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Deux étudiants de l'USJ, pris dans le chaos de l'attentat de Nice, racontent

témoignages
Nour BRAIDY | OLJ
15/07/2016

Neuf étudiants en quatrième année de médecine à l'Université Saint Joseph arrivent le 8 juillet à Nice pour effectuer un stage. Le 14 Juillet, les jeunes étudiants se rendent sur la Promenade des Anglais pour participer aux célébrations de la Fête nationale française.

Après avoir assisté aux célèbres feux d'artifice, les jeunes étudiants cherchent un endroit pour dîner. "C'est alors que nous avons vu des personnes se mettre à courir dans tous les sens", raconte Talal Ziadé, 20 ans, à L'Orient-Le Jour. Il interroge alors un serveur sur les raisons de la panique, ce dernier lui répond sur un ton rieur : "Ce ne sont que des feux d'artifices !" "J'ai eu l'impression que personne ne voulait accepter l'idée qu'un attentat pouvait être en cours", affirme Talal.

La foule des gens pris de panique se fait de plus en plus dense et le groupe d'étudiants s'éparpille. "Le chaos régnait et, emporté par la foule, je me suis mis à courir, avec deux amis, Joe Mehanna et Santa el-Helou, en direction de notre appartement", raconte Talal. Autour d'eux, les gens crient "bombe ! bombe!" et "fusillade!". Les étudiants finissent par arriver chez eux, soulagés. "Toute la nuit, nous nous avons entendu le bruit incessant des sirènes", poursuit le jeune Libanais.

Les autres étudiants du groupe vivent une soirée similaire. A l'exception d'Anthony Tawk, 21 ans, qui se retrouve séparé de ses amis. Pris dans un autre mouvement de foule, et alors que toutes sortes de rumeurs se répandent comme autant de traînées de poudre, il a l'impression de se retrouver face à un groupe de terroristes. "J'ai cru que nous étions encerclés par des terroristes venus tuer tous les habitants de la ville", raconte le jeune homme. Pris de panique, il se réfugie dans un bar où se trouvent déjà une cinquantaine de personnes.  "Je me suis enfermé dans les toilettes, j'ai décroché un tableau, au mur, pour me protéger avec, raconte-t-il d'une voix tremblante. J'étais certain que j'allais mourir".

Dans les toilettes se trouvent aussi une jeune fille d'une vingtaine d'années, un adolescent de 15 ans, une maman et sa fillette de 5 ans. Après quelques minutes d'attente mais qui lui paraissent une éternité, le jeune homme décide de sortir de sa cachette. Il restera néanmoins dans le bar jusqu'à 2 heures du matin. Autour de lui, des gens pleurent ou expriment leur colère. Ce sont ces amis qui le retrouveront pour le ramener à la maison.

"Nous n'imaginions pas un seul instant qu'une attaque pareille pourrait avoir lieu à Nice, affirme Talal. Une fois de retour à l'appartement, nous n'avons pas pu nous empêcher de penser que les rues de Beyrouth étaient plus sûres que celles de Nice..."

Vendredi matin, dans une ville qui semblait vidée de ses habitants, les étudiants ont repris leur stage au laboratoire de la faculté de médecine de Nice. Ils sont encadrés par Laurent Hekayem, leur professeur d'anatomie qui est aussi médecin à l'hôpital Pasteur, à Nice. Il était en train de dîner lorsqu'il a été appelé aux urgences. "Nous avons reçu 75 patients en une heure et demie, dont 15 étaient dans un état grave. Ce n'est qu'à 4 heures du matin que la situation s'est un peu calmée, raconte-t-il. C’était l'enfer. Nous, Libanais, sommes habitués. Mais pour les Niçois, c'est traumatisant".

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