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Nos lecteurs ont la parole - Alain Ibrahim

Pour une candidature pertinente de Ghassan Salamé à la tête de l’Unesco

Ghassan Salamé s'impose là où on ne l'attend pas. L'ancien ministre libanais de la Culture, engagé pour l'avenir de l'éducation, la science et la culture dans le monde, a déclaré il y a quelque temps, lors d'un débat télévisé sur la chaîne libanaise LBCI, son intention de présenter sa candidature au poste de directeur général de l'Unesco.
Après avoir entendu de tels propos, et le premier moment de stupeur passé, on serait presque tenté de s'écrier: « Est-ce une plaisanterie ? » Comme l'a fait jadis la journaliste à France 2 Léa Salamé, la digne fille de celui qui se présente aujourd'hui comme le possible futur représentant du patrimoine mondial de l'Unesco, face au président de la République française François Hollande dans l'émission télévisée Dialogues citoyens.
Loin de sous-estimer les compétences et capacités de Ghassan Salamé, professeur universitaire et grand écrivain qui fut conseiller spécial de l'ancien secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, nous pensons qu'il vaut mieux ne pas se hâter et faire les choses correctement si l'on veut que les nations, à travers cette importance démarche, soient convaincues que ce dernier postulant est le plus apte à être choisi pour cette candidature.
En effet, au moment où l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture vient de fêter ses 70 ans, le mandat d'Irina Bokova, son actuelle directrice générale qui a déjà annoncé sa candidature à la succession de l'actuel secrétaire général de l'Onu, s'achève en 2017.
Sur fond de divisions, la bataille pour la succession est lancée et plusieurs candidats de la région, qui estiment légitime qu'une personnalité arabe dirige l'organisation onusienne pour la première fois de son histoire, lorgnent la direction de cette organisation.
À un an de l'élection, il y a au moins quatre candidats du même groupe arabe qui briguent le poste de secrétaire général de l'Unesco. Ghassan Salamé, nommé The Arab Cultural Personality of the Year (UAE, 2004) et à qui a été décerné le prix Phénix (Beirut), ADELFI (Paris), AlIdrissi (Rome, 2012) ainsi que la médaille de l'Académie française (2003) et celle de chevalier de la Légion d'honneur (France, 2004), est l'un des premiers à avoir annoncé sa candidature. Il souhaite redéfinir le rôle de l'Unesco pour faire face aux « dérives culturelles et idéologiques qui affectent négativement les relations internationales », a-t-il déclaré à L'Orient Le Jour.
Celui-ci défend « un ambitieux projet » qui permettrait à l'Unesco de « renouer avec son ambition originelle de servir l'éducation pour le paix ». Mais selon une source gouvernementale libanaise, Beyrouth a présenté officiellement il y a quelque temps à l'Unesco « la lettre de candidature de Vera Khoury Lacœuilhe, déléguée permanente adjointe de Sainte-Lucie auprès de l'Unesco ». Mme Khoury, collaboratrice du milliardaire libanais Gilbert Chagoury, avait exprimé aux autorités libanaises, et notamment au ministre des Affaires étrangères Gebran Basil, son « souhait de se porter candidate ».
Bien malgré lui, le Liban s'est retrouvé au cœur d'une polémique dont il se serait bien passé. Chaque candidat a voulu faire les choses dans les règles, convaincu que, cette fois, le pays et lui-même ont de sérieuses chances de l'emporter.
Il va sans dire que le Liban est le pays idéal pour incarner les valeurs de l'Unesco. C'est un pays ouvert à toutes les cultures et un modèle de coexistence et d'intégration précieux pour les sociétés contemporaines. Mais il est raisonnable d'estimer que si les candidats libanais n'arrivent pas à s'entendre, ils pourraient voir cette opportunité leur échapper. Cette double candidature, qui embarrasse tout le monde, les classe d'emblée hors jeu.
Surtout qu'à Paris, où siège l'Unesco, l'ancien ministre qatari de la Culture, Hamad ben Abdelaziz al-Kawari, diplomate de carrière, a lui aussi annoncé officiellement sa candidature, manifestant sa détermination à donner « une nouvelle impulsion » à l'organisation. Ce dernier s'est constitué un vaste réseau mondial de relations professionnelles et peut escompter obtenir un soutien inconditionnel du richissime émirat du Golfe. Le candidat qatari a d'ailleurs débuté sa campagne en sollicitant l'appui de l'ensemble du monde arabo-musulman.
L'Égypte aussi évoque la possibilité de poser la candidature du directeur de la Bibliothèque d'Alexandrie, Ismaïl Serageldin, selon des sources diplomatiques citées par l'AFP. Économiste de formation et candidat de taille, il a fait la majorité de sa carrière à la Banque mondiale.
Face aux divisions et rivalités libanaises et la très forte compétition arabe, il me paraît plus judicieux de tenter de trouver un compromis avec M. Gilbert Chagoury, essayer de trouver des appuis parmi les autres pays arabes du Golfe pour faire contrepoids au tout-puissant candidat du Qatar et faire en sorte que cette candidature libanaise soit celle qui permettra aussi à l'Égypte de placer ses dossiers dans la bonne pile. Sinon M. Salamé risque fort de rater l'occasion qui se présente à lui.
Le futur directeur général de l'Unesco émergeant du Liban gagnerait aussi à faire preuve de plus de souplesse, ouverture d'esprit, dialogue, réactivité et écoute, en évitant de tomber dans les mêmes erreurs que le précédent candidat malheureux à ce poste, l'ancien ministre de la Culture égyptien Farouk Hosni, qui fut écarté pour ses déclarations affirmant qu'il était prêt à brûler tous les livres hébreux dans les bibliothèques de son pays. Il faut souligner que ses déclarations étaient évidemment malvenues. Un livre est source de savoir, quelle que soit sa langue ou son origine ;
seuls les être ignorants des usages du monde peuvent le nier.
Je n'ai pas pour habitude de commenter l'actualité directe, ni d'intervenir dans les polémiques en cours. J'ai fait une exception avec cet article qui est tout à la fois un appel à une prise de conscience, une amorce de diagnostic et une proposition de chemin pour agir, car la polémique autour de la candidature de M. Salamé est symptomatique du malaise chronique libanais et que comme tout autre grand admirateur de la mission de l'Unesco, je suis convaincu que le Liban ne peut pas se permettre de manquer l'échéance de 2017.

