X

Moyen Orient et Monde

« Les membres de la Nouvelle armée syrienne sont bien seuls »

Entretien express
30/06/2016

La Nouvelle armée syrienne ouvrait un nouveau front face à l'État islamique (EI) mardi à Boukamal, une ville au sud de Deir ez-Zor. Suite à une première contre-offensive de l'EI hier, ces rebelles syriens, non islamistes et soutenus par Washington, ont dû se replier dans le désert. « Nous nous sommes retirés après avoir terminé la première phase de l'opération qui visait à frapper des points de l'EI aux environs de Boukamal. Nous préparons sa seconde phase », a indiqué à l'AFP le porte-parole de ce groupe, Mezahem al-Saloum. Quel est l'objectif de cette mission et est-elle réalisable ? Fabrice Balanche, chercheur et professeur au Washington Institute, répond aux questions de L'Orient-Le Jour.

 

Pourquoi la reprise de Boukamal représente un enjeu stratégique face à l'EI ?
La ville de Boukamal permet de couper les liaisons de l'EI entre la Syrie et l'Irak. Les forces kurdes sont à 30 kilomètres au nord de Deir ez-Zor et ont coupé la route entre Raqqa et Mossoul. Mais l'EI continue à circuler entre les deux pays par Boukamal. Un des objectifs de la stratégie américaine est de séparer les deux entités.

 

La Nouvelle armée syrienne est-elle à l'origine de l'assaut contre l'EI dans cette ville ? Qui sont-ils? Sont-ils capables de reprendre la ville ?
Ce sont des rebelles syriens, entraînés par les Américains et les Britanniques pendant six mois à un an en Jordanie. Ils ne sont pas très nombreux, quelques centaines, et ils sont à la fois bien entraînés et bien équipés. Les États-Unis prévoyaient déjà de former un groupe d'hommes au nord de la Syrie il y a deux ans. Sont-ils suffisamment efficaces pour reprendre à eux seuls Boukamal ? Les Américains sont très doués pour enseigner les techniques de combats, mais ils le sont moins pour leur donner réellement l'envie de se battre.

 

(Lire aussi : La banlieue nord d'Alep sous le feu de bombes au phosphore blanc et à sous-munitions)


Au poste-frontière d'al-Tanaf, entre Damas et Bagdad en plein milieu du désert, ils avaient réussi à le faire il y a deux mois. Ils étaient montés par la Jordanie et l'extrême-ouest de l'Irak. Mais l'EI était loin de ses bases et il n'y avait que quelques dizaines d'hommes à déloger. À Boukamal, la situation est différente. C'est une ville de 50 000 habitants, au bord de l'Euphrate, et l'EI cerne toute la région alentour. Peut-être ont-ils cru que les tribus locales allaient se révolter contre l'EI... Ce qui est probable : la tribu Cheitaat, qui a été massacrée en partie par les islamistes l'année dernière, occupe le territoire entre al-Mayadine et Boukamal.

Près d'un millier de personnes ont été tuées et un ressentiment doit être fort.
Mis à part le soulèvement hypothétique des tribus locales, les membres de la Nouvelle armée syrienne sont seuls. L'armée irakienne, à l'Est, est loin. À Deir ez-Zor, l'armée syrienne est encerclée par l'EI et occupe une position défensive. Elle n'est pas en mesure de les aider et je ne vois pas pourquoi elle le ferait.

 

Selon l'émissaire des États-Unis pour la lutte contre l'EI, Washington aimerait achever la campagne militaire contre l'EI avant l'été 2017. Est-ce réalisable ?
Ils ont déjà repoussé leurs objectifs. L'année dernière, Washington espérait déjà en finir avec l'EI. La reprise de Mossoul était imminente, elle ne l'est plus. Manbij est une opération qui se prépare depuis 6 mois, et les combats ne sont pas terminés. La libération de Fallouja a également pris plus de temps que prévu. Pourtant, ce ne sont que des objectifs mineurs par rapport à Mossoul et Raqqa.
Si la nouvelle administration américaine continue sur la lancée d'Obama et que la Turquie, l'Arabie saoudite et l'Iran continuent à jouer le jeu, l'été 2017 sera le minimum. La prospérité de l'EI a été fondée sur l'opposition entre les acteurs régionaux.

 

Lire aussi

Quelles sont désormais les prochaines batailles contre l'EI ?

Poussés par leur haine de l'EI, des Syriens arabes combattent avec les Kurdes

À la une

Retour à la page "Moyen Orient et Monde"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Allez ! Encore dix années à ce train-là, et les Libanais éhhh en seront quitte avec ces bääSSyriens-là.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L,AMERIQUE Y VEILLE...

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Qu'âllâhhh y'ghâmîïïï !
Belle revanche éhhh libanaise, Khâââï !

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué