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Ils étaient à Nice, ils racontent l'horreur

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Deux Libanais, une Française et une Belge livrent leurs témoignages à L'OLJ au lendemain de l'attentat qui a endeuillé la ville française.

15/07/2016

Jeudi 14 juillet. L'ambiance est à la fête sur la Promenade des Anglais, à Nice. Français et touristes des quatre coins du monde sont rassemblés par milliers pour célébrer la fête nationale. Vers 22h30 heure locale, alors que prend fin le feu d'artifice, ce qui devait n'être qu'une fête vire au cauchemar. Un camion fonce sur les promeneurs, faisant au moins 84 tués selon le dernier bilan toujours provisoire. Le "caractère terroriste" de l'attaque, qui n'a pas été revendiquée, "ne peut être nié", affirmera plus tard le président François Hollande.

L'Orient-Le Jour a interrogé deux Libanais, une Française et une Belge, qui étaient ce soir-là sur les lieux du drame. Ils racontent l'horreur.


(Lire aussi : Deux étudiants de l'USJ, pris dans le chaos de l'attentat de Nice, racontent)

 

 

"J'ai eu l'impression d'être à Beyrouth"
Aristide B.*, Libanais de 36 ans, se trouvait sur la Promenade, au moment du drame. "Nous étions entre amis", raconte ce conseiller financier.

"Vers 22h26 ou 27, les feux d'artifices étaient terminés. La Promenade était bondée de gens, de touristes, d'enfants, de familles. A peine dix minutes plus tard, tout le monde s'est mis à courir, c'était la pagaille, ça hurlait de tous les côtés", se souvient-il.

Aristide B. explique ne pas avoir vu le camion qui a semé la mort sur la Promenade des Anglais. Il n'a toutefois pas échappé au spectacle de l'horreur. "J'ai vu des corps joncher le sol, une fois le camion passé. J'ai vu du sang partout...", lâche-t-il d'une voix étouffée. "Durant les premières minutes qui ont suivi l'attentat, nous ne comprenions rien. Mais j'ai eu l'impression d'être à Beyrouth, en voyant les gens déboussolés, les enfants qui pleuraient, les femmes cherchant leurs proches", raconte-t-il en référence aux récents attentats qui ont secoué la capitale libanaise.

Vers 23h, Arisitide B. est rentré à l'hôtel où il réside. "J'étais en vacances... On voulait fêter la Bastille. C'était mon avant-dernier jour à Nice".

 

(Diaporama : Un 14 Juillet cauchemardesque à Nice : l'horreur, en images)

 

"Ce n'est pas de la peur, mais de la tristesse que je ressens"
Joe*, étudiant libano-russe de 21 ans résidant à Nice, se trouvait, lui, à proximité de la Promenade des Anglais. "C’était la panique totale, tout le monde courait dans tous les sens, les gens se marchaient dessus, c'était horrible", raconte-t-il.

Choqué, il décide de rentrer chez lui. "J'ai allumé la télé pour voir ce qui se passait. C'est alors que j'ai appris qu'un camion avait foncé sur la foule sur la Promenade", explique-t-il. "De mon balcon, j'ai vu un policier armé avec une lampe torche qui surveillait la rue. Des rumeurs circulaient, on parlait de prises d'otages, de fusillades en cours...", se souvient-il.

Le jeune Libano-Russe ne s'attendait pas à ce que Nice soit visée. "Aujourd'hui, ce n'est pas de la peur, mais de la tristesse que je ressens", confie Joe. "Nice est en deuil. C'est une première sur la Côte d'Azur", poursuit-il . "Ce matin dans le train, des policiers vérifiaient les cartes d'identité de certains individus, ce qui n'est pas très rassurant", conclut-il.

 

 (Reportage : A Nice, le chaos et la panique)\

 

"Les gens disaient que le camion écrasait tout sur son passage"
Laure*, réceptionniste française de 24 ans dans un hôtel géré par sa famille et habitant tout près de la Promenade, se trouvait à trois minutes à pied du lieu du drame. Plusieurs des clients de l'hôtel étaient sur la corniche, mais tous s'en sont sortis indemnes.

"Dans ma rue, tous les passants se tenaient par la main et couraient, je devais rentrer chez moi, mais je n'ai pas osé redescendre la rue ne sachant pas ce qui se passait", raconte la jeune femme. "Les gens couraient dans la direction opposée et disaient simplement en français ou en anglais +They are shooting, there is a terrorist attack+ (Il y a des tirs, c'est une attaque terroriste).

"Des amis et des clients étaient sur les lieux et ont vu le camion, lancé à pleine vitesse sur une distance de 2 km sur la Promenade aussitôt fermée aux voitures. Les gens disaient que le camion écrasait tout sur son passage et que les victimes étaient projetées sur plusieurs mètres", poursuit-elle.

"On se doutait que quelque chose de très grave se passait, mais avant d'arriver à la maison on n'était sûr de rien. Beaucoup de fausses rumeurs couraient hier soir, on évoquait une prise d'otages mais les événements n'étaient pas clairs car on entendait des tirs". N'ayant pu rejoindre son domicile dans l'immédiat, Laure a préféré retourner sur son lieu de travail. Elle se dit extrêmement choquée ce matin qu'un attentat se soit produit à "quelques mètres" de chez elle. "Le nombre de victimes est effarant, notamment les enfants", lâche-t-elle.

Pessimiste, Laure confie qu'elle se doutait qu'après les attentats de Paris il allait y en avoir d'autres sur le sol français. Elle ne se dit pas surprise du fait que Nice ait été prise pour cible. "L'attentat d'hier ne sera probablement pas le dernier", conclut-elle.

 

(Repère : Attentat de Nice : ce que l'on sait)

 

"Je n'avais jamais imaginé qu'un attentat puisse avoir lieu à Nice"
Justine* est sous le choc. "Je n'avais jamais imaginé qu'un attentat puisse avoir lieu à Nice, contrairement à Bruxelles, ville où j'habite, et où l'on savait que ça allait arriver un jour ou l'autre". Cette étudiante belge de 24 ans était en vacances à Nice depuis lundi.

"Avant de partir pour Nice, j'avais lu que les autorités craignaient des attaques sur la plage et que sur certaines d'entre elles, il y aurait des policiers armés. A ce moment-là, je m'étais dit +ça n'arrivera pas, les autorités sont assez préparées+. Et depuis que je suis arrivée ici, je n'ai plus du tout pensé à cette menace, je profitais juste des vacances", raconte la jeune femme.

"Hier, je m'apprêtais à aller faire la fête toute la nuit sur la Promenade des Anglais, sans qu'à aucun moment la crainte d'un attentat me traverse l'esprit. J'avais beaucoup plus peur qu'un attentat soit commis pendant l'Euro de football (qui s'est achevé dimanche dernier, ndlr), que ce soit en France ou dans les autres pays. Lorsque j'allais voir les matchs dans les bars à Bruxelles avec mes amis, nous étions tous les uns sur les autres, on pensait aux attentats, il y avait une petite crainte. Tandis qu'ici vraiment rien", dit-elle.

 

*Les personnes interviewées n'ont pas souhaité donner leur vrai nom, ou se sont contentées de donner leur prénom.

 

Lire aussi

Attentat à Nice : vague d'indignation dans le monde

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