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Économie - L’Après-Brexit

Mark Carney, l’homme du recours pour des marchés britanniques en pleine tourmente

Si la classe politique semble toujours déchirée par le résultat du référendum du 23 juin, le gouverneur de la Banque d'Angleterre leur a volé la vedette sur les marchés.

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, lors de sa première conférence de presse depuis les résultats du référendum, jeudi 30 juin 2016.

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE), le Canadien Mark Carney, se retrouve exceptionnellement sur le devant de la scène depuis le vote des Britanniques pour un Brexit et apparaît comme le seul à maintenir le cap alors que la classe politique se déchire.
Habituellement très stricte sur sa communication et peu bavarde, la Banque centrale britannique est rapidement montée au créneau, son gouverneur s'exprimant, chose rare, en direct à la télévision dans les heures suivant l'annonce des résultats du référendum britannique vendredi dernier. « Les politiques sont en pleine confusion, le pouvoir est vacant, alors Mark Carney fait montre d'une poigne bien nécessaire et les marchés en sont contents », a commenté Joe Rundle, courtier chez ETX Capital.
Le Royaume-Uni est dans le flou politique complet. Depuis l'annonce du départ en septembre du Premier ministre David Cameron, la guerre de succession fait rage au sein du Parti conservateur, tandis qu'au Labour, le leader Jeremy Corbyn fait face à une fronde de 80 % de ses troupes.
Au milieu de cette désolation, Mark Carney, arrivé à la tête de l'institution il y a tout juste trois ans, est même parvenu jeudi, avec sa deuxième allocution en moins d'une semaine, à « voler la vedette, au moins sur les marchés », à Boris Johnson, l'ancien fer de lance du Brexit qui ne se lance finalement pas dans la guerre de succession Tory, ont observé Jim Reid et Craig Nicol de Deutsche Bank.
Mais occuper les feux de la rampe n'est pas sans risque pour des banquiers centraux qui sont avant tout des techniciens, plus habitués à affronter des problèmes macroéconomiques purs que des opinions publiques. Ainsi, pendant la campagne du Brexit, M. Carney a été accusé par les partisans du Brexit de partialité pour avoir alerté sur les probables conséquences économiques négatives d'un départ britannique de l'UE.
M. Carney a d'ailleurs dû écarter jeudi toute démission alors qu'il était interrogé sur son avenir à la tête de la BoE. « Il fait ce qu'un gouverneur doit faire et il vaut mieux risquer de trop communiquer que pas assez en période de stress potentiel sur les marchés », tout simplement pour s'assurer que les investisseurs ont une source d'inquiétude en moins, a déclaré à l'AFP Simon Derrick, économiste pour la banque BNY Mellon à Londres.
Jeudi, la Banque centrale n'a pas perdu de temps en annonçant l'extension d'opération de prêts de liquidités aux banques. Ce faisant, la BoE se retrouve dans la même situation que la BCE par le passé, en soutenant les banques comme la BCE l'a fait, afin d'empêcher l'asphyxie des banques grecques au plus fort de la crise.
Et M. Carney n'a pas mâché ses mots. S'il a insisté qu'il ne préjugeait pas de l'opinion des huit autres membres du Comité de politique monétaire de la BoE, il a déclaré que « les perspectives économiques se sont détériorées et un certain assouplissement monétaire devrait être nécessaire cet été ».

Faible marge de manœuvre
Mais avec des taux d'intérêt déjà à leur plus bas niveau historique, à 0,50 %, « la Banque d'Angleterre a peu de marge de manœuvre », a prévenu Edward Hardy, analyste marchés pour l'opérateur de changes WorldFirst.
Pour Howard Archer, économiste en chef en charge du Royaume-Uni et de l'Europe chez IHS Global Insight, par ces propos, le Canadien a « clairement fait porter sur les politiques la responsabilité de faire quelque chose rapidement pour permettre à l'économie d'atteindre son potentiel ».

Alice DORE/AFP

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE), le Canadien Mark Carney, se retrouve exceptionnellement sur le devant de la scène depuis le vote des Britanniques pour un Brexit et apparaît comme le seul à maintenir le cap alors que la classe politique se déchire.Habituellement très stricte sur sa communication et peu bavarde, la Banque centrale britannique est rapidement montée au créneau, son gouverneur s'exprimant, chose rare, en direct à la télévision dans les heures suivant l'annonce des résultats du référendum britannique vendredi dernier. « Les politiques sont en pleine confusion, le pouvoir est vacant, alors Mark Carney fait montre d'une poigne bien nécessaire et les marchés en sont contents », a commenté Joe Rundle, courtier chez ETX Capital.Le Royaume-Uni est dans le flou politique complet. Depuis l'annonce du...
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