Ghassan Salamé s'impose là où on ne l'attend pas. L'ancien ministre libanais de la Culture, engagé pour l'avenir de l'éducation, la science et la culture dans le monde, a déclaré il y a quelque temps, lors d'un débat télévisé sur la chaîne libanaise LBCI, son intention de présenter sa candidature au poste de directeur général de l'Unesco.Après avoir entendu de tels propos, et le premier moment de stupeur passé, on serait presque tenté de s'écrier: « Est-ce une plaisanterie ? » Comme l'a fait jadis la journaliste à France 2 Léa Salamé, la digne fille de celui qui se présente aujourd'hui comme le possible futur représentant du patrimoine mondial de l'Unesco, face au président de la République française François Hollande dans l'émission télévisée Dialogues citoyens.Loin de sous-estimer les compétences et...
commentaires (2)

S'il est bardé de distinction à çuila de ghassan , il lui manque la distinction de la galanterie. ....

FRIK-A-FRAK

16 h 14, le 02 juillet 2016

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Commentaires (2)

  • S'il est bardé de distinction à çuila de ghassan , il lui manque la distinction de la galanterie. ....

    FRIK-A-FRAK

    16 h 14, le 02 juillet 2016

  • Puisque l'affaire de la présidence libanaise de l'UNESCO serait du ressort du tandem des millionnaires Gilbert Chagoury et Gébran Bassil, les moyens d'y parvenir sont désormais claires nettes et précises...

    Annie

    11 h 20, le 02 juillet 2016

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