Les conséquences d’une sortie du Royaume-Uni de l’UE sont « difficiles à prévoir », a affirmé Janet Yellen lors de son audition biannuelle devant une commission du Congrès. Photo archives AFP
La présidente de la Réserve fédérale américaine (Fed) Janet Yellen a adopté un ton très prudent hier sur la politique monétaire alors qu'une victoire du Brexit risquerait d'avoir des « répercussions économiques importantes » et qu'une « incertitude considérable » plane sur l'économie.
Les conséquences d'une sortie du Royaume Uni de l'UE sont « difficiles à prévoir », a affirmé Mme Yellen lors de son audition biannuelle devant une commission du Congrès. Un vote en faveur du Brexit pourrait initier « une période de volatilité sur les marchés financiers qui pourrait avoir un impact négatif sur les conditions financières et sur les perspectives économiques américaines », a-t-elle averti. Les Britanniques se prononcent jeudi sur ce référendum.
Mme Yellen s'inquiète notamment des changements abrupts chez les investisseurs que peut provoquer le référendum britannique, dans un environnement économique international où déjà la croissance est « léthargique », l'inflation basse et les politiques monétaires « très accommodantes ». Elle a cité par exemple la crainte de mouvements de capitaux vers « la sécurité », ce qui pourrait « pousser le dollar » à la hausse. « Pour toutes ces raisons, le Comité monétaire surveille étroitement les développements économiques et financiers internationaux », a-t-elle affirmé.
Globalement, « des vulnérabilités demeurent » à l'international, a ajouté la patronne de la banque centrale. Elle a estimé que si les craintes sur un ralentissement chinois s'étaient un peu dissipées, Pékin « continue de faire face à des défis considérables pour rééquilibrer son économie (...) ».
Sur le front intérieur, le marché de l'emploi américain a marqué « un ralentissement de sa croissance », après des créations d'emplois décevantes en mai et la croissance ces récents trimestres « a été irrégulière ». Mme Yellen a souligné notamment qu'il était particulièrement « troublant » que le chômage touche davantage les minorités, en particulier les Noirs et les Hispaniques. « Nous allons observer de près le marché de l'emploi pour voir si le ralentissement récent est provisoire, comme nous le pensons », a-t-elle affirmé. Mais elle n'exclut pas que le faible progrès de la productivité se poursuive.
Dans ces conditions, Mme Yellen a préconisé « d'adopter une démarche prudente dans le relèvement des taux qui va nous permettre de conserver un soutien monétaire à la croissance économique pendant que nous évaluons si cette croissance va revenir à un rythme modéré », a-t-elle affirmé. Mme Yellen s'est, malgré tout, dit « optimiste » sur l'amélioration du marché du travail et l'évolution de l'inflation vers l'objectif de 2 % de la Fed, « dans les années qui viennent ».
Le Comité de politique monétaire prévoit toujours « une hausse graduelle des taux » si l'économie prospère, a-t-elle assuré, rappelant que cette instance s'attendait à des taux en dessous de 1 % cette année (entre 0,25 % et 0,50 % actuellement) et en dessous de 2 % l'année prochaine, cette dernière prévision ayant été révisée en baisse.
(Source : AFP)


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