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À La Une - Referendum

Brexit : le «in» et le «out» au coude-à-coude après les premiers résultats

AFP/Glyn Kirk

Les camps en faveur du maintien et de la sortie du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne étaient au coude-à-coude vendredi vers 3h du matin (heure libanaise) après l'annonce de premiers résultats.

Sur la base de données venant de 50 circonscriptions sur un total de 382, la participation serait de 71,5%, soit plus que le taux de participation de 66% lors des élections législatives de 2015, rapportait l'agence de presse britannique Press Association.

 

A Gibraltar, premier territoire à communiquer des résultats du référendum, Le "Remain" (rester) a recueilli une très large majorité, avec 19.322 voix, soit près de 96% des votants, contre 823 voix pour le "Leave" (partir).

Mais dans la circonscription de Sunderland, le camp du "Out" a emporté une large victoire, avec 82.394 voix, contre 51.930 voix pour un maintien. Et à Newcastle, le maintien dans l'UE l'a emporté avec une marge bien plus étroite que prévu, avec 50,7% des suffrages.

Après l'annonce des résultats de ces deux circonscriptions, la livre chutait vers 23h40 GMT de près de 2% face au dollar, à 1,4626 dollar, alors qu'elle avait atteint un peu plus tôt un pic de six mois face au billet vert.

 

De l'aveu du dirigeant du parti europhobe UKIP, Nigel Farage, qui se référait jeudi soir à des sondages privés menés par "certains de ses amis dans les marchés financiers", le pays aurait fait le choix de rester dans l'Union européenne. Le leader nationaliste a mis en cause l'extension de la date limite pour s'inscrire sur les listes électorales de 48 heures pour expliquer la victoire redoutée du "In"". "Mon sentiment -- et non, je ne m'avoue pas vaincu -- mais mon sentiment est que le système d'inscription du gouvernement, rajoutant deux millions d'électeurs, une extension de 48 heures, c'est peut-être ce qui a fait pencher la balance", a estimé Nigel Farage.

Autre partisane d'une sortie de l'Union, la ministre Therese Villiers a abondé dans ce sens, déclarant à Sky News, que son sentiment était que le camp du "Remain" l'avait emporté.

Les bookmakers ont également tous misé sur un "Remain" dont les chances ont été réévaluées au-delà des 85 % par plusieurs sociétés de paris.

 

(Lire aussi : Brexit : les principaux acteurs de la campagne)

 

A la fermeture des bureaux de vote, un sondage YouGov pour la chaîne Sky News donnait le camp du "In" à 52% des voix contre 48% pour le camp du "Out". A la publication de cette enquête, qui n'est pas un sondage classique réalisé à la sortie des urnes mais a été menée en ligne dans la journée auprès de 4.800 électeurs, la livre sterling s'est appréciée de 0,75% face au dollar à un niveau plus haut de six mois de 1,4987 dollar.

"Il est encore trop tôt, et il y aura encore des revirements jusqu'aux petites heures du jour, mais pour le moment, les marchés ont considéré ce sondage Yougov comme un fort signal que le camp du 'Remain' l'a emporté", a dit Jeremy Cook, économiste en chef pour le groupe de paiements internationaux World First, à Londres.

Les résultats devaient être annoncés par la plupart des 382 circonscriptions entre 00h00 et 03h00 GMT vendredi. Le résultat officiel définitif ne devait être proclamé que vendredi matin, sans doute après 05h00 GMT.

 

(Lire aussi : « La sortie du Royaume-Uni serait comparable à l'amputation d'un bras pour l'UE »)

 

Un désastre
À l'issue d'une campagne passionnée, axée sur l'immigration et l'économie, les électeurs se sont donc pressés hier pour déposer leur bulletin de vote.
Dans les bureaux de vote, les électeurs étaient partagés. À Manchester, où le résultat officiel devait être proclamé tôt vendredi matin, David Wright, avocat, estimait que « le désir de stabilité, l'aspect économique (allaient) faire la différence ». « Ce serait un désastre pour l'économie si nous partions », s'alarmait Peter Davies, employé dans le secteur informatique de 55 ans, à Havering dans l'est de Londres.
John Thompson, 57 ans, qui travaille dans l'immobilier à Londres, penchait, lui, vers une sortie de l'UE : « Je suis pour la liberté et l'autonomie et je ne pense pas que l'Europe puisse nous l'offrir », a-t-il dit à l'AFP.
Dans l'europhile Écosse, certains soulignaient qu'un Brexit pourrait justifier l'organisation d'un nouveau référendum d'indépendance, après celui de septembre 2014, comme le souhaitent les nationalistes du parti SNP. « L'UE ne fonctionne pas mais je ne veux pas que le Parlement britannique ait les pleins pouvoirs », tranchait sur place Connor McGarry, un marin de 25 ans.


Le Premier ministre britannique David Cameron, qui a mis en jeu sa crédibilité en menant campagne pour le maintien dans l'UE, a voté à Londres sans faire de déclaration. Il a appelé un peu plus tard, sur Twitter, ses compatriotes à opter pour le maintien, gage selon lui d'un « avenir meilleur ».
Le leader de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn, pro-UE lui aussi, interrogé sur les chances de victoire de son camp, a choisi l'humour : « Vous pouvez toujours demander aux bookmakers. » « Si vous voulez récupérer vos frontières, votre démocratie et votre pays, alors votez Leave », avait, quant à lui, tweeté Nigel Farage pour mobiliser ses troupes.

 

(Lire aussi : "Ne partez pas!" : quand l'Europe exhorte les Britanniques à rester)

 

Boîte de Pandore
L'enjeu est de taille et tous les dirigeants européens sont intervenus pour retenir les Britanniques, conscients que leur départ ferait peser une menace de désintégration du club des pays membres de l'UE.
Le président français François Hollande a estimé qu'il faudra « engager une relance de la construction européenne », quelle que soit l'issue du référendum. Il a souhaité apprendre ce matin « qu'ils sont restés dans l'Union européenne, parce que c'est leur place ». La chancelière allemande Angela Merkel avait formulé le même souhait la veille.


Outre les conséquences économiques immédiates pour le pays et au-delà, un Brexit serait dommageable à plus long terme, ont prévenu les grandes institutions financières internationales, du FMI à l'OCDE. Il ouvrirait aussi une période de turbulences politiques, avec un probable départ de David Cameron qui n'a eu de cesse de plaider pour le maintien dans l'UE.

 

(Lire aussi : « Les Tories nous ont poussés à nous entre-déchirer »)


Côté pro-Brexit, l'ex-maire de Londres Boris Johnson a pris la tête des conservateurs eurosceptiques et prédit des lendemains radieux aux Britanniques s'ils retrouvent leur « indépendance ».
Cherchant à freiner les divisions au sein de son Parti conservateur sur l'UE, M. Cameron avait annoncé en janvier 2013 la tenue de ce référendum. Mais il a ouvert la boîte de Pandore et déchaîné les passions, attisées par les redoutables tabloïds britanniques, toujours prompts à vilipender l'UE.
Dans cette atmosphère toxique, le meurtre de la députée pro-UE Jo Cox la semaine dernière, par un homme invoquant la « liberté pour le Royaume-Uni », a sidéré le pays, sans que l'impact de ce drame sur le vote ne puisse être mesuré.

 

Lire aussi

Friedrich Nietzsche et le référendum britannique, le commentaire de Hugo Drochon

Le Brexit, c'est la démocratie, la tribune de Michel Santi

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Mais dans la circonscription de Sunderland, le camp du "Out" a emporté une large victoire, avec 82.394 voix, contre 51.930 voix pour un maintien....
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