Tentant de rassurer ses interlocuteurs européens, Boris Johnson s’est exprimé hier pour la première fois depuis l’annonce, mercredi soir, de...
À peine nommé, le nouveau chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, contesté pour ses approximations ou ses boutades de mauvais goût, a tenté hier de rassurer ses interlocuteurs européens. « Il y a une différence énorme entre le fait de quitter l'UE et nos relations avec l'Europe qui vont s'intensifier », a déclaré devant son ministère M. Johnson, qui a été le fer de lance de la campagne en faveur du Brexit lors du référendum du 23 juin. « Bien sûr, nous allons appliquer la volonté de la population (...), mais cela ne veut aucunement dire quitter l'Europe », a-t-il insisté. M. Johnson s'exprimait pour la première fois depuis l'annonce, mercredi soir, de son entrée au gouvernement de Theresa May, dominé par les pro-Brexit.
Le choix de Mme May de confier ce poste à M. Johnson est, selon le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Marc Ayrault, « révélateur de la crise politique britannique ». « Dans la campagne, il a beaucoup menti aux Britanniques », a-t-il ajouté. Réagissant à ces propos, Boris Johnson a répondu que M. Ayrault lui avait « envoyé une lettre charmante (...), en me disant qu'il était impatient de travailler avec moi ». M. Johnson s'est en outre entretenu au téléphone avec son homologue américain, John Kerry, qui lui a affirmé que la relation entre leurs deux pays restait « essentielle », mais aussi pour appeler à une « approche délicate et mesurée du processus du Brexit ».
Quant à Theresa May, investie mercredi, elle a promis « la justice sociale » en s'engageant à « relever le défi du Brexit », un divorce que les dirigeants européens
la pressent de mettre en œuvre rapidement. La 54e chef du gouvernement britannique, première femme à ce poste depuis Margaret Thatcher, est une eurosceptique qui avait rejoint le camp du maintien dans l'UE pendant la campagne référendaire. Le Brexit constitue une mission titanesque pour le nouvel exécutif, qui devra rapidement répondre aux exigences de ses voisins européens tout en tenant la barre d'un pays profondément divisé et exposé aux turbulences économiques.
Appel d'Obama
Signe du travail à accomplir, Mme May a créé un ministère spécialement dédié au Brexit. Continuant de former son cabinet, Theresa May s'est débarrassée mercredi soir de deux poids lourds du gouvernement de David Cameron, l'ex-ministre des Finances, George Osborne, remplacé par Philip Hammond, et Michael Gove, ancien ministre de la Justice et un des ténors de la campagne du Brexit. Et elle a nommé Andrea Leadsom, autre figure du camp pro-Brexit, un temps sa rivale dans la course à Downing Street, au poste de ministre de l'Environnement, de l'Alimentation et des Affaires rurales.
Dans l'après-midi, Mme May a reçu un appel du président américain, Barack Obama, qui l'a félicitée et lui a réaffirmé son attachement à la « relation spéciale » avec le Royaume-Uni. Selon une porte-parole de Downing Street, elle lui a déclaré de son côté espérer « des discussions constructives et positives » avec les dirigeants de l'UE. À ce sujet, Mme May a indiqué au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avoir besoin de temps pour préparer la procédure de séparation.
Sur le front économique, le nouveau ministre des Finances, Philip Hammond (ex-Affaires étrangères), a assuré qu'il n'y aurait pas de budget d'urgence, et donc pas de nouvelles mesures d'austérité. Interrogé par la BBC quant à l'attitude qu'il adopterait dans les complexes négociations qui s'annoncent avec l'UE, il a insisté sur l'importance de maintenir un « accès au marché unique de l'Union européenne » pour la puissante industrie financière britannique. M. Hammond, dont l'expérience a semblé rassurer les marchés, a rencontré hier le secrétaire d'État américain au Trésor, Jack Lew, à Londres.
(Sources : agences)


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