammoud, le 21 juin, que les choses ont évolué : la comparaison des prix entre les deux offres a montré que les prix présentés par Jihad el-Arab étaient supérieurs, ce qui a poussé le CDR à annuler l'appel d'offres et le recommencer, le 30 juin. Entre-temps, le CDR a annoncé que la société de Dany Khoury a remporté l'appel d'offres de Bourj Hammoud pour la somme d'un peu plus de 109 millions de dollars.

 

(Pour mémoire: Les associations de Choueifate demandent l'arrêt des travaux à Costa Brava)

 

Sur la manière dont il a été observé que les prix du premier appel d'offres étaient plus élevés, une source qui suit de près le dossier des déchets donne les précisions suivantes : la comparaison n'a pas eu lieu entre les prix donnés par les deux entrepreneurs, mais entre les estimations des deux consultants, qui étaient, selon elle, systématiquement plus élevés (pour des travaux de même nature) dans les cas du Costa Brava. Le prix donné par Jihad el-Arab était légèrement inférieur à celui de l'estimation du consultant, toujours selon cette source.
Reprendre à zéro un appel d'offres ne fausse-t-il pas le jeu ? Selon la source interrogée, suite à la polémique provoquée après l'ouverture des plis de Bourj Hammoud, le CDR a effectué sa propre estimation pour le Costa Brava, qui l'a poussé à considérer que le coût des travaux devrait être nettement inférieur à ce qui avait été proposé auparavant. L'ouverture des plis la semaine prochaine devrait donner une indication claire sur ce qu'il en sera.

Toutefois, des habitants de Choueifate se plaignaient récemment du fait que les travaux se poursuivaient sur le site de la décharge, malgré l'annulation de l'appel d'offres. Une source interrogée nous apprend que l'entrepreneur a demandé à poursuivre les travaux après l'annulation de l'appel d'offres « en vue de protéger ce qui a déjà été fait, étant donné qu'il s'agit de travaux maritimes ». Elle se demande cependant pourquoi la compagnie a entrepris des travaux sans tarder malgré une recommandation du conseil d'administration du CDR d'attendre l'ouverture des plis de Bourj Hammoud. Des pressions ?

 

(Pour mémoire: Nouvelle polémique autour de l'appel d'offres pour la décharge sanitaire de Costa Brava)

 

Deux autres appels d'offres continuent d'intéresser l'opinion publique : celui de la collecte, du ramassage et du transport des déchets dans la zone desservie par les deux décharges (à part Beyrouth qui a pris la décision d'une gestion indépendante). Le délai de cet appel d'offres a été repoussé au 19 juillet (mardi prochain), en raison de l'embarras causé par l'annonce du conseil municipal de Beyrouth. L'autre est celui qui porte sur l'option controversée des incinérateurs, conformément à une décision du Conseil des ministres, datant de 2010 : selon une source interrogée, le cahier des charges a été finalisé et remis au Conseil des ministres, et devrait être examiné par une commission ministérielle. Ce dossier sera-t-il retardé par les habituels conflits politiques ?
Sachant que la construction d'incinérateurs nécessite au moins quatre ans, ce qui représente le délai limite de l'actuel plan de gestion des déchets. Quoi qu'il en soit, au niveau de la société civile, la résistance contre l'option de l'incinération s'organise.

Un an presque jour pour jour après l'éclatement de la crise des déchets suite à la fermeture de la décharge de Naamé, le 17 juillet 2015, les déchets s'empilent en ballots dans les aires de stockage temporaires du Costa Brava et de Bourj Hammoud, et les appels d'offres pour la construction des décharges ne sont même pas finalisés. Des décharges côtières qui suscitent d'ores et déjà des oppositions farouches en raison du risque de pollution de la mer. Plusieurs appels à ne pas permettre leur construction ont déjà été lancés.

 

Lire aussi
Ziad Abichaker, le chantre du « zéro déchet »


Hier, vendredi, a expiré le délai pour la présentation des offres d'aménagement de la décharge dite du Costa Brava (à l'embouchure du fleuve Ghadir, littoral de Choueifate, au sud de Beyrouth). Cette décharge est l'une de deux décidées par le Conseil des ministres dans le cadre de son plan de gestion des déchets pour Beyrouth et le Mont-Liban, annoncé en mars dernier – l'autre...

commentaires (0)

Commentaires (0)