La Bourse de Londres s’est dotée d’une solution de secours pour le suivi des transactions afin de faire face à une éventuelle explosion des volumes. Archives Reuters
Le secteur financier européen se mettait en ordre de bataille hier pour faire face à une éventuelle panique qui pourrait s'emparer des marchés si les Britanniques choisissaient de quitter l'UE.
Dans l'hypothèse d'un Brexit, estimait par exemple le milliardaire George Soros, la livre chuterait encore plus lourdement que lors du « mercredi noir » du 16 septembre 1992, où la monnaie britannique avait dû sortir de force du mécanisme de change européen. Les premiers résultats du référendum étaient attendus à partir de minuit (heure anglaise), ouvrant une période d'incertitude de plusieurs heures propice à de violents mouvements sur les marchés des changes, particulièrement sur la livre sterling.
Hier, les opérateurs de marchés ont effectué des arbitrages qui démontraient, avec notamment un renchérissement de la livre par rapport au dollar, une anticipation d'un maintien dans l'UE.
« S'il y a bien un moment de l'année où il ne faut pas être présent sur le marché, c'est celui-là, car les risques sont trop élevés », avait néanmoins écrit mercredi Saxo Banque dans une note, qui avait, comme nombre d'intermédiaires, relevé le niveau des dépôts de garantie exigés à ses clients. Signe de la nervosité, ETF Securities, spécialisé dans les produits indiciels cotés, avait, de son côté, annoncé mercredi un record de collecte pour des instruments financiers servant à se protéger contre une baisse de la livre.
Les conditions de marchés s'annonçaient particulièrement difficiles pendant la nuit et de nombreuses dispositions avaient été prises afin de parer aux difficultés attendues.
« En cas de forte volatilité, on a prévu pendant la nuit de suspendre les cotations électroniques », expliquait à Reuters un responsable d'une salle de marché parisienne.
Les clients avertis
Les spécialistes du marché des changes redoutaient, quant à eux, des délais dans la fixation des prix et des écarts de cours comparables à ceux qui avaient suivi un mouvement de panique en janvier 2015, lorsque la Banque nationale suisse (BNS) avait renoncé au cours plancher du franc suisse face à l'euro.
« Nous avons envoyé des "disclaimers" (notes d'informations) à tous les clients pour leur dire de ne pas être surpris », précisait le responsable parisien, prévenant qu'un certain nombre d'ordres automatiques ne pourraient peut-être pas être exécutés, comme ce fut le cas lors de la crise du franc suisse.
D'autres banques comme ING et Société générale avaient prévenu leurs clients que les conditions de marché devraient être difficiles et leur avaient demandé à l'avance de faire preuve de patience car les infrastructures technologiques qui leur permettent de fonctionner seraient mises à rude épreuve.
Si les banques françaises n'ont guère communiqué sur les mesures techniques prévues, elles ont fait part en privé d'une coordination étroite avec la Banque centrale européenne (BCE) et précisé avoir limité au maximum des positions sur les actifs les plus exposées à une victoire du camp pro-Brexit.
À Londres, les grands noms de la finance internationale avaient prévu d'avoir des équipes à pied d'œuvre dès les premiers résultats connus dans la nuit. « Tous les traders seront là (...) Ils n'aiment pas rater des grands moments et s'il doit y en avoir un, ils veulent être au bureau », avait dit la semaine dernière un responsable d'une banque installée dans le quartier de la finance de Canary Wharf.
Coordination avec la BCE
L'ouverture des marchés actions européens aujourd'hui à 9h00 devait également être très surveillée. Selon une source au sein du London Stock Exchange, l'opérateur de la Bourse de Londres s'est doté d'une solution de secours pour le suivi des transactions afin de faire face à une hausse des volumes qui pourrait menacer d'engorger ses systèmes. La plateforme boursière Euronext a, pour sa part, déclaré avoir pris les mesures nécessaires pour faire face à une hausse significative des volumes et de la volatilité avant et après le référendum. « Nous avons mis en place tous les systèmes de redondance, de volumétrie capables d'absorber un nombre de transactions qui a déjà commencé à augmenter depuis le début de la semaine et qui va continuer à s'accroître », soulignait hier Stéphane Boujnah, président du directoire d'Euronext, sur la radio française Radio Classique.
Au niveau institutionnel, des équipes étaient présentes à la Banque d'Angleterre dans la nuit et les responsables monétaires britanniques joignables en cas de besoin. Plusieurs sources ont déclaré à Reuters que la BCE et la Banque d'Angleterre agiraient de concert si le camp du « Leave » l'emportait.
(Source : Reuters)


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IL EST NOIR SI ON VEUT LE DEPEINDRE DE TEL... ET IL EST BLANC SI ON VEUT LE DEPEINDRE AUTREMENT... QUAND A LA SECOUSSE... LES NAVIRES NE COULENT PAS AVEC LE DEPART D,UN MOUSSE... ILS COULENT QUAND ILS NE SONT PAS FAIT POUR TENIR LA MER ET BRAVER LES TEMPETES !
15 h 01, le 24 juin 2016