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Sport - Football / Euro 2016

L’Euro 2016 vu du Liban : pour l’amour du football !

Les drapeaux des pays soutenus flottent aux fenêtres des voitures, les télévisions sont allumées sur l'étagère dans les épiceries, tandis que les groupes d'amis se donnent rendez-vous dans un bar pour commenter le match du soir.

Dans cette ruelle, des drapeaux allemands sont accrochés aux balcons…

Tous les soirs à Beyrouth, depuis deux semaines, vers vingt-deux heures, l'ambiance est calme, la musique moins forte. Dans chaque bar, un grand écran diffuse l'atmosphère sur la pelouse des différents stades français, préparée à être le théâtre d'un match de l'Euro 2016 de football. Les Libanais ou ressortissants internationaux venus par groupes sirotent leur bière, le regard levé et concentré vers les joueurs qui entrent sur le terrain. Les jours précédents, déjà, dans les rues, des hommes arborant fièrement le maillot de l'Allemagne, de l'Italie, de l'Angleterre ou de la France se promenaient ivres de bonheur.

Au rythme du ballon rond
Indéniablement, l'atmosphère à Beyrouth se transforme pendant l'Euro 2016. La compétition, une des plus importantes, est suivie de près par les Libanais intéressés par le football, et notamment en raison des équipes de qualité qui y prennent part. Les drapeaux des pays soutenus flottent aux fenêtres des voitures, les télévisions sont allumées sur l'étagère dans les épiceries tandis que les groupes d'amis se donnent rendez-vous dans un bar pour commenter le match du soir. Albert souligne que « même s'ils ne savent pas de quoi ils parlent, cela crée une ambiance, et puis c'est une raison valable de sortir et de s'amuser ». Une bonne chose que l'équipe libanaise ne soit pas engagée dans la compétition, parce que cela pourrait causer violences et débordements, ajoute en substance Charbel.

Les favoris
Allemagne, Espagne, Italie, les préférés et les potentiels vainqueurs se rejoignent. Nicolas explique que « les Libanais n'ont pas d'équipe qui les unit, alors ils préfèrent soutenir les autres équipes ». Surtout celles qui ont des chances de remporter la victoire, selon plusieurs témoignages. Charbel relève qu'« ils s'associent à n'importe quelle équipe qui a ses chances de gagner parce qu'ils aiment croire qu'ils valent mieux que les autres ». Qui pourrait le leur reprocher ?

Ambivalence vis-à-vis des Bleus
« L'équipe de France ne fait plus rêver » : c'est le triste constat que dressent beaucoup de Libanais. Manque d'unité, manque de souffle, de passion. Malgré une équipe aux qualités techniques nombreuses, l'âge d'or des Zidane, Platini, cet âge d'or où la France rayonnait sur la pelouse verte, semble révolu. « Aujourd'hui, elle manque de créativité », ajoute Nicolas. Certains accusent aussi les médias français de mettre trop de pression sur les Bleus. Une minorité s'élève tout de même contre ces critiques. Souvent Libanais francophones et francophiles, ou bien d'anciennes générations, ils se souviennent avec une douce nostalgie de ces années et se refusent à abandonner les Bleus. Ils déplorent d'ailleurs le manque d'engouement des Français pour leur équipe. « Seulement 16 % d'entre eux pensent que la France va gagner, c'est choquant, seulement quelques pour cent au-dessus du score de popularité de Hollande », ironise George-Maxime. Ce groupe disparate et hétéroclite se retrouve souvent sur la pelouse de l'ambassade de France qui organise la diffusion des matchs de l'Hexagone.

L'Euro en France, tout un symbole
Dans un contexte politique, social et économique tendu, et moins de six mois après les attentats de Paris, organiser l'Euro 2016 en France est un pari risqué. S'y ajoutent les derniers scandales financiers des grandes institutions du football, ceux des sélections, ou bien les débordements des supporteurs. Pourtant, l'avis est unanime : cet événement ne peut qu'aider le pays à se rassembler comme avant, ou presque, autour d'un sport qui transcende les différences – et en invente de nouvelles. Un message d'espoir, à une période qui en a grandement besoin.


Tous les soirs à Beyrouth, depuis deux semaines, vers vingt-deux heures, l'ambiance est calme, la musique moins forte. Dans chaque bar, un grand écran diffuse l'atmosphère sur la pelouse des différents stades français, préparée à être le théâtre d'un match de l'Euro 2016 de football. Les Libanais ou ressortissants internationaux venus par groupes sirotent leur bière, le regard levé...

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